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Le rêve d'une forêt nourricière se concrétise pour Shayne Dubé

Un homme pose sur sa terre, souriant, les mains sur les hanches.

Shayne Dubé réalise son rêve en ouvrant Les fruits de la Forêt du Nord, où on peut faire l'auto-cueillette de camerises.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Lise Millette

Caché en retrait du rang de la Rivière-des-Quinze, que les gens surnomment le «chemin de l'Hydro», à Notre-Dame-du-Nord, Shayne Dubé a ouvert pour la première fois à l'autocueillette son champ de camerises. Des plants de petits fruits bleus, qui ressemblent à des bleuets allongés, il en compte 8500.

Depuis que j'étais petit, je rêvais d'avoir une terre à bois pour me faire un gros jardin, confie Shayne Dubé, propriétaire de l'entreprise Les fruits de la Forêt du Nord.

À 29 ans, il a développé six hectares en culture, et projette doubler cette superficie. La camerise y occupe une place de choix. Pour optimiser sa récolte, il a opté pour plusieurs variétés afin de favoriser une pollinisation croisée. Sur place, on retrouve des plants de camerises des cultivars Lazurnaya, Aurora, Indigo, Boréal Beauty, Boréal Beast.

Mais je n'aurai pas que de la camerise. Je veux avoir aussi des framboises, des groseilles, des cerises, des fines herbes, du thé du Labrador. Je veux ramasser ce que la forêt me donne, résume-t-il.

Une nouvelle vie après la coupe forestière

Le terrain où poussent camerises et petits fruits est un ancien site d'exploitation forestière. Les arbres ont été récoltés et la nature sauvage avait repris ses droits en friche.

Tout a été coupé il y a une quinzaine d'années. J'ai dû tout défricher et retravailler le sol pour la préparation des camerises. Il n'y en avait pas dans la région, alors je me suis dit que ce serait un plus.

De descendance micmaque, Shayne Dubé habite maintenant à Notre-Dame-du-Nord. En 2013, il a fait l'acquisition de son terrain et a suivi une formation en horticulture au Centre Frère Moffet de Ville-Marie au Témiscamingue. Les connaissances acquises lui ont été fort utiles dans ses débuts et il en a profité pour partager son expérience avec d'autres étudiants par la suite.

Je suis allé les voir pour offrir des stages. J'ai eu des stagiaires pour aider au désherbage et j'ai aussi pu leur montrer les systèmes d'irrigation, précise Shayne Dubé.

Des camreises sur un plant.

Les camerises sont au coeur de l’autocueillette aux Fruits de la Forêt du Nord.

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

La jeune entreprise a demandé de l'huile de coude et de nombreux efforts. Shayne Dubé reconnaît avoir fait plusieurs essais, quelques erreurs, mais il estime avoir beaucoup appris dans le processus.

Au début, je n'avais pas de tracteur. J'avais patenté un outil attelé à un quatre roues, par la suite je me suis équipé, raconte-t-il.

Cette année, les plants sont généreusement garnis, mais déjà, il rêve aux prochaines récoltes. Les arbustes ont entre un et deux pieds de hauteur. Ils peuvent atteindre jusqu'à 1,5 mètre selon les données du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ).

Dans quelques années, je vais pouvoir fournir des chaises aux gens qui pourront s'asseoir devant leur plant et remplir leur panier!, lance-t-il en riant.

L'intérêt pour cet étrange petit fruit a attiré des curieux. La récolte des camerises dans les terres de Shayne Dubé pourrait avoir été complétée d'ici la prochaine semaine.

Abitibi–Témiscamingue

Agriculture