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Près d'une trentaine de classes de maternelle 4 ans de moins que prévu

Des élèves d'une classe de maternelle 4 ans de l'École Sainte-Odile de Québec.

Il y aura une trentaine de classes de maternelle 4 ans de moins que prévu lors de la rentrée de septembre.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Bissonnette

Mathieu Dion

Les commissions scolaires prévoient ouvrir près de 30 classes de maternelle 4 ans temps plein de moins parmi les 250 promises par le gouvernement Legault pour la rentrée scolaire, si la tendance se maintient. Radio-Canada a contacté directement chacune d’entre elles pour dresser un portrait clair de la situation en date du 30 juin.

Dans les milieux moins nantis de nombreuses régions du Québec, il reste non seulement du temps, mais de la place pour inscrire des enfants de 4 ans à la maternelle en septembre.

Rappelons que le projet de loi pour abolir l’exigence d’un milieu dit « défavorisé » pour l’implantation d’une prématernelle n’a toujours pas été adopté à l’Assemblée nationale.

Trois scénarios se dégagent des réponses obtenues par les commissions scolaires.

Premier scénario : les inscriptions vont bon train, l’ensemble des classes autorisées pourront ouvrir leurs portes avec un ratio d’élèves raisonnable.

Deuxième scénario : il sera impossible d’ouvrir toutes les classes prévues, faute d’inscriptions en nombre suffisant.

Troisième scénario : les classes de maternelle 4 ans sont très demandées, si bien qu’il manquera des locaux, en particulier dans la grande région de Montréal.

Dans un document daté du 30 avril et intitulé Maternelle 4 ans à temps plein : suivi du déploiement des classes 2019-2020, le ministère de l’Éducation autorisait l’ouverture de 644 classes, soit 250 de plus que l’année dernière. Notre décompte révèle plutôt que les commissions scolaires projettent pour le moment d’ouvrir 616 classes.

Le nouveau service se révèle moins populaire que prévu dans les régions de la Capitale-Nationale et de l’Est-du-Québec.

Au cabinet du ministre de l'Éducation Jean-François Roberge, on précise qu’il reste « plusieurs semaines » pour inscrire son enfant à la maternelle 4 ans. Des commissions scolaires ont d’ailleurs mené une campagne pour faire connaître leur offre : publicités dans les journaux locaux, publications sur Facebook, envois ciblés, etc.

Les inscriptions vont bon train et nous sommes très confiants d’ouvrir 644 classes, puisque des commissions scolaires nous font part de besoins supplémentaires, ce qui vient pallier celles qui ne sont pas en mesure d’ouvrir toutes les classes qui leur ont été autorisées. C’est pourquoi il y a un exercice de redistribution […].

Cabinet du ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge

En revanche, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, située à Montréal, a « dû couper 2 maternelles » sur les 22 attendues. Ce n’est pas faute d’inscriptions, mais plutôt en raison du manque d’espace, qui a d'ailleurs fait les manchettes dans les dernières semaines. L’absence de locaux disponibles nous a aussi été signalée dans les commissions scolaires de Montréal, de Laval et des Affluents (Lanaudière).

Correctif

Dans une version précédente, nous faisions plutôt état de l'ouverture d'une « quarantaine » de classes de moins que prévu. Une erreur est survenue dans les communications avec la commission scolaire English-Montreal, qui passera de 12 à 27 classes de maternelle 4 ans en septembre, et non pas de 12 à 13.

Un ratio d’environ 11 élèves par classe

Le ministère de l’Éducation établit un minimum de 6 élèves et un maximum de 17 élèves par classe de maternelle 4 ans. En fonction du nombre d’inscriptions comptabilisées jusqu'ici, on retrouvera en moyenne 11 élèves par classe en 2019-2020.

C’est de bon augure, estime Égide Royer, expert et fervent défenseur de l’universalisation des maternelles 4 ans.

Si des parents craignaient la grosseur des groupes, ma compréhension est que les ratios vont être inférieurs à ceux de l’Ontario, et la maternelle 4 ans ontarienne a donné d’excellents résultats.

Égide Royer, psychologue et professeur associé à la Faculté des sciences de l'éducation de l'Université Laval

Pas moins de 26 enfants en moyenne se trouvent dans les classes de prématernelle chez nos voisins de l'Ontario.

De nombreuses classes annoncées en septembre seront aussi considérées comme « mixtes » ou « multiâges », c’est-à-dire qu’elles comprennent une proportion plus ou moins grande d’enfants de 5 ans.

« La règle d’or en recherche, explique Égide Royer, est que ces groupes ne posent pas de problèmes la plupart du temps, même qu’ils peuvent être utilisés à bon escient pour intervenir de manière plus précise avec certains enfants. »

Cette façon de faire s’observe principalement en région, où il y a moins de tout-petits.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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