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Des résidences de Val-des-Monts épargnées par les inondations comprises dans la ZIS

Un chalet en bois sur le bord d'un lac.

Le chalet de Stéphane Grenier est compris dans la ZIS même s'il n'a pas été inondé.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des résidents de Val-des-Monts, en Outaouais, ne comprennent pas pourquoi leur quartier figure toujours sur la nouvelle carte de la zone d’intervention spéciale (ZIS) dévoilée par Québec, lundi, même si elles n'ont pas été inondées.

Le chalet de Stéphane Grenier est situé sur la berge du lac McGregor et est visé par la ZIS. Malgré le fait que l’eau a monté dans mon coin, ça n’a pas affecté la maison, ça n’a pas affecté le terrain, ça n’a rien affecté, raconte-t-il, tout en soulignant qu’une zone inondée située non loin n’est, elle, pas visée par la ZIS.

Je pense que la zone est mal établie. Elle est un petit peu à côté de la "track".

Stéphane Grenier, propriétaire riverain

Sur la nouvelle carte, une bonne partie du chemin de la Bourgade — où habite M. Grenier — est identifiée comme faisant partie de la ZIS. Le moratoire sur la construction de nouveaux bâtiments et sur la reconstruction de bâtiments détruits par une inondation s’y applique donc.

Une carte du secteur.

Le secteur du chemin de la Bourgade (en mauve) fait partie de la zone d'intervention spéciale (ZIS). Cette image est tirée de la carte publiée sur le site Internet du ministère de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Photo : Gouvernement du Québec

Or, selon des cartes topographiques du secteur consultées par Radio-Canada, cette section du chemin est située à une altitude d’environ 160 mètres au-dessus du niveau de la mer, soit une vingtaine de mètres plus haut que le lac en contrebas.

Une courbe d'équidistance indique que l'altitude dans ce secteur avoisine les 160 mètres.

Une vue topographique du lac McGregor tirée de la carte interactive Toporama de Ressources naturelles Canada. Le secteur du chemin de la Bourgade se trouve au centre, près de la baie Blackburn.

Photo : Gouvernement du Canada

On a bel et bien porté le commentaire que c’est une montagne qui est là, et puis jusqu’à 30 mètres plus haut que le niveau de l’eau. Alors on s’explique très mal cette situation-là, souligne le maire de Val-des-Monts, Jacques Laurin.

M. Grenier comprend donc difficilement pourquoi la construction de nouveaux bâtiments y est interdite en vertu du décret ministériel.

Tous les bâtiments qui sont mes voisins, en fait, sont bâtis assez haut. Puis, le terrain où on pourrait bâtir un cabanon ou quoi que ce soit n’est pas du tout dans la zone inondable, affirme-t-il.

Stéphane Grenier en entrevue à la caméra devant son chalet riverain.

Stéphane Grenier ne pense pas que son chalet devrait être dans la ZIS, car il n'a pas été inondé.

Photo : Radio-Canada

Il y a peut-être un autre 60 pieds à monter avant d’arriver au chemin. Donc, quelqu’un qui veut se bâtir quelque chose pas loin du chemin — un garage ou un abri d’auto —, je ne peux pas voir la logique de créer une zone d’exclusion , ajoute M. Grenier.

Trop peu de temps et de ressources pour corriger la ZIS

Québec offre aux municipalités l’occasion de lui faire part de leurs commentaires pour modifier la ZIS d’ici le 19 août prochain. Les résidents peuvent de leur côté remplir un formulaire pour faire valoir que leur propriété n’a pas lieu de se retrouver dans la ZIS visée par le moratoire.

Une municipalité doit également apposer son sceau d’approbation aux demandes des citoyens. Il est toutefois impossible pour de petites localités comme Val-des-Monts de faire indépendamment toutes les vérifications nécessaires pour approuver les requêtes des résidents, faute de ressources et de temps d’ici la date butoir.

On ne peut pas se permettre de signer ces documents-là. On n’a pas les moyens d’agir rapidement à l’intérieur d’un mois pour déterminer si une telle propriété est inondable ou pas, déplore le maire Laurin.

Le maire Jacques Laurin en entrevue dans son bureau.

Jacques Laurin croit que Québec met trop de responsabilités sur les épaules des petites municipalités.

Photo : Radio-Canada

Outre la question d’échéance trop courte et de l’absence des ressources nécessaires, il est aussi d’avis que ce processus est « dangereux » pour les citoyens et les municipalités.

C’est comme si le gouvernement s’était départi de ses responsabilités et les mettait aux municipalités [...] On serait responsables en signant ces documents-là, estime M. Laurin. C’est dangereux ce que le gouvernement vient de faire.

Avec les informations de Jean-François Poudrier

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale