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Le sort du vin québécois en épicerie débattu lundi à l'OMC

Les vins d'épicerie, un marché de 300 millions de dollars

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

L'Organisation mondiale du commerce (OMC) se penchera lundi sur une plainte de l'Australie contre le système de distribution des vins canadiens. Une décision défavorable pourrait remettre en question l’accès privilégié des vins québécois aux épiceries et aux dépanneurs.

La plainte a été déposée par l’Australie en janvier 2018 et vise non seulement le Québec, mais aussi la Colombie-Britannique, l’Ontario et la Nouvelle-Écosse.

Canberra se plaint que les politiques de ces provinces canadiennes sont discriminatoires à l'endroit des vins importés. L'Australie, qui produit le vin le plus vendu au Québec, remet notamment en question certaines mesures entourant la distribution, les licences et les politiques d'accès au marché.

Je ne peux pas croire que les accords internationaux puissent empêcher un petit vignoble comme le vignoble québécois d'essayer de dépasser 1 % du marché chez eux.

Yvan Quirion, président du Conseil des vins du Québec

« Si c'est le cas, on ne se laissera pas faire », assure-t-il.

Mais selon Michel Librowicz, professeur à l’École des sciences de la gestion de l’Université du Québec à Montréal, l’Australie pourrait avoir gain de cause.

Ce n'est pas une cause spécifiquement dirigée contre les producteurs québécois, affirme-t-il. Ça a été tout d'abord évoqué contre la Colombie-Britannique.

Mais le principe, c’est que tous les produits doivent avoir le même traitement. On ne peut pas en favoriser un au détriment d’un autre, explique-t-il.

Un marché « minuscule »

Au Québec, la loi 88, qui permet aux vins locaux d'être vendus [directement] dans les dépanneurs et les supermarchés, est jugée discriminatoire parce qu'il y a juste les vins québécois qui ont cette liberté, alors que les autres pays ne l'ont pas, précise de son côté Frédéric Laurin, professeur d'économie à l’Université du Québec à Trois-Rivières.

On avait espoir qu'il n'y ait pas de plainte parce que le marché des vins québécois est tellement minuscule, ajoute M. Laurin.

L'Australie, qui écoule 28 millions de bouteilles rien qu'au Québec, souhaiterait pouvoir vendre son vin directement dans le réseau de l’alimentation sans passer par les sociétés d'État, comme la Société des alcools du Québec (SAQ).

Selon le rapport annuel de la SAQ, la part de marché des vins australiens dans le réseau de vente québécois était évaluée à 6 % pour l'exercice 2016-2017.

La viticulture québécoise a fait face à nombreux obstacles de mises en marché dans les dernières années. La production locale est maintenant de 2,3 millions de bouteilles, soit moins de 1 % du marché québécois.

Si l'Australie gagne, le Canada sera obligé d’ouvrir les canaux de distribution aux vins australiens. Ça va s'appliquer immédiatement et automatiquement aux vins en provenance d'autres pays.

Michel Librowicz, professeur à l’École des sciences de la gestion de l'UQAM

Une décision défavorable de l'OMC risque d’obliger les vins québécois à sortir des marchés d’alimentation, ce qui représenterait un coup dur pour la majorité des vignerons québécois qui sont trop petits pour vendre à la SAQ.

Ce n'est pas des gros volumes, mais c'est de la survivance dans leur cas, explique M. Quirion. Ça leur permet d’être rentables et d'avoir du financement par une banque. Si on perdait cet accès-là, on aurait des vignerons qui feraient faillite.

Avec les informations de Michel Marsolais

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