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La journaliste Hodan Nalayeh, « un modèle pour la jeunesse canado-somalienne »

Hodan Nalaye à Garoe

Hodan Nalaye à Garoe

Photo : Hodan Nalayeh/Facebook via Canadian Press

Radio-Canada

La communauté somalienne de Toronto est sous le choc à la suite de la mort de la journaliste Hodan Nalayeh qui a péri avec son mari vendredi lors d'une attaque terroriste dans un hôtel de Kismayo en Somalie.

Considérée comme une pionnière par certains, Hodan Nalayeh a lancé Integration TV en 2014, la première émission en anglais destinée à la diaspora somalienne.

Au lieu de vouloir percer dans les médias où elle sentait qu'elle n'avait pas sa place, elle a décidé de créer le sien, explique Salimah Jivraj, éditrice chez Halal Foodie, qui a collaboré avec elle sur plusieurs projets.

En couvrant l'actualité de son pays et en se penchant sur les histoires de sa communauté, Hodan Nalayeh est devenue, pour de nombreux Somaliens expatriés à Toronto, leur voix.

Elle voulait raconter, mais aussi que d'autres personnes relatent leur propre histoire.

Salimah Jivraj, éditrice Halal Foodie
Salimah Jivraj, éditrice Halal Foodie

Salimah Jivraj, éditrice Halal Foodie

Photo : Radio-Canada

Un modèle pour la jeunesse canado-somalienne

Dans un marché du quartier Rexdale, qui comprend une forte communauté somalienne, les pensées étaient tournées vers Hodan Nalayeh samedi. Plusieurs la décrivent comme étant un modèle, notamment pour la jeunesse somalienne.

Hawa Hosh la connaissait ainsi que sa famille. Nous sommes tous choqués, dit-elle. Mme Hosh assure que la journaliste inspirait plusieurs jeunes, qui souhaitent à leur tour aider la communauté comme elle le faisait.

Ils l'aiment parce qu'elle aimait être avec eux, leur raconter la culture, leur dire comment s'habiller à la somalienne. Elle était un modèle.

Hawa Hosh, membre de la communauté somalienne de Toronto
Hawa Hosh, porte un voile vert

Hawa Hosh, membre de la communauté somalienne de Toronto

Photo : Radio-Canada

À côté, les autres commerçantes acquiescent et racontent que les larmes ont beaucoup coulé vendredi soir.

C'est tellement triste, elle n'avait rien fait. Elle ne faisait que du bien autour d'elle, dit Fadumo Ahmed.

Fadumo Ahmed

Fadumo Ahmed

Photo : Radio-Canada

Immigration au Canada

Née en Somalie, Hodan Nalayeh avait passé la majeure partie de sa vie au Canada, d'abord en Alberta, où elle est arrivée avec ses parents et ses 11 frères et soeurs à l'hiver 1984. Son père, ancien diplomate, avait alors trouvé un emploi comme préposé au stationnement.

C'est en 1992 que la famille a déménagé à Toronto. Hodan Nalayeh a obtenu un baccalauréat en arts et communication à l'Université de Windsor avant de se tourner vers un certificat de troisième cycle en journalisme audiovisuel.

Dans son métier de journaliste, elle partageait des articles sur la vie marine en Somalie, les pêcheurs et leur dur labeur. Elle souhaitait ainsi raconter les belles histoires de son pays qui souffre depuis des décennies d'une guerre civile, d'attaques terroristes et de la famine.

Âgée de 43 ans, Hodan Nalayeh était mère de deux enfants. Lors de l'attentat de vendredi, elle a été tuée avec son mari, Farid Jama Suleiman, l'entrepreneur Mahad Nur et au moins 23 autres personnes tandis que 56 autres ont été blessées. Les rebelles islamistes al-Shabaab ont revendiqué l'attentat.

Le ministre canadien de l'Immigration, Ahmed Hussen, a aussi déploré le décès de la journaliste. Il a déclaré dans un message sur son compte Twitter que cette dernière avait mis en lumière les histoires positives et les contributions de la communauté au Canada.

Avec les informations de Charlotte Mondoux-Fournier

International