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Un film américain controversé sur l'avortement à l'affiche dans trois salles à Ottawa

Photo de l'actrice Ashley Bratcher.

L'actrice Ashley Bratcher interprète le personnage principal du film Unplanned.

Photo : Bande-annonce « Unplanned » (Productions Soli Deo Gloria)

Radio-Canada

Unplanned, le film américain controversé sur l'avortement, est présenté dans trois cinémas d'Ottawa vendredi, et ce, pendant une semaine.

Ce film produit par des groupes chrétiens dépeint l'avortement comme une intervention dangereuse et risquée, ce que dénoncent plusieurs experts et organismes proavortement. Parmi ces critiques, Frédérique Chabot, d'Action Canada for Sexual Health and Rights, croit que le film peut avoir des conséquences néfastes sur des personnes touchées par l'avortement.

Si on véhicule de la désinformation sur l'avortement, si on dépeint cette procédure-là comme étant moralement pas correcte, ou encore, si on en parle comme de quelque chose qui est dangereux, [...] alors que ce n'est simplement pas vrai, il y a un impact sur des gens qui ont eu des avortements, qui vont avoir besoin d'avortement, et les gens qui travaillent dans le milieu de la santé, souligne Mme Chabot.

Josée Laramée, coordinatrice des services d'interventions au Centre d'aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALACS) d'Ottawa, s'inquiète aussi de la diffusion de ce film.

Comment les femmes vont se sentir? Dans la peur, dans la honte, dans la culpabilité? C’est dérangeant, c’est choquant. On est en colère et on est essoufflées, réagit-elle.

Devant cette levée de boucliers, Cineplex a été forcé de s'expliquer.

Dans un communiqué, l'entreprise a indiqué que la décision de projeter le film n'avait pas été prise à la légère.

Vivre dans un pays qui censure le contenu, les opinions et les points de vue de chacun n'est pas un pays dans lequel nous souhaitons vivre, peut-on y lire.

Vendredi après-midi, quelques spectateurs sont allés voir le film.

Responsable des relations avec le gouvernement fédéral à la Coalition nationale pour la vie et activiste antiavortement, Hanna Kepka a trouvé le film très touchant.

Nous parlons d'un film qui n'est pas violent, qui n'est pas sexuellement agressif. Il n'y a aucune raison pour que ce film ne soit pas montré, seulement des raisons idéologiques, explique-t-elle.

Mme Kepka espère que le film permettra de relancer le débat sur l'avortement.

Le fait que nous en parlions en ce moment, ça fait partie du fait qu'il y a de l'intérêt pour cette question, espère-t-elle.

Pour sa part, Mme Laramée juge que c'est un recul. C'est pas juste un film ordinaire. Ça me fait peur.

De l'autre côté de la rivière, à Gatineau, aucun cinéma ne présentera le long-métrage controversé, même si ailleurs au Québec, les Cinémas Guzzo ont choisi de le faire.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Avortement