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Couture Magique, une institution à Rouyn-Noranda, ferme ses portes

Une femme prend des mesures pour un bord de pantalon.

La couturière Samia Eid est incapable de dire non à ses clients!

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Émilie Parent Bouchard

Un page d'histoire se tourne à Rouyn-Noranda alors que le commerce Couture Magique fermera ses portes à compter de cette fin de semaine. La propriétaire aux doigts de fée, Samia Eid, tire sa révérence après plus de 30 ans au sein de l'un des rares salons de couture qui a encore pignon sur rue en ville. Rencontre avec cette Libanaise d'origine qui a fait sa place dans la communauté, de fil en aiguille, grâce à la couture.

Vous êtes en train de faire une robe de mariée?, demande une cliente qui vient faire ajuster ses vêtements par Samia Eid pour la dernière fois. Oui. C'est ma dernière robe, répond Samia en étouffant un rire nerveux qui pourrait très bien se transformer en larmes.

Mariages, graduations, ou simples ajustements : Samia Eid a partagé les grands comme les petits moments avec sa clientèle fidèle.

C'est notre meilleure couturière. On n'aura jamais une bonne couturière comme ça à Rouyn-Noranda. C'est ma couturière depuis des années, renchérit cette cliente, qui ne souhaite pas être identifiée, mais qui dit aussi perdre une amie.

Une femme sourit à la caméra en prenant des mesures pour confectionner une robe de mariée.

La dernière robe de mariée de Samia Eid.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Depuis 30 ans, Samia Eid répare, reprise et conçoit des vêtements au coin des rues Principale et du Terminus.

Quelqu'un a ouvert le salon et m'a demandé de venir travailler. Je ne parlais pas français. J'ai appris ici, au salon, avec les clients. Puis, la dame a vendu le magasin et je l'ai acheté après, indique Mme Eid. Mais cette année, j'ai décidé de déménager et de prendre ma retraite, parce qu'on est loin de la famille, on va retourner à Montréal, poursuit-elle, la voix nouée par l'émotion.

À l'heure de la fast-fashion, ou mode rapide, une tendance qui consiste à surconsommer des vêtements peu durables et à petit prix, et alors qu'il faut moins d'une main pour compter les couturières encore en activité, Samia Eid concède que la pénurie de main-d'oeuvre n'aide pas à renverser la tendance.

Il n'y a pas beaucoup [de relève]. Les jeunes n'aiment pas le travail de couture, ça prend de la patience et il faut aimer ça aussi, plaide-t-elle, confirmant que la relève ne se bouscule pas aux portillons.

Une femme coud en arrière-plan, une machine à coudre antique Singer à l'avant-plan.

La couturière Lise Lefebvre va s’ennuyer des fous rires au salon de couture.

Photo : Radio-Canada / Émilie Parent Bouchard

Je suis là pour dépanner pour l'été, ajoute Lise Lefebvre, une couturière qui fera les derniers miles avec Samia Eid. Malgré les longues heures de travail minutieux, elle assure qu'elle va s'ennuyer de son équipe de travail.

Ça fait quelque chose, un petit pincement. Quand on était plusieurs, on avait beaucoup de fous rires, on avait du fun, se souvient-elle.

Même si elle déménage à Montréal pour se rapprocher de la famille, Samia Eid promet de revenir à Rouyn-Noranda pour rendre visite à la famille et aux amis.

Abitibi–Témiscamingue

Commerce