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Un pétrolier coincé 3 semaines au port de Québec

Le pétrolier Rossi A Desgagnés à quai au port de Québec

Le pétrolier Rossi A Desgagnés au port de Québec

Photo : Radio-Canada / Mireille Roberge

Jean-François Nadeau

La pénurie de main-d'oeuvre touche même le transport maritime, alors qu'un pétrolier du Groupe Desgagnés est demeuré coincé pendant trois semaines au port de Québec.

Le problème dans le cas du Rossi A. Desgagnés, c'est que Transports Canada ne reconnaît pas la formation à l'étranger de certains des officiers de l'entreprise maritime... qui s'est justement tourné vers le recrutement international.

Les navires doivent avoir à leur bord un nombre minimal d'officiers pour pouvoir naviguer en eaux canadiennes.

Ces officiers doivent aussi être résidents permanents ou citoyens canadiens et avoir en mains un brevet émis par Transports Canada.

Selon La Presse, un des officiers qui pourraient travailler sur le Rossi A Desgagnés est Français, résident permanent au Canada et détenteur d'un brevet de l'École nationale supérieure maritime de Marseille. L'homme est chef mécanicien et compte plusieurs années d'expérience.

Après plus de deux ans de démarches, il n'est toujours pas en mesure d'obtenir un brevet de Transports Canada. Il n'est pas le seul dans cette situation.

On a des gens en ligne présentement, qui sont en attente, qui sont sous contrat avec nous et pour lesquels on est à travers les processus de reconnaissance de ces brevets-là. Ces délais-là sont très longs, explique le vice-président des ressources humaines du Groupe Desgagnés, Benoît Chassé.

Le pétrolier d'une valeur de 50 millions de dollars coûte cher au Groupe Desgagnés en frais, alors qu'il est amarré au port de Québec.

On est dans l'ordre de 35 000 $ à 40 000 $ par jour, quand ce bateau-là n'est pas en mesure d'opérer, mentionne Benoît Chassé.

Conséquences pour le nord du Québec

Le Rossi A Desgagnés sert notamment à ravitailler en carburant les régions éloignées du nord du Québec, qui ne sont pas reliées par la route. Pour que ces communautés puissent être ravitaillées, on a transféré l'équipage du navire-citerne Paul A. Desgagnés sur le pétrolier.

Le Paul A. Desgagnés est coincé au port de Montréal, pour permettre au Rossi de pouvoir partir.

Quand on est dans le nord du Québec, au Nunavik, il n'y a pas d'autre alternative. L'été est la période de ravitaillement pour ces régions, affirme Benoît Chassé.

Le Groupe Desgagnés aurait besoin de pourvoir rapidement une quinzaine de postes pour assurer que les opérations de l'entreprise fonctionnent normalement.

On est très à risque. Il s'agirait qu'une personne ou deux tombent malades ou un petit pépin d'horaire pour qu'on ait des difficultés. On est très serrés. Ça met beaucoup de pression, affirme Benoît Chassé.

L'entreprise est en discussion avec Transports Canada pour que les brevets des officiers obtenus dans des pays comme la France, la Grande-Bretagne, l'Inde et la Russie puissent être reconnus plus rapidement.

Il faudrait qu'il y ait reconnaissance mutuelle des brevets entre le Canada et d'autres pays. On suit tous des normes internationales qui sont très exigeantes. Si ces processus de reconnaissance mutuelle étaient accélérés, ce serait bénéfique, soutient Benoît Chassé.

Action de Transports Canada

Par voie de communiqué, Transports Canada se dit sensible à la situation et assure prendre des mesures pour atténuer la pénurie de main-d'oeuvre.

Dans les derniers mois, nous avons simplifié et facilité le processus d’intégration directe. Ainsi, les citoyens canadiens et résidents permanents possédant des titres de compétences étrangers pourront recevoir un brevet de capacité du Canada, mentionne le communiqué.

Le navire Rossi A Desgagnés est parti au cours des dernières heures. Il était à quai depuis le 24 juin.

Selon une entrevue accordée par Benoît Chassé à l'émission Première Heure

Québec

Économie