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Camionneurs recherchés dans l’Est-du-Québec

Un camion lourd circule sur une route. À l'avant-plan, on voit un panneau de vitesse indiquant 55 kilomètres à l'heure.

La pénurie de main-d'œuvre frappe de plein fouet les entreprises de transport de l'Est-du-Québec.

Photo : Radio-Canada

Marie-Jeanne Dubreuil

Affectés par la pénurie de main-d’œuvre qui touche le Québec, les transporteurs de l’Est-du-Québec peinent à recruter des chauffeurs, ce qui complique les processus d'appels d'offres et d'obtention de contrats.

Il y a une pénurie de camionneurs, mais aussi de mécaniciens, de soudeurs, de machinistes et d’autres types de métiers plus traditionnels. Ça devient extrêmement difficile à trouver, surtout de la main-d’œuvre compétente et qualifiée, affirme la directrice de l’entreprise Transports Baie-Comeau, Anne Fournier.

Anne Fournier sourit en répondant aux questions d'une journaliste.

Anne Fournier, directrice de l’entreprise Transports Baie-Comeau

Photo : Radio-Canada

Selon Mme Fournier, le climat devient tendu dans l’industrie. Les transporteurs sont tellement débordés qu'il leur arrive de refuser des contrats.

Avant d'aller en appel d'offres ou de soumettre des prix, il faut toujours penser à ça, [à] notre main-d'œuvre, [à] si on va être corrects. Je vous avouerais que ces temps-ci, on passe notre tour simplement parce qu'on sait qu'on ne pourra pas répondre à nos obligations au niveau de la main-d'œuvre, souligne-t-elle.

Si Mme Fournier estime la situation de son entreprise assez stable pour le moment, elle craint les prochains départs à la retraite des baby-boomers.

Un employé d'une entreprise de remorquage marche en direction de son camion.

La moyenne d’âge des camionneurs au Québec est de 55 ans.

Photo : Radio-Canada

Adaptations nécessaires

Mme Fournier affirme avoir rehaussé les avantages sociaux et les salaires de ses employés pour s’assurer de ne pas les perdre au profit de ses compétiteurs.

Le camionneur va chez le voisin, qui lui propose un salaire. Puis, il revient ici pour demander le même salaire avant de retourner chez le voisin pour demander plus. Ça devient une guerre d’enchères pour les entrepreneurs, illustre-t-elle.

Gros plan sur un camion stationné.

Les compagnies de transport doivent user de créativité pour attirer des recrues.

Photo : Radio-Canada

Revenir aux sources

Certaines entreprises ont également pris l’habitude d’envoyer des porte-parole dans les centres de formation dans l’espoir de joindre directement les futurs camionneurs.

Cette année, j'ai même eu des appels d'entreprises qui voulaient venir à la séance d'information, indique Émilie Sohier, agente de développement pour le service aux entreprises et la formation continue à la Commission scolaire des Phares.

Émilie Sohier répond aux questions d'un journaliste de Radio-Canada.

Émilie Sohier, agente de développement pour le service aux entreprises et la formation continue à la Commission scolaire des Phares

Photo : Radio-Canada

Ces centres de formation peinent cependant eux-mêmes à recruter suffisamment d’étudiants. La situation est même pire dans les régions plus éloignées, selon le directeur du Centre de formation en transport de Charlesbourg, Eddy Vallières.

Chaque année, on voit une baisse. Les listes d'attentes sont moins importantes, on doit intensifier notre publicité également, ajoute Émilie Sohier.

Le Centre de formation professionnelle Rimouski-Neigette semble mieux s’en sortir, nuance Mme Sohier. Selon elle, aucune cohorte n’a été annulée ou reportée dans les dernières années, contrairement à ce qui peut être vu ailleurs dans l’Est-du-Québec.

On a vu la différence, mais pas autant que mes collègues aux alentours, dit-elle.

Un camion-benne est stationné devant le bâtiment de l'entreprise Jean Fournier inc.

Des entreprises de transport se voient dans l'obligation de refuser des contrats.

Photo : Radio-Canada

Les femmes à la rescousse

Selon Eddy Vallières, la solution à cet enjeu passe par un changement de l'image d'un camionneur type. Il croit nécessaire aller chercher plus de retraités, d'immigrants et, surtout, de femmes, qui ne forment que 3 % des camionneurs.

C’est impensable qu’il y ait 51 % de la population qui sont des femmes et qu’il y ait un si faible pourcentage de femmes dans l’industrie, affirme-t-il.

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