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Sida, tuberculose et paludisme : le Canada reculerait sur le financement

Une fillette tient un comprimé et un verre d'eau.

Une jeune Indienne tuberculeuse prend ses médicaments.

Photo : AFP / FINDLAY KEMBER

Radio-Canada

Des organismes de développement international voués à la santé publique craignent que le Canada n'augmente pas cette année sa contribution au Fonds mondial qui lutte entre autres contre les grandes épidémies de sida, de tuberculose et de paludisme.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau avait annoncé lors de la Conférence du Fonds mondial, en 2016, à Montréal, qu’il augmenterait de 24 % sa contribution en la portant à 804 millions de dollars.

Or, d’après des ONG, le Canada verserait cette année à ce fonds le même montant qu’en 2016.

Selon Chris Dendys, directrice exécutive de Résultats Canada, un groupe qui lutte contre la pauvreté, le gouvernement fédéral ne prévoirait aucune augmentation de sa contribution au Fonds mondial cette année. Elle a basé cette conclusion sur les conversations qu’elle et d’autres collègues ont eues avec Ottawa.

Ce serait la première fois que le Canada ne hausserait pas sa participation à ce programme de santé publique mondiale.

Pour Stuart Hickox, qui dirige le bureau canadien de l'organisme ONE, fondé par le musicien et chanteur Bono, si Ottawa ne bonifie pas son aide, cela constituera une forme de recul.

Le médecin et chercheur canadien Julio Montaner, de Vancouver, dont les travaux ont contribué à ralentir les ravages du sida à la fin des années 1990, estime pour sa part que le Canada doit assumer un leadership mondial dans le financement de l'éradication des maladies.

Une salle bondée d'enfants et d'adultes dans un hôpital.

Des enfants souffrant du syndrome d'encéphalite aiguë (SEA) soignés au Sri Krishna Medical College and Hospital, du district de Muzaffarpur, dans l'est de l'État du Bihar, en Inde.

Photo : Getty Images / STR

En temps voulu, dit Ottawa

À Ottawa, Hanna Button, directrice des politiques pour la ministre de la Coopération internationale et du Développement international, Maryam Monsef, a assuré que le Canada a le plus grand respect pour le Fonds mondial et qu'il annoncera le montant de son prochain engagement financier en temps voulu.

Notre soutien continu au Fonds mondial est un élément important de notre stratégie de développement durable, a assuré Mme Button dans un courriel, en rappelant que son gouvernement a récemment annoncé à Vancouver une aide de 1,4 milliard de dollars par année d’ici 2030 lors de la conférence internationale Women Deliver pour lutter contre la maladie et la malnutrition et améliorer la santé sexuelle et reproductive des femmes dans le monde.

Or, le montant qu’accorde le Canada en aide internationale n’a pas significativement augmenté sous le gouvernement Trudeau, fait remarquer Chris Dendys.

Alors que les Nations unies suggèrent aux pays les plus riches de consacrer 0,7 % de leur PIB à l’aide internationale, le Canada a à peine franchi, selon elle, le seuil des 0,26 % de son PIB. Il a pourtant eu beaucoup d’occasions de le faire, souligne Mme Dendys.

Le Fonds mondial, auquel contribuent plusieurs pays donateurs, investit chaque année plus de 4 milliards de dollars américains pour lutter contre des maladies graves dans plus d’une centaine de pays.

Le financement du Fonds s’opère selon un cycle de trois ans à partir principalement de fonds publics (95 %). Les 5 % restants proviennent du secteur privé, de fondations privées et d’initiatives de financement.

15 % de plus

Le bébé grimace de douleur en recevant une injection.

Un bébé reçoit une dose d'un vaccin expérimental contre la malaria, au Kenya.

Photo : Associated Press / Karel Prinsloo

Le Fonds mondial s’est fixé comme objectif d’augmenter son financement de 15 %, cette année, pour atteindre 14 milliards de dollars américains.

C’est la France qui accueillera la prochaine conférence d'appel aux contributions du Fonds mondial, en octobre, à Paris. Le Royaume-Uni et le Japon ont récemment annoncé des augmentations respectives de 17 % et de 5 % de leur contribution.

Le Dr Julio Montaner, dont les travaux ont mené à l’élaboration de la trithérapie qui a donné d’importants résultats à la fin des années 1990 dans la lutte contre le sida, se dit pour sa part convaincu que le gouvernement Trudeau fera ce qui s’impose.

Avec les informations de La Presse canadienne

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