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Trans Mountain : « Les Canadiens, les premiers ministres et les chefs sont divisés », constate Perry Bellegarde

Les dirigeants sont assis autour d'une table rectangulaire.

Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, s'adresse aux premiers ministres et aux dirigeants autochtones de la Première Nation de Big River.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Radio-Canada

Il n'y aura pas « de solutions simples et satisfaisantes pour toutes les parties » dans le dossier de l'expansion du pipeline Trans Mountain, et « l’exclusion du leadership autochtone » ne fera qu’envenimer les choses, a déclaré le chef de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Perry Bellegarde.

Après avoir rencontré 9 des 13 premiers ministres provinciaux lors de la réunion du Conseil de la fédération portant sur le développement économique et les services aux familles autochtones, Perry Bellegarde a réaffirmé la volonté des peuples autochtones de siéger à « toutes les tables décisionnelles » qui abordent les questions divisant l'opinion, comme celle du pipeline Trans Mountain.

Les Canadiens sont divisés, les premiers ministres sont divisés, les chefs sont divisés, a-t-il illustré. J'encourage donc le dialogue, la discussion, le débat, et c’est aux représentants des droits et aux détenteurs de titres de trouver la meilleure façon d’y parvenir.

Source de discorde, le projet d’extension du pipeline Trans Mountain a été approuvé une première fois par le Cabinet en 2017, mais cette décision d'Ottawa a été infirmée par la Cour d'appel fédérale en juillet 2018, en raison « de consultations autochtones inadéquates et d’un processus d'examen environnemental incomplet ».

En juin, le gouvernement libéral, qui a approuvé une seconde fois le projet de pipeline, a finalement annoncé qu'il commencera les rencontres avec les groupes autochtones intéressés par le projet Trans Mountain. Il s’est également dit prêt à vendre jusqu'à 100 % de sa participation aux investisseurs des Premières Nations, Métis et Inuit.

Lorsque vous faites participer les membres des Premières Nations, qu'il s'agisse de l'obligation de consulter, d'accommoder, du consentement préalable libre et éclairé, de l'équilibre entre l'environnement et l'économie; lorsque vous avez des membres des Premières Nations à ces tables, eh bien vous trouvez le bon équilibre.

Perry Bellegarde, Chef de l'Assemblée des Premières Nations

Un boycott partiellement levé

La dernière participation du chef Bellegarde à cette rencontre avec les premiers ministres du Conseil de la fédération remonte à 2016, puisque les dirigeants de l'APN, du Ralliement national des Métis et de l'Inuit Tapiriit Kanatami avaient choisi en juillet 2017 de boycotter ces réunions.

Les représentants des organisations autochtones nationales ne sont invités à ces réunions annuelles que pour discuter des questions autochtones. Or, les Autochtones revendiquent davantage de consultations et de pouvoir décisionnel. L'APN, sans le dire ouvertement, souhaiterait avoir le statut de gouvernement à part entière.

Portrait de Perry Bellegarde

Le chef national de l'Assemblée des Premières Nations, Perry Bellegarde, lors de la rencontre des premiers ministres et des dirigeants autochtones à Big River First Nation, en Saskatchewan, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Afin d'expliquer sa présence à la réunion cette semaine, Perry Bellegarde a mentionné l'adoption récente de la loi C-92 permettant aux groupes autochtones d'assurer le contrôle des services à l'enfance et à la famille dans leurs collectivités. Un projet de loi qui a été élaboré avec la participation des Premières Nations.

Il a également indiqué que cette rencontre avec les premiers ministres provinciaux était une première étape, représentant « les efforts déployés par l'APN pour que les dirigeants autochtones soient traités sur un pied d'égalité lors des prochaines réunions des premiers ministres provinciaux ».

Nous continuons d'essayer de prendre des décisions lors de ces pourparlers. Lorsqu'il y a des tables de concertation entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, il y a besoin de la voix des peuples autochtones. Je vais donc continuer à faire pression pour cela et à l'encourager.

Perry Bellegarde, Chef de l'Assemblée des Premières Nations

Le chef de l’APN ne s’est toutefois pas engagé à assister à la réunion des premiers ministres provinciaux l’an prochain.

Des positions mitigées

Le Ralliement national des Métis (RNM), qui a décliné une invitation à la conférence des premiers ministres de l'Ouest tenue le mois dernier à Edmonton, a tenu à poursuivre le boycott et n'était pas représenté à la réunion de cette semaine.

Le président de l'Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed était également absent. Bien qu'un représentant de l'organisation ait attribué son absence à un problème de « calendrier ».

Le chef Robert Bertrand du Congrès des peuples autochtones (CPA), qui représente les Autochtones vivant hors réserve, la présidente intérimaire de l'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC), Gail Paul, ainsi que le chef Bobby Cameron, de la Federation of Sovereign Indigenous Nations (FSIN), une organisation des Premières Nations de la Saskatchewan, ont pour leur part assisté à la réunion, affirmant qu'il est important de « maintenir des voies de communication ouvertes avec les provinces ».

Un homme habillé en tenue traditionnelle de pow-wow danse devant les dirigeants alignés face à lui.

Un danseur des Premières Nations se produit devant les premiers ministres provinciaux et les dirigeants autochtones à Big River.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Absence de certains premiers ministres

Quatre des 13 premiers ministres provinciaux du Canada conviés à cette réunion avec les Premières Nations n’y ont pas assisté, soit le premier ministre de l'Ontario Doug Ford, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador Dwight Ball, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse Stephen McNeil et le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard Dennis King.

Doug Ford était représenté par son ministre des Affaires autochtones Greg Rickford. Le bureau de Ford a indiqué que le premier ministre prévoyait rencontrer les dirigeants autochtones « de façon informelle lors d'une réception plus tard dans la journée ».

Dwight Ball et Stephen McNeil ont quant à eux invoqué des « problèmes d'emploi du temps et de déplacements ».

Avec les informations de CBC

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