•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Pénurie de main-d’œuvre criante dans le secteur du tourisme

Jérôme Ferrer dans son restaurant

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Alors que la saison estivale bat son plein, l’industrie du tourisme peine à trouver des employés, notamment dans le secteur de la restauration.

Les responsables des ressources humaines du parc d’amusement La Ronde, à Montréal, ont eu le plus grand mal à recruter des employés pour la saison actuelle. Ils ont dû redoubler d’efforts et adapter leur stratégie afin de pourvoir les 800 postes offerts cet été.

Ils ont donné un salaire horaire de base pour un poste d’entrée de 12,82 $ et ont eu recours aux réseaux sociaux pour attirer les employés. Ils ont même organisé des portes ouvertes dédiées uniquement au recrutement.

Si tous les postes ont été pourvus, il reste le défi de trouver des employés pour les mois de septembre et octobre quand les étudiants retourneront aux études.

Au Québec, près de 20 000 postes devaient être pourvus dans le secteur touristique avant la saison estivale. À Montréal, on dénombre les besoins à plus de 7000 postes, dont plus de 5000 en restauration et hôtellerie et près de 1700 en loisirs et divertissement, selon le Conseil québécois des ressources humaines en tourisme.

À la recherche de solutions

Dans la grande région de Montréal, on commence à voir des problèmes dans les restaurants, dans les cuisines. Je sais qu'en région c'est un problème encore plus aigu dans les restaurants et les cuisines. Mais c'est dans les restaurants qu'on voit le plus de problèmes à Montréal.

Jean-Marc Lebeau, propriétaire du Boris Bistro

Jean-Marc Lebeau, propriétaire du Boris Bistro, soutient que ses besoins de main-d’œuvre sont importants. On passe d'une vingtaine d'employés à 65 en été. Normalement, on a tous nos effectifs vers la fin mai. Mais cette année, ça fait une semaine, début juillet, que tous les postes sont pourvus, explique-t-il.

Recruter des plongeurs, des cuisiniers ou des serveurs devient difficile.

M. Lebeau affirme avoir augmenté les salaires de 15 % dans les cuisines, mais la difficulté de recrutement est toujours présente.

Le propriétaire du Boris Bistro essaie plusieurs voies pour trouver des employés. En plus des annonces dans les journaux, il a recours à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ), aux écoles de formation et tente même de faire venir des stagiaires de l’étranger, bien qu’il s’agit d’un processus complexe.

L'ITHQ innove et adapte la formation des jeunes aux besoins du marché. L’Institut a ajouté, par exemple, de nouveaux programmes comme ceux de cuisine végane et végétarienne. Il offre également des cours de cuisine en anglais.

On regarde les tendances, il faut s'adapter aux jeunes, à ce qu'ils veulent et à comment ils voient le tourisme et comment ils sont confortables dans l'enseignement, souligne Liza Frulla, directrice générale de l'ITHQ.

Pour sa part, Jean Boulet, le ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, affirme que son ministère offre les services de 220 conseillers pour aider et accompagner les petites organisations qui n’ont ni les moyens ni les ressources pour avoir des départements de ressources humaines.

Et ça donne des résultats, affirme le ministre.

Le cri d’alarme du restaurateur Jérôme Ferrer

Jérôme Ferrer, propriétaire du restaurant Europea, estime que la situation est critique et alarmante.

Le restaurateur déplore le fait qu’il ne puisse pas ramener des jeunes de l’étranger. En entrevue au Téléjournal 18 h, il affirme recevoir de 30 à 40 curriculum vitae quotidiennement, mais comme le temps d’attente est de deux, trois, parfois six mois pour recevoir le permis, les candidats sont découragés.

M. Ferrer indique qu’il a dû renoncer à remplir un contrat lors de la tenue des feux d’artifice, où il a l’habitude de servir de 200 à 400 repas par soirée. C’est une perte de revenu attribuable à la pénurie de main-d’œuvre.

Il raconte aussi que ses confrères en régions l’appellent en pleurs au téléphone parce qu’ils n’ont pas de cuisiniers. Certains vont fermer leur entreprise, dit-il.

Ils ont des clients, mais ils n’ont pas le personnel pour les servir.

Jérôme Ferrer

M. Ferrer assure que s’il n’y a pas de réveil et de sursaut de la part des gouvernements provincial et fédéral, il va y avoir des faillites énormes.

Avec les informations de Florence Ngué-No

Économie