•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le projet du Centre national du patrimoine métis reçoit un coup d'accélérateur du fédéral

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, lors d'une conférence de presse.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a annoncé vendredi un investissement fédéral de plus de cinq millions de dollars pour le Centre national du patrimoine métis à Winnipeg.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le tout premier Centre national du patrimoine métis à Winnipeg, en projet depuis 15 ans, reçoit une enveloppe de plus de 5 millions de dollars d’Ottawa pour permettre sa construction.

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a annoncé vendredi l’investissement fédéral pour le centre à Winnipeg.

Le bâtiment présentera les contributions du peuple métis au développement du Canada.

« Bien que Louis Riel ait joué un rôle de pivot dans notre histoire, le Centre du patrimoine c’est l’histoire du peuple métisse », explique le président de la Fédération des métis du Manitoba (MMF), David Chartrand.

Il ajoute que « certains Manitobains ne savent pas qui nous sommes. Comment se fait-il? C’est triste ».

« La communauté métisse se trouve du nord-ouest de l’Ontario jusqu’à l’Alberta. Il s’agit de représenter un groupe autochtone de notre région. On va raconter les plus de 300 ans d’histoire métisse. On est les fondateurs de la communauté qui existe aujourd’hui », ajoute le vice-président pour la région de Winnipeg, André Carrière.

Dans un communiqué présentant l’annonce, le centre est qualifié de « clé dans le chemin de la réconciliation », mais n’indique toutefois pas où il sera bâti.

« Il est de notre responsabilité en tant que gouvernement et chefs métis d’éduquer les Canadiens concernant ceux qui ont longtemps été les personnes oubliées », a déclaré la ministre Carolyn Bennett.

« Le centre est un rêve de la Nation métisse de longue date. C’est bien plus qu’un établissement pour accueillir des expositions. Il s’agit de ramener à la maison les artefacts métis. Particulièrement ceux que la GRC conserve pour la Nation métisse jusqu’à ce qu’il y ait un endroit sûr pour les accueillir », a ajouté la ministre.

Elle se félicite également d’un travail fait en collaboration avec la Fédération métisse du Manitoba.

Un bon début

De son côté, l’historien et ex-directeur du musée de Saint-Boniface, Philippe Mailhot, se félicite de la mise en branle du projet.

« Je suis encouragé par le fait qu’il s’agisse de parler des familles métisses et des événements comme la bataille des sept chênes. Dans beaucoup de musées, on parle des métis, mais avoir un musée dédié et dirigé par les métis ça permet à ces communautés de raconter leur histoire et de mieux contrôler leur message », précise-t-il.

Il ajoute que selon lui, la direction du projet est suffisamment équilibrée pour éviter tout risque de « propagande ».

« Le Louis Riel Institute fait partie de l’association avec la MMF sur ce projet. La MMF est une organisation politique, mais le Louis Riel Institute est motivé par le patrimoine », explique-t-il.

Philippe Maillot reste néanmoins prudent sur la solidité financière du projet.

« Cinq millions c’est bien pour démarrer l’affaire, mais ce genre de centre, ça coûte à maintenir et à gérer. Même des petites institutions ça coûte près de 150 000 $ par année en gestion », avertit-il.

Réunir les artefacts

Pour établir son musée, la MMF devra néanmoins réunir des objets éparpillés au pays. Certains sont gardés au niveau fédéral et par la GRC, d’autres dans des musées.

« Par le passé, la MMF a été assez gentille pour prêter certains de leurs objets au musée de Saint-Boniface où ils sont en exposition. C’était entendu que le jour où ils auraient leur propre musée alors ces objets retourneraient chez eux », souligne Philippe Mailhot.

Il ajoute cependant que tous les musées n’ont pas ce genre d’entente.

« Tout dépend la façon dont les musées ont récupéré les objets. Si c’est de façon irrégulière, c’est une chose, mais si c’est un don d’une famille métis, alors il faut respecter l’entente », souligne-t-il.

5 millions $ pour un futur centre du patrimoine métis à Winnipeg

Un travail de longue haleine

Cela fait près de 15 ans que le Centre du patrimoine est dans les cartons, depuis la fin d’une étude de faisabilité et un plan d’affaires en 2005.

À l’époque, les locaux avaient été estimés à un minimum de 20 millions de dollars pour une construction de 40 000 pieds carrés. L’ambition était d’achever la construction pour 2008 au parc Bonnycastle, à l’angle de l’avenue Assiniboine et de la rue Main.

Toutefois, les représentants de la Ville de Winnipeg avaient déclaré ne pas avoir été approchés pour la réalisation d’un tel projet sur le terrain municipal.

En 2015, le gouvernement fédéral annonçait un investissement de près d'un million de dollars pour une construction prévue dans le Parc provincial d'Upper Fort Garry.

En 2017, le gouvernement fédéral et la Gendarmerie royale du Canada avaient accepté de rendre une série d’artefacts en rapport avec le chef Métis Louis Riel : son crucifix, un couteau et un livre de poésie.

Ces derniers devaient alors être remis au peuple métis en 2018, quand que le Centre du patrimoine était censé ouvrir ses portes.

Pour l’heure, la MMF discute avec la Ville de Winnipeg pour trouver un emplacement pour le centre du patrimoine.

« Le centre pourrait être à Upper Fort Garry. C’est là que j’aimerais qu’il soit. Je travaille dessus. Sinon, on parle avec le maire Brian Bowman pour Bonnycastle », précise David Chartrand.

Selon André Carrière, la MMF fait pression auprès de la Ville pour pouvoir ouvrir les portes du Centre national du patrimoine métis en 2020.

Manitoba

Autochtones