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Les paniers de légumes bios ont la cote

Les propriétaires des Jardins de Sophie tiennent un panier de légumes.

François Tremblay et Sophie Gagnon sont propriétaires des Jardins de Sophie.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Priscilla Plamondon-Lalancette

Le mouvement des paniers de légumes biologiques est florissant au Québec. Économie locale, lutte contre les changements climatiques, virage zéro déchet et alimentation saine : les motivations des consommateurs sont nombreuses pour faire venir la ferme à eux.

Ça répond aux besoins de la population d’avoir des produits locaux, des produits frais, de s’approvisionner à proximité d’où ils demeurent, explique la propriétaire des Jardins de Sophie, Sophie Gagnon.

Il y a vraiment un très beau mouvement en ce moment.

Sophie Gagnon, maraîchère
Une employée récolte des rabioles.

Chaque légume est fraîchement récolté juste avant d'être acheminé aux clients des fermiers de famille.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Lorsque l’idée des paniers bios a germé entre fjord et montagne à Saint-Fulgence en 2001, 15 ménages ont encouragé les nouveaux fermiers de famille. Dix-huit ans plus tard, ce modèle d’agriculture soutenue par la communauté porte ses fruits. Deux cents familles sont abonnées à la formule hebdomadaire des Jardins de Sophie.

C'est 500-600 personnes à nourrir au final. Ça fait beaucoup de monde. J’expliquerais ça dans un mouvement global de réveil ou de conscience au Québec.

Sophie Gagnon, maraîchère
Une panier rempli de légumes colorés.

Plusieurs variétés de légumes sont déjà prêtes au début du mois de juillet.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Les légumes frais cueillis du jour ou de la veille sont livrés deux fois par semaine. Les paniers sont composés de classiques comme la carotte, le brocoli, le chou-fleur, la laitue, les échalotes, les tomates et les radis, mais aussi de produits à découvrir comme le chou chinois, le panais ou le céleri rave.

Une pancarte en bois à l'entrée de la ferme sur laquelle on peut lire Les Jardins de Sophie.

Les Jardins de Sophie ont vu le jour en 2001 à Saint-Fulgence au Saguenay.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Pour la première fois cette année, Les Jardins de Sophie ont atteint leur capacité de production maximale. Plutôt que de presser le citron, les propriétaires vont continuer de miser sur la qualité.

On a atteint notre vitesse de croisière. On vise maintenant la diversité. On veut bonifier l’expérience plutôt que de grossir en volume, assure la productrice.

Des clients aux petits oignons

Les consommateurs de paniers de légumes sont de plus en plus nombreux et leur appétit est grandissant comme en témoigne ce couple qui encourage les fermiers de famille depuis deux ans.

On a pris le panier familial alors qu’on est juste deux. On en veut plus qu’on en avait l’an passé.

Guillaume Thibert, client

Je pense que tout le monde devrait faire ça. Il y a vraiment une grosse différence par rapport à ce qu’on a à l’épicerie qui vient des États-Unis, du Mexique et de l’autre bout du monde. Ce sont vraiment des bons légumes frais.

Sarah Létourneau, cliente
Une femme met des légumes dans un sac.

Deux cents familles saguenéennes vont chercher leur panier de légumes les mardis et les jeudis au point de collecte des Jardins de Sophie.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Les habitués comme Denise Bergeron, qui vient chercher son panier au point de collecte depuis cinq ans, se réjouissent de l’engouement pour les paniers bios.

Tant qu’à moi il y en aurait plus que ça. Ça me désole un peu quand je vais à l’épicerie ces temps-ci et que je vois des framboises de Californie. Je trouve que nos épiceries ne mettent pas assez les fruits et légumes d’ici en avant. J’ai recours aux paniers parce que ce sont de meilleurs légumes tout simplement. Il n’y a pas d’emballage. Quand j’arrive avec ma commande chez moi, je n’ai pas de déchets, raconte-t-elle.

Une mère et ses enfants choisissent une botte de fleur d'ail.

Les abonnés peuvent opter pour le panier en format « duo » ou « familial ».

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Celle qui a grandi sur une ferme croit que le prix plus élevé de ces denrées vaut son pesant d’or.

Faire vivre quelqu’un proche de chez soi, c’est mieux que de faire vivre l’industrie dans les champs américains. Alors, moi, je suis prête à payer un peu plus cher.

Denise Bergeron, cliente

Des fermes qui poussent comme des champignons

La productrice Sophie Gagnon estime que l’enthousiasme du public se fait davantage sentir depuis deux ou trois ans.

La publication du livre Le jardinier-maraîcher de Jean-Martin Fortier y est pour beaucoup, selon elle, puisqu'il a incité la génération montante à se lancer dans l'agriculture biologique.

Une employée lave des rabioles.

Samuelle L'Écuyer-Pilon vient de compléter le programme en Gestion d'entreprises agricoles au Cégep de Victoriaville. Elle parfait ses connaissances aux Jardins de Sophie.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Il y a beaucoup de jeunes qui démarrent des fermes au Québec. Des fermes spécifiquement de paniers ou de maraîchage diversifié.

Sophie Gagnon, maraîchère
Des bacs remplis de choux-rave, rabioles et brocolis.

Les clients peuvent eux-mêmes sélectionner les légumes qu'ils mettent dans leur panier.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

S’il y a maintenant près d’une dizaine de fermes d’agriculture soutenue par la communauté au Saguenay, le réseau de fermiers de famille d’Équiterre regroupe 145 fermes biologiques au Québec. 

Des employées récoltent la laitue qui sera distribuée aux clients.

Les employées récoltent les pommes de laitue qui seront distribuées dans les paniers de légumes.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Au fil des ans, plusieurs employés des Jardins de Sophie ont d’ailleurs peaufiné leurs techniques agricoles dans la vallée de l’Anse à Pelletier avant de partir leur propre exploitation.

En étant un peu une ferme modèle, on reçoit des étudiants stagiaires de différentes écoles d’agriculture au Québec. Certains d’entre eux ont démarré leurs propres entreprises. Donc on se sent un peu comme une pouponnière d’entrepreneurs maraîchers ou d’herboristes. C’est vraiment stimulant pour nous.

Sophie Gagnon, maraîchère

Un chef à la ferme

En complément aux paniers de légumes, Les Jardins de Sophie se sont associés cette année au chef cuisinier Louis Boivin pour mettre leurs produits en valeur.

Le chef Louis Boivin prépare de la fleur d'ail.

Le chef Louis Boivin concocte des recettes avec de la fleur d'ail.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

C’est du bonheur à vendre. Le but du cuisinier, c’est de faire apprécier la nature.

Louis Boivin, chef à la ferme

Le chef à la ferme transforme chaque semaine un légume qui génère des surplus. Qu’il s’agisse d’un concentré de potage à l’ortie, d’une marinade de fleurs d’ail façon cornichon ou encore d’un pesto de fleur d’ail, ses préparations toutes simples contribuent à faire découvrir des aliments méconnus ou boudés aux abonnés des paniers.

Pour aider les clients à mieux l’intégrer dans leur alimentation, on leur offre un clé en main avec une recette, explique Sophie Gagnon.

Un pot de purée d'ortie et une feuille avec une recette de potage.

Les clients des Jardins de Sophie peuvent acheter des légumes transformés lorsqu'ils vont chercher leur panier. Cette purée d'ortie peut être utilisée pour concocter un potage.

Photo : Radio-Canada / Priscilla Plamondon Lalancette

Les légumes se cultivent maintenant en région. Avant, c’était inaccessible. Il y avait soit des patates, soit des carottes. C’était assez simple. Alors que là, il y a beaucoup de variétés pis les gens se rendent compte que c’est aussi ça la vraie valeur, souligne le chef.

Saguenay–Lac-St-Jean

Agriculture