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Le cladocère épineux, nuisible et invincible

Trois cladocères épinaux sont prisonniers d'une éprouvette.

Le MFFP a confirmé la présence du cladocère épineux dans le lac Témiscamingue au mois de mai.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Alexia Martel-Desjardins

Il n'existe aucun moyen d'éliminer le cladocère épineux, une espèce exotique envahissante (EEE) qui fait partie de la famille du zooplancton. Une fois qu'il se retrouve dans un plan d'eau, impossible de le déloger.

Une fois cet organisme-là dans un milieu, il n'y a rien à faire, déplore Jean-Pierre Hamel, biologiste au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). On ne peut qu'apprendre à vivre avec.

Le MFFP a confirmé la présence du cladocère épineux dans le lac Témiscamingue au mois de mai.

L'échantillonnage s'est fait en 2018, mais les analyses se sont retardées, donc on a trouvé l'organisme lors de l'analyse de nos échantillons seulement au printemps 2019, précise Jean-Pierre Hamel.

Un homme regarde une éprouvette.

Jean-Pierre Hamel pense qu'il faut diffuser l'information sur les espèces envahissantes exotiques.

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

Le myriophylle à épi, apparu il y a une dizaine d'années dans le secteur de Rouyn-Noranda, cause aussi beaucoup de problèmes.

La directrice générale par intérim du Conseil régional de l'environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT) Bianca Bédard souligne que le lavage des embarcations nautiques est la seule manière de prévenir la prolifération de ces envahisseurs de plans d'eau. Un seul fragment suffit pour coloniser un espace aquatique puisque ces espèces se reproduisent facilement. Ça peut se coller partout et les oeufs sont pratiquement invincibles, explique-t-elle.

La seule solution: la prévention

Jean-Pierre Hamel abonde dans le même sens que Bianca Bédard: il faut diffuser l'information à propos des EEE.

«C'est pour ça qu'on trouve très important d'informer et de sensibiliser tout le monde», insiste-t-il. Le ministère cible surtout les pêcheurs, puisqu'ils transportent leurs bateaux dans plusieurs lacs.

La façon la plus efficace de laver son embarcation est d'utiliser de l'eau chaude avec une laveuse de pression. Les personnes n'ayant pas accès à cette machine peuvent laver leur équipement d'autres façons, qui sont expliquées sur le site web du MFFP.

«Le principal, c'est de s'assurer qu'il n'y a rien qui colle dans l'embarcation et qu'il n'y ait rien qui reste dans le vivier», rappelle Jean-Pierre Hamel.

Le cladocère épineux est sous la responsabilité du MFFP, alors que le myriophylle à épi est un végétal, donc il relève du ministère de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.

Ceux qui observent le cladocère épineux peuvent contacter le MFFP par téléphone ou sur leur site web, qui s'assurera de confirmer la présence de cette EEE.

Petites, mais hautement nuisibles

Le myriophylle à épi et le cladocère épineux altèrent la qualité des plans d'eau et nuisent à l'habitat des poissons, car ils se nourrissent de zooplanctons, qui font partie de l'alimentation des poissons.

De plus, le cladocère épineux donne du fil à retordre aux pêcheurs, car il s'agglutine aux lignes de cannes à pêche et s'accumule dans les sillons de la canne. Un pêcheur est obligé de nettoyer sa ligne environ toutes les 15 ou 20 minutes, dit Jean-Pierre Hamel.

Présentement, des études et des tests sont tentés pour éliminer ces organismes, mais tout est à titre expérimental, dit souligne Jean-Pierre Hamel. Il explique aussi qu'amener un prédateur du cladocère à épi dans un plan d'eau entraînerait un problème supplémentaire, car ses prédateurs sont aussi des EEE.

Abitibi–Témiscamingue

Faune et flore