•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hydro-Québec inaugure l’importante ligne de la Chamouchouane–Bout-de-l'Île

Photo de gauche : des ouvriers au travail au poste Judith-Jasmin. Photos de droite : des lignes de transport en bordure de l’autoroute 40 est, à proximité du pont Charles-De Gaulle, à l'est de Montréal.

Photo : Hydro-Québec

Radio-Canada

C’est en soulignant qu’il a été livré à des coûts moindres que prévu qu’Hydro-Québec a inauguré, jeudi, dans l’est de Montréal, le plus important projet de transport d’électricité des 25 dernières années : la ligne à haute tension de la Chamouchouane–Bout-de-l'Île.

Cette ligne de transport de quelque 450 kilomètres et de plus de 1000 pylônes, qui relie le Saguenay–Lac-Saint-Jean à la région de Montréal, a coûté environ 1,3 milliard de dollars, soit de 25 millions à 100 millions de dollars en deçà des prévisions.

Saluant l'aboutissement du deuxième projet en importance de l’histoire d’Hydro, après le chantier du complexe La Romaine, le président-directeur général de la société d’État, Éric Martel, a souligné en conférence de presse que celui-ci lui permettra de répondre à une demande croissante en matière d'électricité.

Le contexte de la demande en énergie, au Québec, fait que la charge se dirige de plus en plus vers le sud, alors la charge est en croissance sur l’île de Montréal, a-t-il déclaré. Et on avait besoin de s’assurer d’avoir les installations nécessaires.

L’idée, c’est de sécuriser l’approvisionnement, de s’assurer de la fiabilité du réseau pour les années à venir, a ajouté M. Martel, qui était notamment accompagné du ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles, Jonatan Julien.

Lancé officiellement en 2018, ce projet, qui vise notamment à décongestionner le réseau dans la région métropolitaine, devrait également permettre à Hydro-Québec de récupérer l'équivalent 6,4 millions par année en énergie.

Le projet comprend trois composantes :

  • la ligne de transport à 735 kV de 420 km de longueur qui relie le poste de la Chamouchouane, situé à La Doré, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, à la boucle métropolitaine de Montréal;
  • le poste Judith-Jasmin, situé à Terrebonne, dans Lanaudière, et raccordé à la nouvelle ligne, qui permettra de répondre à la fois aux besoins du réseau principal et à la demande régionale et locale;
  • le tronçon de ligne de 20 km qui alimente le poste du Bout-de-l’Île, à Montréal.

Dans le cadre des appels d'offres, la société d'État avait ouvert la porte à des fournisseurs étrangers, notamment en ce qui a trait à l'acier pour les pylônes, ce qui ne l'a toutefois pas empêché d'acheter pour 1,1 milliard de dollars de biens, matériaux et services au Québec, a soutenu son PDG.

Je vous rappelle que, sur les 35 000 tonnes d'acier, 5000 tonnes provenaient de l'extérieur et 30 000 tonnes [du] Québec, a signalé Éric Martel.

Annoncé par le gouvernement libéral de Philippe Couillard, le projet avait fait l'objet de critiques au sein des communautés concernées par le tracé. Les opposants reprochaient notamment à Québec d'avoir ignoré les recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE).

Discussions avec l'Ontario

Photo aérienne de la centrale sur le bord du lac Ontario.

La centrale nucléaire de Pickering, en Ontario

Photo : La Presse canadienne / Kevin Frayer

Les représentants d’Hydro-Québec et du gouvernement Legault ont par ailleurs convenu qu’il leur faudra encore un certain temps pour convaincre l'Ontario d'acheter davantage d'électricité québécoise. Mais ils se sont dits persuadés que le temps, justement, finira par favoriser cette option.

Au lendemain d'une autre rebuffade de la part du gouvernement de Doug Ford, ils n'ont pas voulu jeter de l'huile sur le feu. Mercredi, en marge du Conseil de la fédération, à Saskatoon, l'Ontario a servi une autre fin de non-recevoir au Québec.

Actuellement, l’Ontario se trouve en situation de surplus. Donc, peu d’appétit en réalité pour de l’hydroélectricité supplémentaire, a constaté Jonatan Julien.

Pourquoi ils achèteraient de l'électricité maintenant?, a demandé M. Martel.

Cela dit, ils vont faire face – ils le mentionnent eux-mêmes, ils le savent très bien – à des défis importants quand ce sera le temps de faire le maintien d’actifs et des rénovations majeures sur leurs centrales nucléaires, a poursuivi le ministre Julien.

Les interconnexions entre le Québec et l'Ontario existent déjà et ne sont pas utilisées à leur plein rendement, et la réfection des 19 réacteurs nucléaires ontariens coûterait des milliards de dollars.

Actuellement, le coût de l'électricité [en Ontario] est de 13 cents le kilowattheure. Nous sommes capables d'offrir une option beaucoup plus économique. Il faut laisser le temps aux choses de s'installer.

Jonatan Julien, ministre de l'Énergie et des Ressources naturelles du Québec

Il s'agit cependant d'un enjeu délicat pour l'Ontario, puisque l'industrie nucléaire y emploie pas moins de 18 000 personnes.

M. Julien compte aborder de nouveau le dossier avec son homologue ontarien, Greg Rickford, la semaine prochaine, en Colombie-Britannique, dans le cadre de la réunion des ministres des Ressources naturelles du pays.

La société d'État dispose dans l’immédiat d'autres options pour exporter ses surplus, a noté Éric Martel, comme l'important contrat signé au Massachusetts ainsi qu'une entente potentielle avec la Ville de New York – qui est toujours au stade des négociations.

Avec les informations de La Presse canadienne

Énergie

Économie