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L'Iran continuera de défier les Occidentaux, prévient l'ayatollah Khamenei

Gros plan de l'ayatollah Ali Khamenei, qui a une main en l'air.

Cette photo officielle montre le guide suprême de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, lors d'une rencontre avec des religieux, mardi, à Téhéran.

Photo : La Presse canadienne / AP/Bureau du Guide suprême de la révolution iranienne

Radio-Canada

L'Iran va « certainement continuer » à réduire les engagements qu'il a pris en vertu de l'accord international sur son programme nucléaire conclu en 2015, a averti mardi le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Nous avons tout juste commencé à réduire nos engagements et ce processus va certainement continuer, a-t-il déclaré mardi, selon des extraits d'un discours diffusés par la télévision d'État.

L'accord de Vienne semble être sur le respirateur artificiel depuis que le président américain Donald Trump a annoncé que les États-Unis s'en retiraient, le 8 mai 2018, contre l'avis des autres signataires (Royaume-Uni, France, Russie, Chine, Allemagne).

L’Iran a confirmé la semaine dernière qu'il produisait désormais de l’uranium enrichi à au moins 4,5 %, dépassant le niveau de 3,67 % autorisé par l’accord sur le nucléaire iranien.

Une semaine plus tôt, la République islamique avait aussi annoncé qu’elle stockait désormais plus de 300 kilos d'uranium faiblement enrichi, la limite fixée par l'accord.

Ces annonces étaient en quelque sorte attendues, dans la mesure où le président Hassan Rohani avait annoncé le 8 mai, un an jour pour jour après la confirmation du retrait des États-Unis de l'accord de Vienne, que l'Iran allait commencer à s'affranchir de certains de ses engagements.

Il avait alors donné 60 jours aux parties restantes dans l'accord pour agir de manière à contourner les sévères sanctions américaines imposées par l'administration Trump qui plombent l'économie de son pays.

Le président américain a assuré mardi qu'il ne cherchait pas à imposer un « changement de régime » en Iran, dont il dénonce l'influence « déstabilisatrice » au Moyen-Orient.

« Ils ne peuvent pas avoir l'arme nucléaire », a-t-il toutefois ajouté.

La semaine dernière, le porte-parole de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique, Behrouz Kamalvandi, avait indiqué que l'Iran envisageait désormais d'enrichir son uranium à 20 % et de redémarrer des centrifugeuses qui ont été désactivées après la signature de l'accord de Vienne.

Ces mesures, présentées comme une « troisième phase » du désengagement annoncé, pourraient être mises en œuvre d'ici 60 jours advenant que les autres signataires de l'accord ne parviennent pas à répondre à ses doléances.

Les puissances européennes clouées au pilori

Pour l'heure, l'ayatollah Khamenei n'est guère satisfait de l'attitude des puissances européennes envers son pays, selon des commentaires publiés en anglais sur son compte Twitter, en marge de son discours.

« Selon notre ministre des Affaires étrangères, l'Europe avait pris 11 engagements et n'en a respecté aucun. Nous, nous avons respecté nos engagements, et même au-delà », a-t-il écrit.

Maintenant que nous avons commencé à nous en affranchir [de l'accord, NDLR], ils s'indignent. Quelle insolence de la part de gens qui n'ont pas tenu leurs promesses!

L'ayatollah Ali Khamenei, sur Twitter

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), chargée de faire respecter l'accord de Vienne, a de facto certifié à plusieurs reprises, avant le retrait américain et dans les mois qui ont suivi, que Téhéran respectait tous ses engagements.

Dans son discours, l'ayatollah Khamenei a spécifiquement épinglé le gouvernement britannique pour son rôle dans l'arraisonnement du pétrolier Grace 1 au large du territoire de Gibraltar. Londres le soupçonne de transporter du pétrole iranien vers la Syrie en contravention avec les sanctions internationales en vigueur.

Le cruel Royaume-Uni mène des actions de piraterie et vole notre navire en donnant à ce vol les apparences de la légalité, a-t-il lancé, mais l'Iran ne laissera pas cette malveillance sans réponse. Nous y répondrons au moment et à l'endroit opportuns.

Le navire est amarré dans un port.

Le destroyer britannique HMS Kent

Photo : Reuters / Ismail Zetouni

Londres a par ailleurs annoncé, mardi, l'envoi d'un troisième navire de guerre, le HMS Kent, dans le Golfe persique, un déploiement « de routine  », qui n'est pas lié aux tensions dans la région, selon le ministère britannique de la Défense.

Le navire sera déployé à la mi-septembre, alors que le HMS Duncan, lui, remplacera prochainement le HMS Montrose pour garantir la « liberté de navigation » dans le golfe. Londres n'a pas précisé si les trois navires patrouilleront éventuellement en même temps, mais a assuré que leur rotation était prévue depuis longtemps.

Détention d'Iraniens à la double citoyenneté

Un nouveau contentieux entre l'Iran et la France est aussi apparu cette semaine, après l'arrestation en Iran de la Franco-Iranienne Fariba Adelkhah, éminente anthropologue spécialiste de l'islam chiite. Après Paris, lundi, l'Iran a confirmé sa détention mardi, sans préciser ce qui lui est reproché.

Son cas évoque celui de Nazanine Zaghari-Ratcliffe, une Irano-Britannique employée de la Fondation Thomson Reuters, emprisonnée depuis 2016 en Iran après avoir été condamnée à cinq ans de prison pour sédition. Quatre Iraniens détenteurs de la citoyenneté américaine sont aussi détenus en Iran.

Comme l'a démontré le cas de photojournaliste canado-iranienne Zahra Kazemi, tuée dans une prison iranienne en 2003, l'Iran ne reconnaît pas la double nationalité de ses ressortissants. Règle générale, elle n'accorde généralement pas d'accès consulaire à leur pays d'adoption.

Ces arrestations sont souvent considérées comme des leviers utilisés par la République islamique pour mettre de la pression sur les pays avec qui elle est en litige pour diverses raisons.

Le Portugal a pour sa part suspendu l'attribution de visas à des citoyens iraniens pour des questions de sécurité. Le ministre des Affaires étrangères Augusto Santos Silva n'a toutefois pas donné davantage de précisions sur cette décision.

Tous ces développements surviennent sur fond de tensions croissantes dans le détroit d'Ormuz, en raison d'une série d'événements, dont des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers et la destruction d'un drone américain par l'Iran, qui a failli engendrer une riposte militaire américaine.

Près du tiers du pétrole brut mondial acheminé par voie maritime transite par le détroit d'Ormuz.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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