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Plus de réparations possibles après les inondations printanières en Abitibi-Témiscamingue

Plusieurs secteurs de l'Abitibi-Témiscamingue, dont le quartier D'Alambert à Rouyn-Noranda, ont été inondés par les fortes pluies des dernières heures.

Plusieurs secteurs de l'Abitibi-Témiscamingue, dont le quartier D'Alambert à Rouyn-Noranda, ont été inondés par les fortes pluies des dernières heures. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Corbeil

Alexia Martel-Desjardins

Davantage de citoyens de l'Abitibi-Témiscamingue pourront précéder à des rénovations pour réparer les dommages causés par les inondations printanières après l'adoption du décret ministériel sur la zone d'intervention spéciale (ZIS) par le gouvernement du Québec, lundi.

Ce décret lève le moratoire qui était imposé sur la construction et la reconstruction pour tous les terrains inclus dans la ZIS. De plus, la carte de la ZIS a été réduite (Nouvelle fenêtre). Cette carte identifie les zones inondables 0-20 ans délimitées dans les outils de planification des municipalités ainsi que les zones affectées par les inondations printanières de 2017 et 2019.

Yves Grafteaux, directeur général par intérim de l'organisme de bassin versant du Témiscamingue (OBVT), considère que la carte nécessite encore des améliorations, malgré les ajustements auxquels le gouvernement a procédé.

Pour l'ensemble, c'est pas mal plus raisonnable, mais il y aurait des points qui manquent, note-t-il. À Opasatica, à Rollet, au sud-ouest du lac Bruyères,Yves Grafteaux a observé qu'il n'y a pas présence de ZIS, alors que ces endroits ont été inondés au printemps.

D'un autre côté, à Notre-Dame-du-Nord et à Saint-Bruno-de-Guigues, la zone a été réduite, mais c'est encore conservateur, c'est-à-dire que la zone est un peu plus large que ce qui a été réellement vécu, indique-t-il.

De nombreux citoyens avaient exprimé leurs inquiétudes quant à cette carte lors des assemblées publiques du 4 juillet. Ces consultations ont eu lieu dans 16 municipalités du Québec, dont une à Rouyn-Noranda.

Des progrès, mais des manques

L'adoption du décret lève de plus le moratoire sur la délivrance de permis de construction et de reconstruction sur les terrains inclus dans la zone. Dorénavant, il sera permis de procéder à des réparations sur un bâtiment si les dommages sont évalués à moins de 50 % de sa valeur à neuf.

La ZIS inclut notamment le secteur de Duparquet dans la MRC Abitibi-Ouest. Le maire de Duparquet, Gilbert Rivard, se réjouit que l'adoption du décret lève le moratoire sur les permis de construction.

On connaît déjà les gens qui ont des travaux à faire et puis l'inspecteur va travailler avec eux pour les permis. J'ai l'impression que là, ça vient tout simplement aider tout le monde qui pensait ne pas pouvoir faire des travaux, commente-t-il.

Selon Yves Grafteaux, le secteur du lac Beauchastel a bien été redécoupé. « Dans la carte, ça ressemble vraiment à ce qui a été vécu, dit-il. Pour le compte du ministère de la Sécurité publique, on est allé piqueter certains spots dans ce secteur-là, et puis ça ressemble vraiment à ce que l'on a observé. »

Des zones injustes, selon certains

Cependant, pour certains citoyens, la modification de la ZIS n'apporte pas de soulagement., comme c'est le cas pour Jean-Guy Dugré, président de l'association riveraine des cinq lacs (lacs Montbeillard, Beauchastel, Bruyères, Kinojévis et Baie Caron).

Le gouvernement du Québec ne devrait pas considérer de la même façon les territoires qui sont inondés de façon naturelle, que ce soit associé aux changements climatiques ou autre façon naturelle, que ceux qui sont inondés en relation avec la gestion des cours d'eau, explique-t-il.

L'association considère que l'écoulement des eaux venant des centrales Rapide-Deux et Rapide-Sept en période de crue est maintenu à un niveau trop élevé et que, par conséquent, cela hausse anormalement le niveau d'eau. « Pour nous, c'est évident, dit-il. Le niveau qui est artificiel ou régularisé de façon artificielle par la gestion des barrages d'Hydro-Québec constitue un élément très important et influent sur l'écoulement des eaux de la rivière Kinojévis. »

Jean-Guy Dugré et les citoyens que l'association représente estiment que malgré les autres facteurs en jeu, comme les changements climatiques et la forte quantité de neige accumulée lors de l'hiver dernier, les eaux atteignent des niveaux plus hauts à cause des barrages.

« On a pris des mesures encore cette année au printemps, raconte-t-il. J'ai pris personnellement des niveaux en aval des rapides Gendron sur la rivière Kinojévis et, personnellement, dans les 70 dernières années, je n'avais jamais observé des niveaux aussi élevés. »

Un accès en ligne?

L'association espère obtenir un accès en ligne aux données des niveaux du barrage du Rapide-Deux, mais n'a pas encore reçu de réponse de la part du centre d'expertise hydrique du Québec justifiant l'absence de données.

Yves Grafteaux invite les citoyens à consulter la carte de la ZIS, car il croit que le projet de décret et la carte n'ont pas été suffisamment diffusés. Il y a une seule consultation qui a été faite le 4 juillet à Rouyn-Noranda pour l'ensemble de l'Abitibi-Témiscamingue. Pas certain que les gens du Témis ou de Notre-Dame-du-Nord se soient déplacés à Rouyn-Noranda, en tout cas pas en grand nombre, estime-t-il.

Les citoyens dont les terrains sont toujours inclus dans la zone, mais qui n'ont pas été inondés en 2017 ni en 2019 ont jusqu'au 19 août pour informer le ministère des Affaires municipales et de l'Habitation de retirer leur terrain de la ZIS.

Abitibi–Témiscamingue

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