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Les défis d’intégration ont raison d’une famille irakienne installée à Saguenay

La famille et les Saguenéens qui l'accueillent dans le secteur des arrivées à l'aéroport de Montréal.

La famille d'Ammar Shamoon est arrivée au Canada en mars 2018.

Photo : Louise Pedno

Mélyssa Gagnon

Les défis d’adaptation à une nouvelle culture, à une nouvelle langue et à un nouveau mode de vie se sont avérés insurmontables pour la famille de réfugiés irakiens venue s’installer à Chicoutimi-Nord en mars 2018.

Un peu plus d’un an après leur arrivée, Ammar Shamoon, son épouse, leurs cinq enfants et leur grand-mère ont quitté le Saguenay-Lac-Saint-Jean pour s’établir en Estrie.

Pendant plus de deux ans, la Fabrique Saint-Anne de Chicoutimi a travaillé d’arrache-pied pour accueillir ces Irakiens qui vivaient en exil au Liban depuis quatre ans. Ammar Shamoon avait entraîné ses proches loin des violences de l’Irak, alors sous le joug de l’État islamique, pour leur permettre de vivre un nouveau départ. Leur ultime refuge : Chicoutimi.

Ammar Shamoon et sa famille en compagnie de la mairesse Josée Néron à l'hôtel de ville.

La famille d'Ammar Shamoon, composée de cinq enfants, avait été officiellement reçue par la mairesse de Saguenay, Josée Néron, peu après son arrivée à Chicoutimi-Nord.

Photo : Radio-Canada

Environ 30 000 $ ont été amassés par la communauté pour subvenir aux besoins des nouveaux arrivants, qui ne parlaient ni anglais ni français. Une famille d’accueil a été trouvée et tout un réseau a été mis en place pour faciliter l’intégration des ressortissants irakiens.

La paroisse de Chicoutimi-Nord doit toutefois admettre que l’exercice s’est avéré un échec, principalement en raison du climat et de la langue. La sœur d’Ammar Shamoon, qui avait rejoint son frère à Saguenay, a décidé de partir. Tout le monde a suivi.

Il y a une de ses sœurs qui est arrivée d’Irak qu’on a parrainée aussi. Une famille de quatre enfants qui est arrivée le 4 décembre 2018, dans une tempête de neige. Ils ont vécu un hiver de froid. Lui, le père de famille [Ammar Shamoon], ça ne lui a pas plu tellement. Ils ont décidé qu’ils ne resteraient pas ici au Saguenay, explique le diacre de la paroisse Sainte-Anne et membre du comité d’accueil, Denis Tremblay.

La famille a déménagé en Estrie, où la communauté irakienne est bien ancrée.

À Sherbrooke, ils retrouvent une grosse communauté d’Irak. Ils ont même une église où ils vont pouvoir assister à des messes en arabe […] Le français, pour eux autres, c’était compliqué aussi.

Denis Tremblay, diacre de la paroisse Sainte-Anne

Le comité d’accueil est évidemment déçu. Les enfants, qui ont fréquenté l’école Charles-Gravel, s’étaient bien intégrés et avaient appris le français. Ils servaient d’ailleurs d’interprètes à leurs parents et à la communauté.

Quand ils ont décidé de partir, c’est sûr que ça nous a fait de la peine. On a travaillé pour les faire venir, pour les implanter ici, pour qu’ils aiment notre région, enchaîne le diacre.

Le chagrin est partagé par la famille de Chicoutimi-Nord qui a offert son toit pendant un an et qui a déployé temps et énergie pour faire en sorte que les nouveaux arrivants se sentent bien dans leur région d’adoption. Le couple hôte a confié qu'il vit un deuil, mais se considère heureux d’avoir pu les accompagner.

Ce dénouement n'est pas sans rappeler l'histoire de la famille de réfugiés syriens parrainés par l'ex-premier ministre du Québec, Philippe Couillard. Elle a quitté Roberval pour Montréal l'an dernier.

Un succès d’intégration à Jonquière

À Jonquière, où un comité épaulé par la paroisse Saint-Dominique a parrainé des réfugiés syriens, l’histoire connaît un dénouement tout autre. Deux familles arrivées il y a deux ans et demi et une autre, installée l’an dernier, sont toujours en sol jonquiérois et s’intègrent bien.

Rehab et ses trois enfants.

Rehab, 38 ans, est arrivée de Syrie en 2017 avec ses trois enfants et s'est établie à Jonquière.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paradis

Parmi elles, une mère monoparentale de trois enfants, Rehab Almakdesi, qui a reçu une bourse de persévérance remise par la Commission scolaire De La Jonquière en mai.

Saguenay–Lac-St-Jean

Nouveaux arrivants