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Le traversier qui relie Trois-Pistoles aux Escoumins pourrait rester à quai en 2020

Le traversier Héritage 1 entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

Les services du traversier Héritage 1 entre Trois-Pistoles et Les Escoumins pourraient être retardés si des travaux ne sont pas réalisés à temps.

Photo : Radio-Canada/Patrick Bergeron

Miriane Demers-Lemay

Après les problèmes de la traverse Matane–Côte-Nord, c’est au tour de la traverse entre Trois-Pistoles et Les Escoumins de risquer de voir ses services perturbés en 2020. Si des travaux sur la coque ne sont pas réalisés d’ici le mois de mai, le bateau pourrait rester à quai.

Le dixième des plaques d’acier du navire doivent être changées pour respecter les normes, avant que le navire reprenne la mer l’été prochain, selon ce qu'a expliqué le capitaine de l’Héritage 1, Jean-Philippe Rioux, en entrevue à l’émission d’Est en Est.

Ces travaux sont estimés à plus de trois millions de dollars par l’équipe de l’Héritage 1. Une évaluation plus précise des coûts est menée cet été par une firme d’experts. Le coût final devrait être déterminé vers la fin du mois d’août, après un processus d’appels d’offres.

L’entreprise, qui n’est pas subventionnée par la Société des traversiers du Québec (STQ), pourrait investir un montant de 500 000 $, mais serait incapable d’amortir la totalité de la facture.

Point de vue sur une église qui se situe devant le fleuve Saint-Laurent, à Trois-Pistoles. On remarque les montagnes au loin qui trace une ligne d'horizon en hiver.

Le traversier Héritage 1 permet aux usagers de traverser le fleuve entre Trois-Pistoles et Les Escoumins. (Archives)

Photo : Page Facebook/Tourisme Bas-Saint-Laurent

Le gouvernement sait que le projet est sur la table, dit Jean-Philippe Rioux. Une fois qu’on a le coût total, on a un rendez-vous avec le gouvernement pour discuter. Le seul problème que je vois, c’est que parfois, le gouvernement, ce n’est pas le plus rapide.

Si l’investissement n’est pas octroyé avant octobre ou novembre, le navire sera alors remisé dans la marina pour l'hiver et coincé dans les glaces. Il ne sera alors disponible pour la mise aux normes qu’à partir du mois d’avril.

On risque d’être serrés dans le temps, dit le capitaine. En espérant avoir [les investissements] avant, sinon ça risque de nous retarder un peu plus.

Une situation préoccupante

À Trois-Pistoles, la situation du traversier inquiète la Ville.

Ça m’inquiète énormément, dit le maire de Trois-Pistoles, Jean-Pierre Rioux. On en a parlé au conseil municipal samedi passé, des citoyens sont interpellés aussi.

Si Québec dit non ou ne répond pas, on sera pris avec une saison hypothéquée pour 2020, et peut-être même les années suivantes.

Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles

Selon le maire, un arrêt du service du traversier en 2020 aurait des répercussions importantes dans la région.

Tout ce qui est de retombées économiques : tous les visiteurs qui partent de l’Europe, le Canada anglais, les États-Unis, Montréal, qui s’en vont à Tadoussac, ensuite, ils ont un circuit vers la Gaspésie ou le Nouveau-Brunswick, explique le maire.La route sans revenir sur leurs pas, c’est Trois-Pistoles.

Si cette route n’est pas empruntée l’an prochain, c’est tout ce qui est hébergement, alimentation, centres, qui vont y goûter. C’est direct.

Jean-Pierre Rioux, maire de Trois-Pistoles

L'arrêt des services pourrait également signifier la perte de personnel qualifié.

Le danger est le suivant : disons qu’on saute l’année 2020, les gens qui ont des compétences en navigation vont se trouver un emploi ailleurs, explique le maire. Pour l’année 2021, ça va être difficile de trouver des gens qualifiés pour travailler sur le navire.

Une croisière aux baleines à Tadoussac

Une éventuelle interruption de la traverse entre Trois-Pistoles et Les Escoumins pourrait avoir des impacts sur le tourisme dans l'Est-du-Québec, selon le maire de Trois-Pistoles.

Photo : Radio-Canada

Jean-Pierre Rioux ajoute que le coût estimé des travaux sur le navire a doublé en raison de l'imposition de taxes sur l'acier du gouvernement américain.

Là, on lance un signal d'alarme, dit le maire, qui espère que la Compagnie de navigation des Basques puisse recevoir des subventions régulières de la Société des traversiers du Québec (STQ) afin d'assurer les coûts des chantiers maritimes chaque décennie.

Ça serait sécurisant, non pas pour qu’ils financent nos opérations, mais pour qu’ils nous aident à financer les chantiers maritimes, ajoute-t-il, en spécifiant que la compagnie est rentable et peut couvrir ses coûts de fonctionnement.

Un navire qui reste sécuritaire

Même si le navire a été construit il y a plus de 45 ans, son capitaine, Jean-Philippe Rioux, assure qu'il reste très sécuritaire. M. Rioux explique que des investissements de près d’un million de dollars ont permis de changer le système de propulsion du navire.

On a deux moteurs neufs, des hélices neuves, l’électronique dans la timonerie est flambant neuf, tout ce qui reste, c’est la coque du navire, explique le capitaine.

C’est un navire construit en 1973 avec de l’acier canadien, ajoute-t-il. Aujourd’hui, l’acier qu’on trouve sur le marché est de beaucoup moins bonne qualité que l’acier qu’on retrouvait dans les années 1970.

L'Héritage I à quai à Trois-Pistoles

Le dixième des plaques d'acier de L'Héritage 1 devra être remplacé d'ici 2020.

Photo : Radio-Canada

Le capitaine explique que le travail à réaliser sur les plaques d’acier n’est pas visible à l’œil nu. Des tests d’ultrasons ont été effectués et auraient permis de cibler les plaques en acier ayant plus de 30 % d’usure par rapport à leur état initial, qui seraient considérées comme en fin de vie.

Un service important

Le capitaine croit que le bateau demeure très important pour la région.

Les gens de la place l’aiment le bateau, c’est un pilier dans la région.

Jean-Philippe Rioux, capitaine de L'Héritage 1

De la Saint-Jean-Baptiste à la Fête du travail, le navire est toujours plein, observe Jean-Philippe Rioux. Donc ça vaut la peine qu’il soit là, parce que s’il n’était pas là, ces gens-là devraient se trouver un autre endroit pour traverser.

Cet été, le traversier a commencé à naviguer le fleuve quelques semaines plus tôt que prévu pour compenser les interruptions de la traverse Matane–Côte-Nord.

Bas-Saint-Laurent

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