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Faut-il punir ceux qui appellent le 911 pour se plaindre après une alerte Amber?

Écran d'un téléphone cellulaire qui indique le chiffre 911

Des gens ont contacté le service 911 pour se plaindre de s'être fait réveiller à la suite de la plus récente alerte Amber.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Encore une fois, après la plus récente alerte Amber qui a touché la région de Toronto aux petites heures, jeudi, bon nombre de personnes ont appelé le 911 pour se plaindre de s’être fait réveiller.

Les deux jeunes garçons qui faisaient l’objet de la recherche ont été retrouvés sains et saufs en compagnie de leur grand-père à Toronto, mais cela semblait rendre indifférents les gens frustrés d’avoir été réveillés par l’alerte au son reconnaissable.

Maintenant, certaines personnes s'interrogent à savoir si ces gens qui contactent le 911 pour se plaindre devraient faire face à des amendes ou des accusations parce qu’ils engorgent les lignes téléphoniques d’urgence sans fondement.

Quelqu’un qui appelle parce qu’il est frustré de s’être fait réveiller de la sorte n’est pas une urgence, vous compromettez la sécurité du public, a plaidé le sergent Stacey Whaley de la Police provinciale de l’Ontario (PPO).

Selon lui, les gens qui se plaignent de cette façon sont immoraux.

C’est pour sauver la vie d’un enfant que nous procédons ainsi et si quelqu’un se plaint parce que son sommeil est compromis en raison de cela, c’est incompréhensible, a-t-il dit.

Des appels de partout

Le sergent Whaley n’était pas en mesure de préciser le nombre de plaintes formulées par des citoyens au 911 à la suite de l’alerte de jeudi, mais a souligné que ces appels provenaient de partout dans la province.

Il dit ne pas être au courant si des plaignants feront ou ont fait face à des accusations après les appels de jeudi dernier. Toutefois, la priorité de la PPO est d’éduquer le public à savoir pourquoi il ne faut pas appeler le 911, sauf en cas d’urgence immédiate.

Porter des accusations contre quelqu’un pour ce genre d’action devrait se limiter aux gens qui agissent de façon répétée ou malicieuse, a pour sa part soutenu l’avocat criminaliste de la région d’Ottawa Michael Spratt.

L'avocat Michael Spratt pose pour la caméra à l'extérieur pendant l'été.

Selon l'avocat Michael Spratt, les gens qui contactent le 911 sans motif valable pourraient souffrir de problèmes de santé mentale.

Photo : Radio-Canada / Jean Delisle

S'il n’a pas été témoin d’une personne accusée de contacter le 911 pour se plaindre d’une alerte Amber, il a raconté avoir représenté une personne accusée de constamment appeler le 911 pour commander de la pizza et de la bière.

Il a soutenu que les gens qui abusent du service du 911 pourraient souffrir de problèmes de santé mentale et que porter des accusations pourrait ne pas avoir un effet dissuasif efficace.

Les conséquences pour une personne trouvée coupable pourraient par ailleurs compenser les coûts d’un répartiteur du 911 qui doit composer avec ces appels non urgents.

La province évalue « toutes les options »

La province a indiqué qu’elle évalue toutes les options pour s’assurer que les gens ne gaspillent pas les ressources des services d’urgence.

Lorsqu’un enfant est disparu, nous avons un rôle à jouer en tant que membres de la communauté. Plusieurs enfants ont été retrouvés grâce à l’alerte Amber, mais cela ne fonctionne que si tout le monde reçoit l’alerte. En définitive, un enfant disparu est une urgence, a affirmé la Solliciteure générale de l’Ontario, Sylvia Jones, dans une déclaration écrite transmise à CBC.

Il est plus qu’insensible de se plaindre d’une alerte Amber, c’est même dangereux. Les gens qui utilisent le 911 pour déposer de telles plaintes engorgent nos services d’urgence, a-t-elle poursuivi.

Cinq alertes Amber en Ontario cette année

L’alerte Amber de jeudi concernait deux frères âgés de 2 et 4 ans. En mai, un garçon de 3 ans a été retrouvé sain et sauf après que sa mère a négligé de le ramener à sa grand-mère. En avril, un garçon de 5 ans a été retrouvé à Chatham-Kent, à près de 300 km de chez lui. En mars, une fillette de 5 ans a été retrouvée à Markham. Son père avait été la chercher à l’école.

Toutefois, l’histoire ne s’est pas conclue d’une façon aussi heureuse pour Riya Rajkumar, 11 ans, qui a été retrouvée sans vie dans la maison de son père, à Brampton, en février.

Son père, Roopesh Rajkumar, a été accusé de meurtre au premier degré, mais il a plus tard succombé à une blessure qu’il s’était lui-même infligée le soir de la mort de sa fille.

D'après les informations de Kimberley Molina de CBC

Ottawa-Gatineau

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