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Non, une femme de Lévis n'a pas été droguée à l'aide d'une carte professionnelle

Un homme donne une carte professionnelle à une femme.

Ce canular circule depuis au moins 2008.

Photo : iStock / Radio-Canada

Jeff Yates

Des milliers d'internautes ont partagé une publication qui affirme qu'une dame s'est fait droguer à l'aide d'une carte professionnelle dans une station-service. Or, cette histoire ne s'est jamais produite et il s'agit d'un canular vieux d'au moins 11 ans.

Une publication devenue virale sur Facebook donne des détails sordides sur une histoire qui a supposément eu lieu à Lévis. L'histoire veut qu'une femme ait rencontré dans une station-service un homme qui lui a remis sa carte professionnelle. Presque immédiatement après, elle se serait sentie étourdie et aurait vu des hommes qui semblaient vouloir l'attaquer. Selon la publication, elle aurait réussi à les éloigner en appuyant sur le klaxon de son véhicule.

On explique que la carte professionnelle contenait une drogue, le « burundanga », et que celle-ci est « quatre fois plus dangereuse que la drogue du viol ».

« Prenez garde et assurez-vous de ne pas accepter des cartes d'un inconnu sur la rue et d'autant plus si vous êtes seule. Ceci s'applique à ceux qui font des visites à domicile et qui vous glissent une carte quand elles offrent leurs services », explique-t-on, avant d'inviter les internautes à envoyer le message à toutes les femmes de leur entourage.

La publication a été partagée quelque 12 000 fois avant d'être supprimée, mais d'autres publications contenant le même texte circulent toujours.

Cette histoire n'a jamais eu lieu à Lévis, confirme le service de police de cette ville. « Aucun événement de la sorte ne nous a été rapporté. Il s'agit d'un canular », nous a-t-on répondu.

Un canular qui a au moins 11 ans

En fait, ce texte circule sur le web depuis au moins 2009. Déjà, cette année-là, le même texte circulait par courriel (Nouvelle fenêtre). On affirmait alors que le drame avait eu lieu au Pâquis, un quartier de Genève, en Suisse. D'autres versions ont aussi circulé, affirmant cette fois-ci que l'événement a eu lieu à Kansas City, au Missouri, et dans le comté d'Essex, au Royaume-Uni.

C'est d'ailleurs là qu'a vraisemblablement pris son envol cette histoire (Nouvelle fenêtre), en 2008. Un enquêteur de la police locale, Simon Lofting, avait reçu un avertissement du genre, et l'avait transféré à des collègues pour vérifier si l'histoire était vraie. Or, le courriel a fuité, ce qui a donné plus de crédibilité au canular. Des gens du public croyaient que les services policiers cherchaient à mettre en garde la population. « Toute cette histoire est un canular, ça a été prouvé », a affirmé M. Lofting au site de vérification Snopes, qui traque le canular depuis 2008.

Étrangement, la même chose s'est produite en Suisse, où un jeune policier a fait circuler par erreur le courriel (Nouvelle fenêtre) à partir de son adresse professionnelle.

Qu'en est-il de cette substance, le « burundanga »? Elle existe vraiment, mais son nom médical est la scopolamine. Elle est entre autres utilisée pour traiter la nausée et le mal de mer. Il semble qu'elle ait vraiment été utilisée comme drogue du viol ou pour neutraliser des victimes de vol, mais elle est généralement mise dans une boisson ou encore soufflée sur le visage de la victime (Nouvelle fenêtre).

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