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Des municipalités de l’Est-du-Québec retirées des zones « à risque d'inondations »

Terrain boisé près du lac Matapédia

Ce terrain, en bordure du lac Matapédia, se trouvait dans un secteur visé par un moratoire sur la construction en zone inondable à Sayabec.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Édith Drouin

Soupir de soulagement dans plusieurs municipalités de l'Est-du-Québec. Sept d'entre elles ont été retirées de la nouvelle zone d’intervention spéciale (ZIS), qui instaurait un moratoire sur la construction et la reconstruction de bâtiment dans des secteurs jugés inondables.

À la suite de nombreuses plaintes reliées à la cartographie des secteurs inondés en 2017 et 2019, Québec est retourné à la planche à dessin pour redéfinir la zone d’intervention spéciale et la rendre plus fidèle à la délimitation du territoire inondé lors des crues printanières de 2017 et de 2019.

Sept municipalités dans l’Est-du-Québec sont exclues de la nouvelle délimitation dévoilée lundi.

Listes des municipalités retirées de la ZIS

  • Sayabec
  • Val-Brillant
  • Marsoui
  • La Martre
  • L'Île-d'Anticosti
  • Saint-Guy
  • Saint-Gabriel-de-Rimouski

Des municipalités sans avenir

L'inclusion d'une grande partie du territoire de certaines municipalités dans la version précédente de la carte de Québec signifiait l'arrêt complet de leur développement.

C'était le cas notamment à Marsoui, en Gaspésie, et à Port-Menier, sur l'île d'Anticosti. Le village au grand complet de Port-Menier était inclus et nous ça arrêtait complètement notre développement, explique le maire de L'Île-d'Anticosti, John Pineault, en décrivant le choc qu'il a eu en consultant la première délimitation de la zone.

Il se dit extrêmement heureux des changements apportés.

On n'a jamais, au grand jamais, eu des inondations dans le village.

John Pineault, maire de L'Île-d'Anticosti

Le maire affirme que la municipalité a connu une légère crue des eaux seulement une fois dans les dernières années et attribue la précédente délimitation de la ZIS à des fonctionnaires qui n'avaient pas pris le temps de se déplacer à Anticosti et faire les analyses nécessaires.

En Gaspésie, l'inclusion de Marsoui dans la zone d’intervention spéciale aurait aussi signifié la fin du petit village de 300 personnes, aux dire du maire, Ghislain Deschênes. C’était triste un peu de voir ça, se désole le maire.

Marsoui était à 95 % dans la zone d’intervention spéciale. Il n’y avait plus aucune construction possible […] Là, on aurait été un village qui aurait été en perdition pour vrai.

Ghislain Deschênes, maire de Marsoui

Plus tôt ce mois-ci, le conseil municipal de Marsoui a adopté une résolution pour s’opposer à la carte présentée par le gouvernement au début juillet.

Pour une fois que nos demandes sont respectées rapidement, je suis bien heureux de ça, se réjouit le maire.

La municipalité a été touchée par la tempête Arthur en 2014 et par une crue des eaux en 2017.

Malgré ces incidents, M. Deschênes estime que Marsoui n’est pas réellement une zone inondable. Il peut y avoir des crues de marées ou un peu de rivières, mais pas assez pour aller dans les chemins et empêcher tout le monde de construire, explique-t-il.

Il ajoute qu’il y avait un peu d’exagération sur la carte de la ZIS et espère que le gouvernement consultera à l’avenir les municipalités avant d’adopter de telles mesures.

De 0 $... à 70 000 $

Le maire de Sayabec, Marcel Belzile, pousse également un soupir de soulagement incroyable. Il déplore toutefois que plusieurs municipalités de la région demeurent dans la ZIS.

Les terrains en bordure du lac Matapédia, dans sa municipalité et celle de Val-Brillant, qui valaient jusqu'à 70 000 $ selon lui, retrouveront donc leur valeur initiale.

Là, leurs terrains gardent [tous leur] valeur et évidemment, comme municipalité, on va pouvoir émettre des permis de construction, c’est des taxes et ça a une incidence positive incroyable sur l’ensemble de la taxation de ces résidences-là.

Marcel Belzile, maire de Sayabec

Le maire attribue la décision de Québec aux revendications de la Municipalité lors de la consultation du 4 juillet et à des résolutions adoptées par la Ville et la MRC de La Matapédia pour dénoncer la délimitation précédente de la zone.

Il reste toutefois amer de l’attitude du gouvernement dans ce dossier, qui n’avait pas consulté sa municipalité. Des fois il y a de l’incohérence assez marquée, dit-il.

Au moment de publier ces lignes, Québec n'avait pas encore fourni les explications pour justifier le retrait des sept municipalités de l'Est-du-Québec de la ZIS.

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