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La police britannique accusée de menacer la liberté de la presse

Neil Basu.

Le chef adjoint de Scotland Yard, lors d'une déclaration à la presse le 14 août 2018 à Londres, en Angleterre.

Photo : Getty Images / Jack Taylor

Agence France-Presse

Un avertissement de la police britannique aux médias qui publieraient des documents confidentiels suscite les réactions outrées de journalistes et de personnalités politiques, qui dénoncent une atteinte à la liberté de la presse.

Le chef adjoint de Scotland Yard, Neil Basu, a enjoint vendredi à quiconque – propriétaires, rédacteurs en chef ou éditeurs de médias traditionnels ou sociaux – serait en possession de documents gouvernementaux ayant fuité, de ne pas les publier et de les remettre aux autorités.

La publication de communications ayant fuité, sachant les dégâts qu'elles ont causés ou sont susceptibles de causer, peut constituer un délit pénal, a déclaré M. Basu dans un communiqué annonçant l'ouverture d'une enquête criminelle sur les fuites dans la presse de câbles diplomatiques peu flatteurs à l'égard du président américain Donald Trump, une affaire qui a provoqué la démission de l'ambassadeur britannique à Washington.

Samedi, lors d'une rencontre devant les militants conservateurs à Wyboston, dans le sud-est de l'Angleterre, le favori pour remplacer Theresa May à Downing Street, Boris Johnson, a jugé inconcevable que des journaux ou tout autre média publiant de tels documents fassent l'objet de poursuites.

M. Johnson, lui-même ancien journaliste, a déclaré que la publication de ces documents ne constituait pas à ses yeux une menace pour la sécurité nationale, et que poursuivre des journalistes sur cette base constituerait une atteinte à la liberté de la presse.

Son rival, Jeremy Hunt, a déclaré sur Twitter que le responsable des fuites DOIT répondre de ses actes, mais il a défendu fermement le droit de la presse de publier les documents.

D'autres personnalités politiques ont exprimé leur attachement à la liberté de la presse, comme Bob Seely, député conservateur, qui a invité la police à revoir sa position, redoutant que cela crée un précédent très dangereux.

L'ancien ministre de la Culture, John Whittingdale, s'est aussi opposé à la poursuite de journalistes, estimant qu'ils sont là pour rapporter des histoires, qu'elles soient ou non gênantes pour les personnes qui y sont mentionnées.

L'ancien ministre des Finances, le conservateur George Osborne, aujourd'hui rédacteur en chef du quotidien Evening Standard, a qualifié sur Twitter la déclaration de la police de très idiote et peu judicieuse, incitant Neil Basu à s'en distancier pour conserver [sa] crédibilité.

Tim Shipman, journaliste politique au Times, a aussi dénoncé sur le même réseau social un communiqué de la police sinistre, absurde et antidémocratique.

En revanche, l'ancien ministre de la Défense, Michael Fallon, a soutenu l'appel de la police. Les journalistes doivent être conscients des dégâts considérables qui ont été faits et des dégâts potentiellement encore plus importants pouvant être provoqués par de nouvelles infractions à la loi sur les secrets officiels, a-t-il déclaré à la BBC samedi.

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