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« Retournez d’où vous venez », dit Trump à des élues démocrates

Trois femmes assises côte à côte écoutent un témoignage.

De gauche à droite : Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaib et Ayanna Pressley.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a appelé dimanche matin des parlementaires démocrates à « retourner » d'où elles venaient, s'attirant les critiques de responsables de ce parti qui le qualifiaient de « raciste » et de xénophobe.

Tellement intéressant de voir les élues “progressistes” démocrates du Congrès [...] désormais dire haut et fort et de manière perfide à la population des États-Unis, la plus grande et la plus puissante nation de la Terre, comment notre gouvernement doit être dirigé, a tweeté le président, estimant que ces élues étaient originaires de pays dont les gouvernements sont dans une situation totalement catastrophique, les pires, [les] plus corrompus et ineptes au monde [même s'ils possèdent un gouvernement qui fonctionne].

Pourquoi ne retournent-elles pas dans ces endroits totalement défaillants et infestés par la criminalité dont elles viennent pour aider à les réparer, a poursuivi le milliardaire républicain, sans donner de nom.

Et d'ajouter : Ensuite, elles pourront revenir et nous montrer comment il faut faire. Ces endroits ont crucialement besoin de votre aide, il faut y aller vite. Je suis sûr que [la présidente de la Chambre des représentants] Nancy Pelosi sera très contente de trouver rapidement des voyages gratuits, a-t-il relevé.

M. Trump semble faire référence à de jeunes élues du Congrès comme Alexandria Ocasio-Cortez de New York, Ilhan Omar du Minnesota ou encore Rashida Tlaib du Michigan, qui critiquent la détention de milliers d’immigrés clandestins à la frontière, près du Mexique.

« On n'a pas peur de vous »

La démocrate Nancy Pelosi a été l'une des premières à réagir à cette série de longs tweets. Je rejette les commentaires xénophobes de [Donald Trump] qui sont destinés à diviser notre nation, a-t-elle tweeté, dénonçant une attaque de la part du président.

M. le président, le pays d’où je viens est les États-Unis. Vous êtes fâché parce que vous ne pouvez pas imaginer une Amérique qui nous rassemble […] et qui a voté pour nous. […] Vous ne pouvez pas accepter l’idée qu’on n’a pas peur de vous […] et qu’on ose dénoncer votre bluff.

Alexandria Ocasio-Cortez, élue démocrate du Congrès

C'est un tweet raciste, a affirmé pour sa part le démocrate Ben Ray Lujan, l'un des plus hauts responsables hispaniques du Congrès, sur Fox News. Il s'agit de citoyennes américaines élues par les électeurs des États-Unis d'Amérique.

Mme Ocasio-Cortez, née à New York, a des origines de Porto Rico, qui est un territoire américain. Mme Omar est arrivée aux États-Unis en tant que réfugiée de Somalie lorsqu'elle était mineure. Et Mme Tlaib est la première Américaine d'origine palestinienne à siéger au Congrès.

M. le président, le pays dont je "viens" [...] est les États-Unis, a tweeté Mme Ocasio-Cortez.

En tant que membres du Congrès, le seul pays pour lequel nous prêtons serment est les États-Unis, a enchéri Mme Omar.

Je lutte contre la corruption dans NOTRE pays, a insisté de son côté Mme Tlaib, accusant Donald Trump d'attaquer de façon dégradante les populations issues de l'immigration. C'est à CELA que ressemble le racisme. NOUS sommes ce à quoi ressemble la démocratie, a renchéri Ayanna Pressley sur Twitter.

Plusieurs candidats à l'investiture démocrate dans la course à la Maison-Blanche ont également critiqué le président américain.

Le racisme et la xénophobie n'ont pas leur place en Amérique, a tweeté l'ancien vice-président Joe Biden.

La sénatrice Elisabeth Warren a condamné une attaque raciste et xénophobe et la sénatrice Kamala Harris a tweeté : « Nommons l'attaque raciste du président exactement par ce qu'elle est : anti-américaine. »

Ce n'est pas la première fois que le président fait des commentaires controversés en la matière. Selon des propos rapportés au début de 2018, il a qualifié de pays de merde plusieurs nations, notamment d'Afrique. Il évoque aussi régulièrement ce qu'il appelle une invasion d'immigrants clandestins.

Avec les informations de Agence France-Presse

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