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Des allégations d’agressions sexuelles visant deux policiers de Winnipeg cachées au public

Un écusson de la police de Winnipeg.

Les détails de l’incident et les noms des personnes concernées ont été noircis dans les documents donnés à CBC.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Deux policiers du Service de police de Winnipeg ont fait face à des allégations d’agressions sexuelles en 2019, mais aucun de ces cas n’a été porté à l’attention du public.

Dans un cas, l’Unité d’enquête indépendante du Manitoba (UEIM), l’organe de surveillance des corps policiers, n’a pas été prévenue.

Elle l’a été dans l’autre cas, mais l'UEIM n’a pas lancé sa propre enquête. Elle a plutôt surveillé l’enquête menée par le service interne de la police de Winnipeg, qui se penche sur les normes professionnelles.

Les allégations ont été révélées à la suite d’une demande d’accès à l’information faite par le Winnipeg Free Press dont CBC a obtenu copie.

Le 26 février, un centre de communications de la police a reçu une plainte d'une personne soutenant « qu’un policier de la de Winnipeg avait agressé sexuellement [nom noirci dans le document] dans le passé », selon le courriel d’un policier de service qui a ouvert une enquête sur cette plainte.

Le document indique que l’unité des normes professionnelles a contacté des gens au sujet de cette plainte, mais que l'enquête n'a pas eu de suite.

Un porte-parole de l’UEIM confirme ne pas avoir été informé de ces allégations d’agressions sexuelles.

Le porte-parole indique dans un courriel que « dans certains cas, une enquête initiale est utile pour déterminer si une plainte est fondée. Si rien ne vient étayer une plainte, il n’y a rien à rapporter ».

Dans le cas contraire, la loi précise que l’UEIM doit être informée.

La deuxième allégation d’agression sexuelle concernant un policier a été rapportée le 15 mai. Le lendemain, un inspecteur des normes professionnelles a écrit une note au chef Danny Smyth, l’informant que des accusations d’agressions sexuelles pourraient être portées contre un policier.

La note indique que le policier a été suspendu avec solde le 16 mai.

Selon une note interne de l’UEIM, le policier n’était pas au travail au moment des faits allégués et la victime présumée n’a pas été blessée. La note indique aussi qu’au moins un autre policier pourrait avoir été témoin de l’incident et qu’une déclaration sur vidéo a été obtenue.

Les détails de l’incident et les noms des personnes concernées ont été noircis dans les documents.

Le porte-parole de l’UEIM indique que l’organisme ne publie pas de communiqué quand son rôle est de surveiller une enquête faite par un tiers. C’est le directeur civil de l’unité qui décide si l’UEIM doit mener sa propre enquête ou non, selon la loi sur les services de police.

L'obligation de signaler

Le service de Police de Winnipeg n’a pas répondu directement aux questions de CBC/Radio-Canada concernant les deux allégations portées contre ses agents.

« Lorsqu’il est informé des incidents qui répondent aux exigences de la Loi sur les services policiers, le Service de police de Winnipeg en informe l’Unité d’enquête indépendante du Manitoba », a déclaré un porte-parole du service dans un courriel.

Le manque de transparence autour des enquêtes internes sur les policiers reflète une culture de silence plus répandue, communément appelée « code bleu », selon l’avocat Harvey Pollock.

L'avocat a représenté la famille du leader autochtone J.J. Harper, tué par balle par un policier de Winnipeg en 1988. « Il y a une obligation de signaler toute infraction au Code criminel ou à d’autres problèmes éthiques ou moraux », explique-t-il.

Dans le cas où l’UEIM n’a pas été informée des allégations portées contre l’agent de police, M. Pollock se demande si les agents ont dissimulé des informations qui auraient dû être transmises au chef de police.

Selon lui, l’UEIM a le mandat d’enquêter sur ces questions. Donc, si les agents lui cachent ce genre d’informations, ils font obstruction à la justice.

Manitoba

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