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  • 50 ans pour Valérie

    La comédienne Danielle Ouimet.

    En 1969, le film « Valérie » a révélé la comédienne Danielle Ouimet au grand écran.

    Photo : Radio-Canada / Francis J. Menten

    Radio-Canada

    Il y a 50 ans, le film Valérie du cinéaste Denis Héroux remportait un succès inédit au box-office québécois. Le film érotique qui dévoilait la comédienne Danielle Ouimet allait marquer un tournant pour le cinéma d’ici.

    C’est au printemps 1969 que Valérie arrive au grand écran. Pour la première fois dans l'histoire du cinéma, un film québécois présente de la nudité frontale.

    Autre particularité : le film prend l’affiche à travers toute la province. À Montréal, les billets du cinéma Parisien s’envolent jusqu’à trois jours à l’avance.

    En six mois,  Valérie rapportera plus de 1 million de dollars au box-office. Du jamais-vu pour un film québécois.

    Images en tête, 3 mai 1969

    Au lendemain de la première du film Valérie, son réalisateur Denis Héroux est interviewé à l’émission Images en tête.

    Le chroniqueur André Lafrance souhaite comprendre sa démarche et recueillir ses conseils à l’intention des jeunes cinéastes amateurs à l’écoute de l'émission.

    Denis Héroux raconte d’abord s’être lancé dans l’aventure de Valérie parce qu’il sentait la nécessité de faire un film avec une histoire et aller chercher un public plus large.

    Le cinéma canadien ne tient pas assez compte du public, plaide Denis Héroux. « J’ai l’impression qu’on a fait des films pour un spectateur idéal, très spécialisé et qu’on pensait trop spécialisé ».

    Le cinéaste croit que le public d’ici est accoutumé au cinéma américain, avec ses qualités narratives et techniques. C’est dans cette voie qu’il a souhaité se diriger avec son dernier film.

    Valérie a été tourné en 35 mm avec un budget de 100 000 $. Pour réaliser ses ambitions, Denis Héroux s’est associé avec un producteur qui avait la volonté de faire du film « un produit de consommation impeccable ».

    Le producteur Cinépix reconnaît le cinéma comme une industrie, explique Denis Héroux. « Quand ils ont mis 1 dollar, ils veulent en ramasser 5, 10, 15 et ça, c'est très important ».

    Cinépix voit grand pour Tendre et sensuelle Valérie et assure sa distribution à Montréal, mais aussi dans tout le Québec, au Canada anglais et à l’international.

    En fin de compte, le film sera vendu dans une quarantaine de pays.

    Et pourquoi avoir choisi la comédienne inexpérimentée Danielle Ouimet pour incarner Valérie?

    Pour sa voix sensationnelle, son innocence, sa spontanéité et parce ce qu’elle a été Miss Province de Québec, détaille le cinéaste.

    Appelez-moi Lise, 19 septembre 1972

    C'est une femme qui a beaucoup fait parler d'elle. Pendant longtemps, on a voulu nous faire croire qu'elle n'avait pas d'esprit, qu'elle n'était qu'un symbole sexuel. Je pense qu'il faut se détromper quand on connaît et on rencontre Danielle Ouimet.

    L’animatrice Lise Payette

    C’est ainsi que Danielle Ouimet est présentée à l’émission Appelez-moi Lise du 19 septembre 1972.

    Trois ans après la sortie du film, elle tente de se détacher de l’image de Tendre et sensuelle Valérie dont elle se sent prisonnière.

    Danielle Ouimet ne renie pas pour autant le film qu’elle a tourné en toute candeur à 21 ans.

    À 25 ans cependant, c’est terminé. La comédienne ne veut plus faire de scènes de nudité au cinéma. Son souhait : « faire un film par an, mais un bon ».

    « N'avez-vous pas l'impression d'être brûlée par rapport au cinéma? », lui demande l’animatrice Lise Payette.

    « Je suis brûlée dans une sorte de cinéma, mais certainement qu'il y a de la place dans d'autres films dans lesquels on ne penserait pas à moi », croit la jeune femme.

    Si son personnage Valérie n’a jamais véritablement été oublié, la feuille de route de Danielle Ouimet nous confirme que sa carrière a pu emprunter d’autres chemins, notamment comme animatrice à la radio et à la télévision.

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