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Propos controversés de John McCallum : les conservateurs interpellent le SCRS

L'ancien ambassadeur canadien en Chine John McCallum.

Les conservateurs demandent au SCRS d’examiner si les actions de l’ancien ambassadeur John McCallum représentent une menace à la sécurité du Canada.

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Louis Blouin

Des propos jugés « très troublants » de l’ex-ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, continuent de faire des vagues à Ottawa. Dans une lettre dont Radio-Canada a obtenu copie, les conservateurs demandent au Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) d’examiner si les actions de l'ancien diplomate représentent une menace à la sécurité du Canada.

Des déclarations de John McCallum dans une entrevue accordée à un quotidien Honkongais inquiètent les députés conservateurs Lisa Raitt et Pierre Paul-Hus qui ont écrit une lettre au directeur du SCRS.

M. McCallum a confirmé qu’il a donné des conseils au gouvernement chinois sur les prochaines élections fédérales au Canada. Ces conseils étaient de nature partisane et encourageaient le gouvernement chinois à prendre des mesures spécifiques pour influencer le processus démocratique du Canada, ont écrit les deux élus.

Mercredi, John McCallum a déclaré au South China Morning Post avoir prévenu ses contacts au ministère chinois des Affaires étrangères que de nouvelles sanctions contre le Canada pourraient encourager l’élection d’un gouvernement conservateur à Ottawa l’automne prochain, une formation moins amicale à l’égard de la Chine que le Parti libéral.

Alors que le chef conservateur Andrew Scheer parlait hier d’une invitation à l’ingérence étrangère dans les élections canadiennes, ses deux députés vont plus loin en interpellant le SCRS. Nous pensons que la conduite de M. McCallum, confirmée par ses propres déclarations publiques, doit être soigneusement examinée par votre agence, ont-ils écrit.

Les députés Lisa Raitt et Pierre Paul-Hus ont écrit une lettre au Service canadien de renseignement de sécurité.

Les députés conservateurs Lisa Raitt et Pierre Paul-Hus ont écrit une lettre au Service canadien de renseignement de sécurité.

Photo : Radio-Canada

C’est tout à fait inapproprié, pour une foule de raisons, en particulier le fait que le gouvernement chinois détient toujours arbitrairement deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, et prend des mesures hostiles envers le Canada.

Extrait de la lettre de Lisa Raitt et Pierre Paul-Hus envoyée au directeur du SCRS

Les Canadiens s’attendent à ce que les prochaines élections soient menées de manière libre et équitable, et que toute occurrence d’ingérence étrangère fasse l’objet d’une enquête exhaustive, ajoutent les députés conservateurs.

Dans leur missive, les députés rappellent que le SCRS a le mandat d’enquêter sur les activités dont il existe des motifs raisonnables de soupçonner qu’elles constituent des menaces envers la sécurité du Canada.

La ministre Freeland s'adresse aux journalistes, avec en arrière-plan plusieurs drapeaux du Canada.

La ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland

Photo : Radio-Canada

Chrystia Freeland prend ses distances

Jeudi, la ministre canadienne des Affaires étrangères a cherché à se distancer de son ancien émissaire en Chine.

Permettez-moi d'abord de dire, très clairement, que M. McCallum ne parle pas au nom du gouvernement du Canada, a déclaré Chrystia Freeland.

Je pense qu'il est hautement inapproprié pour un Canadien d'offrir des conseils ou des opinions à un gouvernement étranger sur la manière dont ce gouvernement devrait ou ne devrait pas se comporter pour obtenir un résultat électoral particulier au Canada.

Chrystia Freeland, ministre canadienne des Affaires étrangères

John McCallum, qui était ambassadeur du Canada en Chine, a démissionné de ses fonctions en janvier après avoir mis les pieds dans le plat avec des déclarations concernant le processus d’extradition de Meng Wanzhou.

En décembre dernier, l’arrestation par le Canada de cette dirigeante de la firme chinoise Huawei, qui faisait l’objet d’un mandat américain, a déclenché une crise diplomatique entre Ottawa et Pékin.

Les États-Unis soupçonnent la dirigeante d’avoir cherché à contourner les sanctions commerciales imposées à l’Iran.

En représailles, deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor, ont été arrêtés par les autorités chinoises et sont toujours détenus. Ils sont accusés d’avoir volé des secrets d’État.

Depuis, Pékin a aussi suspendu ses importations de certains produits canadiens comme la viande ou le canola.

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