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Les policiers de la Nouvelle-Écosse ont saisi plus de 2000 armes à feu en 2017 et 2018

Des policiers estiment que les armes de poing sont particulièrement dangereuses, surtout dans les centres urbains.

Les corps policiers de la Nouvelle-Écosse ont saisi 251 armes de poing en 2017 et 2018, selon des données de la Gendarmerie royale du Canada.

Photo : Radio-Canada / CBC/Robert Short

Radio-Canada

Les corps policiers de la Nouvelle-Écosse ont saisi 2116 armes à feu en 2017 et en 2018, selon des données provenant de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Certaines de ces armes ont été remises volontairement à la police, mais beaucoup d’entre elles ont été saisies lors de l’arrestation de suspects.

Les armes à feu les plus courantes sont les carabines (1136), les fusils (720) et les armes de poing (251). La Police régionale d’Halifax a aussi saisi une mitrailleuse et deux mitraillettes. Ces armes sont particulièrement dangereuses à cause de leur haute cadence de tir.

C’est pourquoi elles sont interdites. Elles sont extrêmement dangereuses et personne n’en a besoin pour la chasse ou pour le sport, explique l’agent John MacLeod, de la Police régionale d’Halifax.

Ce qui préoccupe le plus le sergent d’état-major à la retraite Jim Hoskins, anciennement de la police d’Halifax, c’est le grand nombre d’armes de poing en circulation. Il aimerait qu’elles soient bannies des centres urbains.

Les armes de poing sont conçues pour une seule et unique raison et c’est pour tuer des gens, dit Jim Hoskins. Moins il y en aura, plus on sera en sécurité dans les rues d’Halifax.

La Police régionale d’Halifax a saisi 340 armes à feu en 2017 et 2018. Mais ce n’est probablement que la pointe de l’iceberg, selon Jim Hoskins. D’expérience personnelle, je sais que si quelqu’un veut se procurer une arme de poing, c’est facile.

Le point de vue d'une victime

Des personnes touchées par la violence s’inquiètent de la prolifération des armes à feu dans les rues d’Halifax. C’est le cas de Selina Carter, qui vit maintenant à Montréal, mais qui est originaire de la Nouvelle-Écosse.

Des dizaines d'armes à feu sont réparties sur des tables en avant-plan, alors qu'une policière observe la situation.

Un programme d'amnistie a permis à la Police régionale d'Halifax de recueillir 152 armes à feu, en 2016.

Photo : Radio-Canada / CBC/Stephen Puddicombe

Dans les onze dernières années, son frère et son cousin ont été abattus à Halifax. Le père de son petit-fils a été tué à Toronto.

Plus que tout, elle souhaite que les armes illégales disparaissent, pour que personne n’ait à endurer ce qu’elle a vécu. J’espère qu’ils vont toutes les trouver et les brûler, dit-elle. Ça me rend malade, parce que ce sont de belles et bonnes personnes qui nous ont quitté, dit Selina Carter.

Selon elle, la police doit en faire plus pour saisir et éliminer les armes illégales. Personnellement, je ne pense pas que les policiers font un bon travail.

La Police régionale d’Halifax rétorque qu’elle prend la menace très au sérieux et qu’elle tente de réduire le nombre d’armes à feu dans la communauté. Essentiellement, chaque agent tente de retirer ces armes de la rue, lors de patrouilles ou durant des enquêtes, indique John MacLeod. Nous cherchons toujours à améliorer la sécurité de notre ville.

Armes utilisées pour des crimes

Il est difficile d’estimer le nombre d’armes confisquées ayant servi à commettre des crimes. Les données de la GRC n’indiquent pas les raisons pour lesquelles des armes ont été saisies. Les statistiques de la Police régionale d’Halifax donnent toutefois un peu plus de détails sur les armes confisquées.

Le tiers des 340 armes à feu saisies à Halifax ont été remises volontairement aux policiers. Soixante-quatorze armes ont été saisies lorsque des suspects ont été accusés, notamment de voie de fait, d’agression armée, de vol qualifié, de séquestration, de possession illégale d’une arme à feu et de vol.

Un homme tient une carabine dans ses mains.

Les carabines sont les armes à feu les plus fréquemment saisies par les policiers.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

C’est certainement préoccupant pour nous et ça devrait l’être pour le public aussi, dit l’agent MacLeod. La police a aussi confisqué 79 armes qui n’étaient pas entreposées de façon sécuritaire. Selon Jim Hoskins, les armes illégales proviennent généralement des États-Unis ou ont été volées dans des armureries ou chez leur propriétaire légitime.

En 2017 et 2018, l’Agence des services frontaliers du Canada a saisi 42 armes à feu à ses postes routiers au Canada Atlantique. Vingt-et-une de ces armes étaient interdites au Canada. L’agence indique que la plupart des armes à feu non déclarées étaient les armes personnelles de voyageurs arrivant des États-Unis.

Il n’y a pas beaucoup de recherches au Canada examinant le mouvement des armes à feu illégales, affirme Jooyoung Lee, professeur adjoint de sociologie à l’Université de Toronto. Il étudie la violence causée par les armes à feu.

Beaucoup de gens pensent qu’il existe un réseau élaboré de trafic d’armes, dit-il. La vérité est beaucoup plus banale. Bien souvent, les armes utilisées dans des fusillades ont été achetées légalement. Parfois, les propriétaires les ont vendues au marché noir parce qu’ils savaient qu’ils pouvaient gagner de l’argent, dit-il.

Avec les informations de David Burke, de CBC

Nouvelle-Écosse

Crimes et délits