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Des résidents du quartier chinois d'Edmonton accusent la ville de s'en servir comme « dépotoir »

Une seringue et un emballage d'antiseptique dans l'herbe.

Des résidents du quartier chinois se plaignent de trouver de nombreuses seringues souillées dans les ruelles et les stationnements.

Photo :  CBC

Radio-Canada

Des résidents du quartier chinois d’Edmonton se sentent laissés à eux-mêmes devant les problèmes de drogue, de criminalité et d’itinérance qui s’aggravent. Ils ont l’impression que la concentration de services aux itinérants et l’ouverture de trois centres d'injection supervisée empirent la situation au lieu de l’améliorer.

Il n’y a pas à marcher longtemps autour de la 97e Rue pour voir les traces de la crise des opioïdes. Zeny Marte s’arrête à tous les quelques mètres pour pointer du doigt une seringue souillée ou des gants usagés sur le bord d’un trottoir ou d’un stationnement.

C’est devenu un élément courant dans le quartier chinois, où elle habite depuis près de 10 ans, explique-t-elle. Croiser des personnes intoxiquées ou en train de s’injecter des drogues aussi.

« Les choses empirent », croit-elle.

Des débris au sol près de murets de béton et d'une clôture.

Un stationnement vide du quartier McCauley à l'extrémité du quartier chinois, est jonché de débris et de seringues.

Photo :  CBC

Pourtant, les ressources pour les sans-abri et pour les personnes dépendantes ne cessent d’augmenter dans le quartier. En plus d’un nombre élevé de refuges et de logements sociaux, trois centres de consommation supervisée y ont ouvert l’an dernier.

Selon Zeny Marte, une telle concentration de services à un seul endroit n’a rien apporté de bon.

« Il y a quand même des aiguilles partout dans les ruelles, et surtout dans les parcs, c’est dangereux pour les enfants, les chiens, les gens », dit-elle.

C’est également ce que pense Georgina Fiddler, une autre résidente.

« Comment peut-il y avoir autant de services et aucune amélioration pour les gens vulnérables? », se demande-t-elle.

L'emplacement des centres d'injection critiqué

Les trois centres de consommation supervisée se trouvent à quelques rues les uns des autres, mais ils appartiennent à trois quartiers différents : Central McDougall, Boyle Street et McCauley.

Depuis leur ouverture au printemps 2018, ils ont accueilli quelque 1720 personnes. Près de 692 surdoses ont été évitées grâce aux infirmières et aux paramédicaux qui y travaillent, selon l'agence qui gère les trois centres.

Le nombre d’appels à la police a augmenté dans les quartiers environnants, mais selon le Service de police d’Edmonton, le taux de criminalité est demeuré stable.

Le nombre de seringues souillées récoltées sur la voie publique a augmenté dans le quartier de Central McDougall, mais il a baissé à Boyle Street et à McCauley, disent les policiers.

Zeny Marte a toutefois l’impression que ces données ne reflètent pas la misère qu'elle voit au quotidien.

Zeny Marte parle à la caméra dans un stationnement.

Zeny Marte croit que les centres d'injection supervisée font plus de mal que de bien pour les usagers vulnérables comme pour la communauté du quartier chinois.

Photo :  CBC

Elle croit que la Ville devrait miser sur des solutions plus permanentes qu’un centre d’injection, soit du logement et des centres de traitements de la dépendance.

Georgina Fiddler, elle, admet que les centres de consommation supervisés sont utiles dans une société si durement touchée par la crise des opioïdes. C’est le fait d’en avoir trois à quelques rues l’un de l’autre qu’elle déplore.

Je sais que [les centres] sauvent des vies. Le problème c’est qu’ils sont tous concentrés dans un seul endroit.

Georgina Fiddler, résidente du quartier chinois

Selon elle, il s’agit d’une pression insoutenable pour le quartier chinois qui peine depuis des années à se revitaliser. Elle accuse la Ville de n’avoir aucun plan viable pour développer ce quartier ni pour aider les sans-abri qui s'y accumulent.

« La crise des opioïdes c’est une chose, mais il y aussi la crise de l’itinérance qu’il faut régler. Le quartier chinois ne peut pas servir de dépotoir pour tout ce dont les autres ne veulent pas, et c’est ce que c’est en ce moment », dit-elle.

L'Association du quartier chinois et des commerçants locaux s'était d'ailleurs adressée à la cour pour tenter de faire fermer au moins deux des trois centres d'injection supervisée dans le quartier, mais sans succès.

Les organismes communautaires soutiennent que les centres de consommation et les refuges se concentrent au nord du centre-ville parce que c’est là que se trouvent les gens qui en ont besoin. Ce ne sont pas eux qui les attirent là, disent-ils.

La directrice des services d’injection supervisée de Boyle Street, Erica Schoen, assure que chaque usager est aussi envoyé à des ressources de réinsertion sociale, que ce soit pour traiter une dépendance, pour des soins de santé mentale ou pour se trouver un emploi.

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Alberta

Drogues et stupéfiants