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Deux responsables de la lutte contre l'Ebola sont assassinés en RDC

Des infirmiers transportent un cercueil derrière un homme qui tient une croix en bois.

Des travailleurs de la santé transportent le cercueil d'une victime de l'Ebola, le 16 mai 2019, à Butembo.

Photo : Getty Images / AFP/JOHN WESSELS

Radio-Canada

Deux responsables communautaires engagés dans la lutte contre la propagation du virus Ebola en République démocratique du Congo ont été assassinés dans la nuit de samedi à dimanche dans la province du Nord-Kivu, dans l’est du pays.

Leur sort illustre les difficultés que rencontrent les autorités dans leurs efforts pour contrer l’épidémie de fièvre hémorragique qui a déjà fait plus de 1650 morts dans la région depuis l’an dernier.

Selon le ministère de la Santé, les victimes sont un chef de rue et une femme qui ont été tués dans leurs domiciles respectifs entre Beni et Butembo, l'un des principaux foyers de la maladie, à quelque 300 kilomètres au nord de Goma.

Ces deux prestataires faisaient l'objet de menaces depuis décembre 2018, a indiqué le ministère, en précisant que la femme avait été attaquée une première fois il y a quelques semaines, mais qu'elle avait eu la vie sauve parce qu'elle avait donné de l'argent aux assaillants.

Selon plusieurs sources, les assaillants seraient des personnes du même quartier que les deux victimes qui enviaient leurs voisins, car ils avaient trouvé un emploi dans la riposte contre Ebola, a avancé en outre le ministère.

Le ministère de la Santé et ses partenaires, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), ont décidé d'impliquer davantage les habitants et leurs représentants dans la lutte contre l’épidémie actuelle, la deuxième en importance dans l'histoire de la maladie.

Cette approche vise à lutter plus efficacement contre les résistances de la population, qui portent sur les mesures de prévention et la vaccination, l'hospitalisation, ainsi que les enterrements dits dignes et sécurisés qui évitent les contacts avec les fluides contagieux du défunt.

Des dizaines de répondants ont été attaqués au cours des derniers mois en RDC. Un infirmier de Vuhovi a notamment été tué en février et un médecin-épidémiologiste camerounais envoyé par l'OMS a subi le même sort dans l'attaque d'un hôpital à Butembo, le 20 avril.

Deux centres de traitement d'Ebola de la région ont aussi été attaqués.

Dimanche, les autorités congolaises ont déclaré un premier cas de fièvre Ebola à Goma, qui est ainsi devenue la plus grande ville du pays touchée depuis le début de l'épidémie, le 1er août.

Une vendeuse transportant un plateau de fruits sur sa tête marche dans une rue de Goma.

Goma est une ville de plus d'un million d'habitants située tout près du Rwanda. Le cas d'Ebola qui y a été déclaré dimanche pourrait « changer le donne » dans la lutte contre l'épidémie, a indiqué lundi le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Le comité d'experts de l'agence se réunira prochainement pour décider s'il convient de déclarer une alerte sanitaire mondiale, a-t-il ajouté.

Photo : Getty Images / AFP/FEDERICO SCOPPA

L’affaire inquiète d’autant plus que l’homme, arrivé de Butembo dimanche, est un pasteur qui était allé prêcher dans une église chrétienne où il aurait touché les mains de fidèles, y compris de malades.

Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies estime que la communauté internationale devrait investir des centaines de millions de dollars dès maintenant en RDC afin d’éviter que l’épidémie ne se prolonge plus longtemps et ne coûte plus cher en fin de compte.

Avec les informations de Reuters, et Agence France-Presse

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