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Des protéines extrêmement petites pour lutter contre la Listeria

Le travail d'Éric Biron et son équipe, une fois mis en marché, pourrait diminuer de beaucoup les risques de propagation de bactéries dans le milieu de l'alimentation et de l'élevage.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Radio-Canada

Des chercheurs de l’Université Laval ont développé un composé presque naturel qui peut mettre un frein à la propagation de trois bactéries, dont celle qui cause la listériose.

Cette percée dans le monde scientifique démontre que deux types de peptides – des protéines extrêmement petites, mais très actives – combattent de façon agressive la Listeria, le Clostridium et le Staphylococcus aureus.

Si les deux premières sont reconnues pour s’attaquer à l’intestin de certains êtres vivants, la troisième bactérie, elle, cause une infection des glandes mammaires chez les vaches.

Le produit arrive à l'étape de l'approbation par Santé Canada, juste avant celle de la commercialisation. D’après le chercheur Éric Biron, ce produit a du potentiel, entre autres parce qu’il a été très peu modifié, principalement dans le simple but de le rendre plus stable.

Le produit a beaucoup moins d’effets sur d’autres bactéries, qui sont considérées comme bonnes pour les êtres vivants, ajoute M. Biron, qui est aussi professeur titulaire de la Faculté de pharmacie de l’Université Laval.

Efficace dans le milieu alimentaire

Notre produit élimine une très grande majorité de la bactérie sur les aliments. Lors d’ingestion, les risques de propagation vers l’humain sont donc réduits, explique le chercheur au sujet de la Listeria monocytogenes.

En août 2008, au Canada, cette bactérie a causé la crise de la listériose. Une vingtaine de cas avaient été observés dans les hôpitaux en peu de temps au pays.

La mise au point du composé par l'équipe de M. Biron peut donc susciter un soulagement dans l'industrie alimentaire. Les peptides pourraient entre autres enduire des couteaux en boucherie.

Ainsi, ils pourraient éliminer une très grande majorité de la bactérie sur les aliments, surtout si le couteau est utilisé à plusieurs reprises.

Il faut prouver que le processus est vraiment efficace, qu’il n’altère pas le goût des aliments, et qu’il n’est pas toxique, lors de l’ingestion, souligne le chercheur.

Éric Biron regarde un écran d'ordinateur sur lequel on voit deux bactéries de couleur orange.

Éric Biron montre une image à l'échelle microscopique de la Listeria monocytogenes, une bactérie qui peut s'attaquer à l'intestin des humains.

Photo : Radio-Canada / Nicole Germain

Effets positifs pour protéger le bétail

Éric Biron affirme aussi que le produit permet de lutter contre le Clostridium perfringens, qui s’attaque à la viande, surtout à la volaille. Il est responsable de pertes importantes dans les élevages de ce type d’animal.

Chez le poulet, encore là, on est au niveau de la prévention, on essaie d’empêcher le développement de la maladie chez les volailles, explique-t-il, pour empêcher les pertes chez les éleveurs.

Les bactéries, elles, peuvent toujours exister, mais ce nouveau composé vient mettre un frein à leur propagation.

Sur le plan de la mise en marché, Éric Biron explique que des pourparlers avec des entreprises se déroulent en ce moment, mais que rien n'est officiellement conclu. Selon lui, cette percée scientifique pourrait attirer l'attention à l'international.

Avec les informations de Nicole Germain

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