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Massacre de Rohingyas : Washington sanctionne le chef de l'armée birmane

Dix hommes à genoux dans un champ avec les mains derrière le dos, entourés d'hommes armés.

Des Rohingyas dans le village d'Inn Din arrêtés par les forces de sécurité de Birmanie.

Photo : Reuters / Handout .

Reuters

Les États-Unis ont imposé des sanctions au commandant en chef de l'armée birmane, Min Aung Hlaing, et à trois autres hauts gradés pour leur responsabilité dans le nettoyage ethnique des Rohingyas, a annoncé mardi le département d'État.

Ces sanctions – interdiction de voyager aux États-Unis notamment – concernent également les parents proches de ces officiers. Ce sont les sanctions les plus sévères que les États-Unis aient imposées en réaction aux massacres de Rohingyas (musulmans apatrides) en Birmanie.

Dans un communiqué, le chef du département d'État américain Mike Pompeo accuse le gouvernement birman de ne pas avoir pris de mesures pour que les responsables de violations et de non-respect des droits de l'homme rendent des comptes.

Il cite la récente libération de soldats reconnus coupables d'exécutions extrajudiciaires comme exemple flagrant de la grave impunité dont bénéficient les militaires et la haute hiérarchie.

Des informations continuent de parvenir selon lesquelles l'armée birmane commet des violations et des agressions, ajoute-t-il.

L'armée birmane a lancé une vaste campagne de répression contre les Rohingyas dans l'ouest de la Birmanie à l'automne 2017, faisant plusieurs milliers de morts et provoquant la fuite de plus de 700 000 Rohingyas au Bangladesh.

« Intention génocidaire »

Des experts mandatés par l'ONU ont estimé que les militaires birmans ont commis massacres et viols collectifs contre les Rohingyas avec une « intention génocidaire ». Ils ont recommandé dans un rapport en août 2018 la mise à l'écart de Min Aung Hlaing sur des accusations de génocide et ont demandé au Conseil de sécurité d'imposer des sanctions contre la Birmanie.

Washington n'est pour l'heure pas allé jusqu'à qualifier de « génocide » les exactions imputées à l'armée birmane. Un haut représentant du département d'État a déclaré mardi que Pompeo et le département se concentraient davantage sur des moyens permettant de « changer les comportements » que sur la rhétorique.

Il a ajouté, en s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, que l'administration américaine espérait que ces nouvelles sanctions permettraient de renforcer le pouvoir du gouvernement civil en Birmanie et ainsi de limiter l'influence politique de l'armée.

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