•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une nouvelle espèce invasive de poisson dans le canal Rideau

Un homme tient un petit poisson dans la paume de sa main au-dessus d'un seau d'eau.

Le gobi arrondi se serait retrouvé au Canada par l'entremise de bateaux commerciaux venus d'outremer.

Photo : Jean Delisle/CBC

Radio-Canada

Le gobi arrondi, un poisson jugé invasif, a fait son apparition dans le canal Rideau à Ottawa. Des chercheurs de l’Université Carleton tentent de savoir comment cette espère est arrivée sur les lieux et comment s’en débarrasser.

Le petit poisson de quelques centimètres – originaire de la mer Caspienne, en Asie centrale – pourrait atteindre la rivière des Outaouais, ce qui inquiète les scientifiques de la région.

Des gobis arrondis ont d’abord été retrouvés aux écluses Edmonds, à Smith Falls. Lorsque le canal a été vidé à cet endroit, 17 spécimens ont été repérés.

Cette découverte a attiré l’attention de chercheurs de l’Université Carleton, notamment de Jordanna Bergman.

Dès qu’une espèce invasive s’établit quelque part, c’est relativement impossible de l’éradiquer, explique l’étudiante au doctorat affiliée au Laboratoire Cooke d’écologie des poissons et de physiologie de la conservation.

Une espèce déjà répandue dans les Grands Lacs

L’équipe de Mme Bergman, composée de trois personnes, a repéré 11 gobis en aval de l’écluse. Il y a de fortes chances que des poissons se retrouvent aussi en amont.

Le gobi arrondi n’est pas nouveau au Canada : sa présence a été documentée dans le lac Ontario dès 1998. Ces poissons seraient arrivés par l’entremise d’eau de ballast de certains navires commerciaux.

Les gobis posent problème, car ils sont plus agressifs que les espèces indigènes avec qui ils rivalisent pour les mêmes ressources limitées. Ils ont aussi tendance à manger les œufs d’autres poissons, ce qui a des répercussions négatives sur les populations.

Les chercheurs ottaviens étudient aussi les mouvements de population de la carpe commune — une autre espèce invasive — et de deux espèces natives, soit le grand brochet et l’achigan à grande bouche.

En comprenant mieux leurs déplacements, ils espèrent optimiser le mouvement d’espèces indigènes et minimiser celui d’espèces invasives.

Un envahisseur difficile à traquer

Les méthodes traditionnelles pour capturer et marquer des poissons ne sont pas efficaces pour les gobis arrondis. Comme les gobis sont nouveaux dans l’écosystème, nous pensons qu’il y en a une moins grande densité. Les méthodes plus conventionnelles fonctionnent dans les zones à forte densité de poissons, explique Mme Bergman.

Les trois chercheurs sont debout dans la partie peu profonde d'un plan d'eau.

De gauche à droite : Jordanna Bergman, Brenna Gagliardi et André Kileen, qui tient la « canne à pêche électrique ».

Photo : Jean Delisle/CBC

L'équipe de l'Université Carleton utilise comme outil une canne à pêche électrique. Le long bâton avec un embout métallique permet d’envoyer dans l'eau de faibles décharges électriques. Ces chocs paralysent temporairement les poissons sans leur faire de mal; ils peuvent ainsi être capturés et marqués.

Les chercheurs ont pu trouver un gobi lors de leur première journée sur le terrain. Ils lui ont apposé une balise qui permettra de suivre sa progression pendant 87 jours. Si nous voulons voir s’ils passent au travers des écluses, voilà notre chance. Nous en avons capturés à temps, se réjouit Mme Bergman.

D'après les informations de Robyn Miller de CBC

Ottawa-Gatineau

Faune et flore