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L’affichage bilingue, quelle importance?

Hello! Bonjour!

Les commerces devraient-ils être obligés d'afficher dans les deux langues officielles au Nouveau-Brunswick?

Photo : iStock / iStockPhoto

Anaïs Brasier

À Dieppe, des citoyens se sont insurgés contre des commerces qui n’affichent qu’en anglais, alors que de l’autre côté du Nouveau-Brunswick, à Grand-Sault, les résidents semblent bien vivre avec ce genre d’affichage. Pourquoi certaines communautés sont-elles plus sensibles à ce débat?

Cette semaine, un restaurant Cora de Moncton a fait les manchettes après qu’une citoyenne s'est plainte de son affichage unilingue en anglais.

Radio-Canada est allé sonder des résidents de Grand-Sault, une communauté francophone à 80 %, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, pour savoir si, là aussi, on s’indigne des commerces qui n’affichent qu’en anglais. Tous les résidents rencontrés ont assuré que cela ne les dérange pas.

Je trouve ça correct moi, lance par exemple l’un d’entre eux. Pourquoi? Parce qu'ici, anglais et français, on s'adonne vraiment bien.

Il faut faire la distinction entre les communautés où les francophones sont fortement majoritaires comme Grand-Sault et les communautés où c’est plus égal et où les francophones sont minoritaires, lance d’emblée Erik Labelle Eastaugh, directeur de l'Observatoire international des droits linguistiques à la Faculté de droit de l'Université de Moncton.

Il est beaucoup plus important d’avoir un affichage bilingue dans les communautés qui ne sont pas majoritairement francophones, pense-t-il.

Ça envoie un signal aux gens, lorsqu’ils entrent dans un commerce, que le français a sa place dans cet endroit-là. Ils peuvent s’attendre à être servis en français.

C’est très important pour la survie d’une langue que les gens l’utilisent dans la sphère publique et pas juste à la maison.

Erik Labelle Eastaugh
Erik Labelle Eastaugh en entrevue au Téléjournal Acadie.

Erik Labelle Eastaugh, directeur de l'Observatoire international des droits linguistiques à la Faculté de droit de l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Enjeu identitaire?

Plusieurs personnes ont aussi commenté la nouvelle sur les réseaux sociaux et certaines ont expliqué ne pas avoir de problème à parler en anglais dans un commerce où ils ne peuvent pas être servis en français.

C’est un peu le paradoxe, explique Erik Labelle Eastaugh. D’un côté les gens sont fiers de leur bilinguisme, mais en même temps, si on adopte constamment l’habitude d’accommoder la majorité et les anglophones, on finit par ne jamais parler français ou le parler moins souvent et on finit par être plus à l’aise en anglais qu’en français.

À la longue ça peut affaiblir la vitalité de la langue française.

Erik Labelle Eastaugh

Plus de municipalités devraient se tourner vers la solution de Dieppe, pense-t-il, soit de se doter d’un règlement imposant l'affichage dans les deux langues officielles. D'autres municipalités, comme Moncton, ont privilégié une politique linguistique qui encourage l'affichage bilingue, sans pour autant forcer les entreprises à s'y soumettre.

C’est un peu injuste de mettre le fardeau sur les épaules des commerces. Ça coûte quand même quelque chose de mettre un affichage bilingue et s’ils décident de le faire volontairement, ça leur impose un coût que leurs compétiteurs n’ont pas. Alors que s’il y a un règlement, ça veut dire que tout le monde est sur le même pied d’égalité.

Enfin, l’affichage a un réel impact sur l'offre et la demande de services bilingues dans les commerces, selon lui. Le visage linguistique d’un endroit, un commerce ou une ville, a un impact sur le comportement linguistique des individus.

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