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Affaire Epstein : le secrétaire américain au Travail démissionne

Alexander Acosta était présent aux côtés du président américain Donald Trump lorsque ce dernier a annoncé sa démission vendredi matin, à la Maison-Blanche.

Photo : AFP/Getty Images / BRENDAN SMIALOWSKI

Radio-Canada

La tourmente engendrée par les accusations d'exploitation sexuelle de mineures déposées cette semaine contre le riche homme d'affaires Jeffrey Epstein vient d'emporter le secrétaire américain au Travail, Alexander Acosta.

L'homme de 66 ans a annoncé vendredi sa démission, qui prend effet dans une semaine, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président américain Donald Trump dans le jardin de la Maison-Blanche.

M. Acosta a expliqué qu'il ne voulait pas que le travail accompli par son département soit entaché par toutes les questions dont il est bombardé depuis que les accusations contre M. Epstein ont été déposées.

J’ai accepté de servir [comme secrétaire au Travail] afin de mettre en œuvre votre agenda. Votre agenda […] doit éviter  toute distraction.

Extrait de la lettre de démission d'Alexander Acosta

Le président Trump a assuré qu'il n'avait pas demandé sa démission et a louangé le travail qu'il a accompli. Il a annoncé par la même occasion que M. Acosta sera remplacé jusqu'à nouvel ordre par son adjoint, Patrick Pizzella.

M. Acosta a été accusé d'avoir offert un accord en justice jugé trop favorable à Jeffrey Epstein, en 2008, lorsque le financier a fait face à une première série d'accusations pour des crimes sexuels. Il était alors procureur fédéral en Floride.

Soupçonné d'avoir agressé une quarantaine d'adolescentes, ce qui aurait pu lui valoir une peine de prison à vie, M. Epstein a finalement plaidé coupable à une accusation réduite d'avoir sollicité les services sexuels d'une mineure.

La photo de Jeffrey Epstein est montrée du doigt par le procureur Berman.

Le procureur fédéral du district sud de l'État de New York, Geoffrey Berman, a expliqué lundi les accusations déposées contre l'homme d'affaires Jeffrey Epstein.

Photo : Getty Images / Stephanie Keith

Il a été condamné à 18 mois de prison, mais en a servi 13. Il était cependant autorisé à quitter le centre de détention pendant 12 heures, six jours sur sept, pour aller travailler. Son nom a aussi été inscrit au registre des délinquants sexuels.

Les vestiges de cette affaire nuisent à cet homme, et je déteste voir cela se produire. [...] Alex Acosta a été un grand secrétaire au Travail.

Donald Trump, président des États-Unis

Sa gestion de l'affaire

Jeudi, M. Acosta avait donné une longue conférence de presse pour défendre sa gestion de l'affaire. Notre but était clair : mettre Epstein en prison, nous assurer qu'il soit inscrit sur la liste des délinquants sexuels, donner aux victimes les moyens de demander réparation, a-t-il expliqué.

Il avait refusé d'offrir des excuses ou d'exprimer des regrets, et avait fait valoir que les temps avaient changé. Douze ans après les faits, nous vivons dans un monde différent, a-t-il plaidé. Le monde d'aujourd'hui traite les victimes très différemment.

Mardi, Alexander Acosta avait déclaré sur Twitter que les crimes allégués de M. Epstein étaient horribles, et qu'il se réjouissait que de nouvelles preuves l'obligent à répondre de ses gestes de façon plus complète devant la justice.

Le président Trump est pour sa part demeuré nébuleux sur ses liens avec M. Epstein. Il a dit qu'il s'était brouillé avec lui il y a une quinzaine d'années, sans donner plus de détails.

Un remplaçant qui défendait le travail inhumain

À la suite de la démission du secrétaire Acosta, ce sera au tour de son adjoint, Patrick Pizzella, d'occuper le poste, du moins de façon temporaire.

Or, des documents révèlent que M. Pizzella a travaillé, durant les années 1990, en compagnie du lobbyiste déchu Jack Abramoff pour défendre les exemptions offertes au territoire américain des îles Marianne du Nord, dont les usines de confection de vêtements n'avaient pas à respecter le salaire minimum légal et les lois en matière d'immigration en vigueur aux États-Unis.

On trouvait donc, dans ces usines, des conditions de travail particulièrement dégradantes, les emplois étaient généralement occupé par de nouveaux arrivants ne connaissant pas leurs droits.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et Mother Jones

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