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Crainte d’une épidémie d’envergure d'Ebola : « Goma est un avertissement »

Une infirmière mesure la température d'une femme.

Une infirmière mesure la température d'une femme à l'Hôpital général de Goma.

Photo : Reuters / Olivia Acland

Radio-Canada

La découverte d’un pasteur atteint de la fièvre hémorragique Ebola à Goma, grande ville de l'est de la République démocratique du Congo (RDC), fait craindre le pire. Ce cas vient « changer potentiellement toute la donne », prévient l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Jusqu’à ce jour, l’épidémie signalée en juin dernier constituait une urgence sanitaire seulement pour la RDC et la région. Mais l’irruption d’Ebola à Goma, qui compte un million d’habitants, représente le scénario tant redouté.

Goma est un carrefour dans la région des Grands Lacs. La ville est située à la frontière du Rwanda, avec un port d'où les bateaux partent pour Bukavu et le Sud-Kivu, et un aéroport avec des vols civils ou onusiens à destination de Kinshasa, Entebbe et Addis Abeba.

« Goma est un avertissement, et cet avertissement pourrait donner lieu à d'autres cas. Nous espérons que cela ne soit pas le cas , a déclaré Mike Ryan, responsable des situations d'urgence de l'OMS.

« Nous ne pouvons pas être trop prudents », a insisté à Genève Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l'OMS, qui a précisé qu'il allait à nouveau réunir son comité d'urgence pour décider si l'épidémie constituait désormais une « urgence sanitaire mondiale ».

Médecins sans frontière, qui a cessé ses interventions à Beni-Butembo en raison de l'insécurité, a mis en garde contre « ce cas confirmé d'Ebola à Goma qui montre que la situation demeure inquiétante et que l'épidémie n'est toujours pas sous contrôle ».

Appels au calme

Pendant ce temps, les autorités congolaises se mobilisent en multipliant les mesures de prévention et les appels au calme à la population.

« Le cas a été non seulement détecté précocement, mais aussi isolé immédiatement, évitant toute contamination additionnelle », a assuré le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita.

« Il ne doit pas y avoir de panique. Nous avons eu un cas en Ouganda qui a été contrôlé et nous avons espoir que celui-ci peut être contrôlé si nous sommes tous mobilisés », a affirmé Michel N'da Konan Yao, responsable des opérations de l'OMS.

Le Rwanda a demandé lundi à ses ressortissants d'éviter tout voyage dans l'est de la RDC.

« Nous allons renforcer aussi les actions de surveillance aux points d'entrée et de sortie pour assurer aussi les voisins, les autres provinces, des mesures qui vont être prises pour que ce contrôle soit effectif et pour éviter qu'il y ait une exportation », a ajouté M. N'da Konan Yao.

Le pasteur a été pris en charge et évacué lundi matin vers Butembo, d'où il était arrivé la veille. Selon le gouverneur Carly Nzanzu Kasivita, le centre de traitement de Butembo, épicentre de l'épidémie, est mieux préparé que celui de Goma, qui n'a encore traité aucun cas jusqu'à présent.

Un itinéraire qui suscite l’inquiétude

Originaire du Sud-Kivu, le pasteur est arrivé à Butembo, où il a présenté les premiers symptômes dès le mardi 9 juillet.

Durant son séjour à Butembo, le pasteur a prêché dans sept églises, où il touchait de ses mains régulièrement les fidèles, y compris les malades, a indiqué le ministère de la Santé.

Le pasteur s’est rendu le vendredi 12 juillet à  Goma à bord d'un bus avec 18 autres passagers et le chauffeur.

« Le bus est passé par trois points de contrôle sanitaire. Lors des contrôles, il ne semblait pas présenter des signes de la maladie. Par ailleurs, à chaque point de contrôle, il a écrit des noms et prénoms différents sur les listes de voyageurs, ce qui indique probablement sa volonté de cacher son identité et son état de santé », rapporte le ministère de la Santé.

Les équipes sur le terrain ont trouvé 60 personnes qui ont été en contact avec le pasteur. La moitié d’entre elles ont été vaccinées, tandis que l’autre moitié devrait recevoir leur dose dans les 24 prochaines heures, selon l’OMS.

L’épidémie de fièvre hémorragique a déjà fait plus de 1650 morts dans la région depuis août 2018.

Cette épidémie Ebola est la deuxième de l'histoire après celle qui a tué près de 11 000 personnes en Afrique de l'Ouest (Guinée, Liberia, Sierra Leone) en 2013-2014.

Avec les informations de Agence France-Presse

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