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La crise des opioïdes ne s’essouffle pas à Sudbury

Un toxicomane manipule une seringue.

De janvier à mai 2019, Santé publique Sudbury et districts (SPSD) estime que les Services paramédicaux de la municipalité ont répondu à 221 incidents présumés liés aux opioïdes.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Jérémie Bergeron

En cinq mois, plus d’incidents liés aux opioïdes ont eu lieu dans le Grand Sudbury que pour les douze mois de l’année 2018. Un organisme de prévention est débordé et souhaite plus que jamais qu’un site d’injection supervisé puisse ouvrir ses portes dans la municipalité.

La crise ne s’arrête pas, lance Richard Rainville, directeur général de l’organisme Réseau ACCESS. Les drogues sont vraiment utilisées dans notre communauté.

De janvier à mai 2019, Santé publique Sudbury et districts (SPSD) estime que les Services paramédicaux de la municipalité ont répondu à 221 incidents présumés liés aux opioïdes. Pour les douze mois de l'année 2018, 200 incidents du genre ont nécessité l'intervention des paramédics.

Richard Rainville en entrevue à Radio-Canada

Richard Rainville est directeur général de Réseau ACCESS

Photo : Radio-Canada

Du côté de l’organisme Réseau ACCESS, qui a des travailleurs dans les rues de Sudbury afin de faire de la prévention et distribuer de la naloxone, la situation est parfois difficile. [Nos travailleurs] ont établi une relation [avec les personnes de la rue] il y a plusieurs années et là on voit qu'il y a des gens qui meurent, des gens qu’ils rencontraient souvent ne sont plus là.

Les visites à l'urgence ont elles aussi augmenté. De janvier à mai 2019, 307 personnes se sont présentées à l'urgence pour une surdose. À pareille date l'an dernier, il y avait eu 169 visites aux urgences.

Certains des employés de Réseau ACCESS ont même dû administrer la naloxone, qui neutralise les effets des opioïdes, afin de sauver des vies.Des fois ils n’ont pas le choix, soutient M. Rainville.

Ils ont aidé quelques personnes qui ont subi une surdose, qui les ont aidés avec la naloxone en attendant pour l’ambulance.

Richard Rainville, Réseau ACCESS

Le directeur général de l’organisme estime que plusieurs consommateurs sont laissés à eux-mêmes, dans la rue.

Santé publique Sudbury et districts soutient que la tendance des surdoses à la hausse est semblable à celle remarquée un peu partout au pays.

L’agence a toutefois émis, fin juin, une alerte de présence de carfentanyl dans les rues du Grand Sudbury. Cet opioïde, plus puissant que le fentanyl, peut facilement causer des surdoses.

Un centre d’injection supervisé qui presse

Devant l’ampleur de la crise, Richard Rainville martèle à nouveau l’importance d’ouvrir un centre autorisé d’injection supervisée à Sudbury. Si une étude de faisabilité est en cours, il craint toutefois que l'ouverture d'un tel centre ne puisse pas se faire avant 2022.

Ce n’est pas fameux, mais avec le gouvernement qu’on a, le processus de faire l’application, de démontrer le besoin dans la communauté, ça va prendre du temps, dénonce le directeur général de Réseau ACCESS. On aurait dû avoir ça il y a quelques années.

L'infirmière en toxicomanie chez Santé publique Sudbury et district, Josée Joliat, rappelle qu’il y a plusieurs étapes à entreprendre afin de s’assurer que la communauté soit prête à recevoir un centre d’injection supervisé.

Josée Joliat en entrevue à Radio-Canada, devant l'Hôpital de Sudbury

Josée Joliat est infirmière en toxicomanie chez Santé publique Sudbury et districts

Photo : Radio-Canada

Si on est en train de prendre le temps qu’on a besoin c’est pour s’assurer que si on met un service comme ça en place, ça va bien aider à la communauté.

Josée Joliat, infirmière en toxicomanie chez Santé publique Sudbury et district

En attendant, l’infirmière désire que toute la population soit informée sur la crise et renseignée sur la façon d’utiliser la naloxone. Déjà, SPSD a distribué plus de naloxone depuis le début de l'année qu'en 2018.

Je crois que c’est un effort de communauté, d’être capable de se mettre ensemble, je ne crois pas que ça revient à la tâche de quelques personnes pour être capable de garder notre communauté en sécurité, conclut Mme Joliat.

En 2018, 32 personnes du Grand Sudbury et du district de Manitoulin sont décédées d’une surdose liée aux opioïdes. Les données pour 2019 ne sont pas disponibles.

Nord de l'Ontario

Crise des opioïdes