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Comment rendre les transports à T.-N.-L. plus écologiques?

Portrait de Delia Warren, Nick Mercer et Brett Favaro.

Les organisateurs de la conférence Decarbonize NL (de gauche à droite) : Delia Warren, Nick Mercer et Brett Favaro

Photo : Gracieuseté - Brett Favaro

Patrick Butler

Une nouvelle conférence axée sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre cherche des solutions pour rendre les transports à Terre-Neuve-et-Labrador plus écologiques.

C’est évident que les gens commencent de plus en plus à accepter la science des changements climatiques, indique Brett Favaro, un des organisateurs de Decarbonize NL, un nouveau rassemblement qui a eu lieu jeudi et vendredi à Saint-Jean.

Agir et répondre à ce défi devient notre mission personnelle.

90 % des résidents de Saint-Jean conduisent vers le travail

Selon l’Office national de l’énergie, plus du tiers des émissions de gaz à effet de serre de la province proviennent du secteur des transports (Nouvelle fenêtre). Les plus récentes données de Statistique Canada montrent que 90 % des gens à Saint-Jean prennent une voiture pour se rendre au travail et que, de ce nombre, quatre personnes sur cinq effectuent ce déplacement avec leur propre véhicule.

Kirsten Morry, une membre de la commission de transport de Saint-Jean, indique qu’en même temps, l’achalandage des autobus municipaux à Saint-Jean continue de stagner à près de trois millions de déplacements par année.

L'autobus 14 vers l'Université Memorial de Terre-Neuve, à Saint-Jean.

Un autobus municipal à Saint-Jean de Terre-Neuve

Photo : Radio-Canada / Marie Isabelle Rochon

Mais Mme Morry soutient qu’un meilleur service à la clientèle et des réductions d’émissions seraient possibles si Metrobus se concentrait moins sur la couverture de tout le territoire de la région métropolitaine, et plus sur les lignes d’autobus les plus achalandées.

Metrobus opère 22 lignes d’autobus, lui permettant de servir les villes de Saint-Jean, Mount Pearl et Paradise. Mais Mme Morry indique que 60 % des passagers n'utilisent que quatre lignes.

Je pense que c’est assez évident qu’il y a beaucoup de personnes dans cette région qui n’utilisent pas l’autobus, déclare-t-elle. Si l’objectif est d’augmenter l’achalandage, l’objectif devrait être d’augmenter la fréquence des autobus sur ces lignes clés.

Le conseiller municipal Ian Froude fait le même constat.

Si nous ajoutons plus d’autobus ou plus de lignes, mais finalement personne ne prend le bus, nous ne réussissons pas à diminuer nos émissions.

Ian Froude, conseiller municipal

Ian Froude estime que la Ville de Saint-Jean et la province ne réduira jamais les émissions des transports si elle n'arrête pas de créer des lois et de financer des projets d’infrastructures qui priorisent les voitures.

Il indique également qu’il faut fournir des laissez-passer d’autobus gratuits aux jeunes et aux familles à faible revenu pour encourager l’utilisation des transports en commun.

620 M$ sur les voitures, 21 M$ sur les transports en commun

M. Froude indique qu’il y a environ 65 000 véhicules personnels à Saint-Jean et que l’entretien de chaque voiture coûte en moyenne 9500 $ par année. Selon lui, les résidents de la ville dépensent environ 620 millions de dollars annuellement pour l'entretien des automobiles.

À titre comparatif, le budget de Metrobus pour 2019-2020 s’élève à environ 21 millions de dollars.

M. Froude indique que, pour le moment, la Ville ne planifie pas l’électrification de la flotte de Metrobus. Mais plusieurs participants à la conférence soutiennent que le surplus d’énergie renouvelable de la province fait en sorte que Terre-Neuve-et-Labrador est l'endroit idéal pour les voitures électriques.

Des participants assis à des tables. Quatre personnes mènent la discussion au fond de la salle.

Des participants de la conférence discutent des solutions possibles pour améliorer les services de transport à Saint-Jean.

Photo : Gracieuseté - Brett Favaro

Brett Favaro soutient que ces véhicules deviennent de plus en plus rentables et de plus en plus capables de parcourir de longues distances sans avoir besoin d’être chargés.

Seulement 15 points de recharge à Saint-Jean

Selon le site web plugshare.com (Nouvelle fenêtre), il n’y a que 15 points de recharge pour véhicules électriques dans la région de Saint-Jean. Mais le fondateur du groupe Drive Electric NL, Joe Butler, a bon espoir qu’un nouveau partenariat entre Ottawa et la province mènera bientôt à la création d’un réseau de points de recharge provincial.

J’espère que, d’ici l’année prochaine, il y aura un réseau qui traversera la province, affirme-t-il.

M. Butler remarque que Terre-Neuve-et-Labrador devrait copier d’autres gouvernements, comme ceux de l’Islande et de la Norvège, et créer des avantages d’impôts pour des acheteurs de voitures électriques. Il devrait aussi imposer des impôts supplémentaires aux gens qui achètent des voitures énergivores.

En Norvège, soutient-il, presque la moitié des voitures achetées cette année étaient des voitures électriques. En 2018, environ 0,18 % des véhicules à Terre-Neuve-et-Labrador étaient des voitures électriques.

On peut le faire, soutient-il. Mais il faut avoir les bonnes politiques en place.

Avec des informations de CBC

Terre-Neuve-et-Labrador

Changements climatiques