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Un promoteur veut faire un « don écologique » de terrains à Kanesatake

Des Mohawks de Kanesatake marchent dans une rue en brandissant des drapeaux.

Un groupe de manifestants brandissant des drapeaux gravissent une colline, sur une route bordée d'arbres.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Radio-Canada

Enjeu de la crise d'Oka en 1990, le sort de la pinède suscite encore la controverse. Cette fois, c'est le projet d'un propriétaire d'en remettre une parcelle aux Mohawks qui inquiète des résidents de Kanesatake, qui se disent insuffisamment informés de l'affaire.

En tant que citoyen, je n'ai pas à attendre après le gouvernement pour contribuer à la réconciliation [avec les Autochtones], affirme Grégoire Gollin, qui se propose de transférer aux Autochtones de Kanesatake environ 60 hectares d'un terrain qu'il possède dans la pinède.

Ce propriétaire de terrains à Oka entend se prévaloir du Programme des dons écologiques, mis sur pied par Environnement et Changement climatique Canada, pour remettre les 60 hectares aux Mohawks. En échange, M. Gollin bénéficierait d'une réduction d'impôt en vertu la Loi fédérale de l'impôt sur le revenu et de la Loi sur les impôts du Québec.

De plus, M. Gollin propose de vendre au gouvernement fédéral quelque 150 hectares de terrains vacants afin qu'Ottawa les transfère par la suite aux Mohawks.

Les engagements de M. Gollins – tant à l'égard du gouvernement canadien qu'envers les Autochtones – ont mené à la signature d'une déclaration d'entente mutuelle avec le grand chef Serge Simon, au nom du conseil mohawk de Kanesatake, en juin dernier.

Militante mohawk de longue date, Ellen Gabriel objecte que personne n'a vu cette déclaration et que les résidents de Kanesatake n'ont guère obtenu d'information de la part du conseil de bande.

CBC a obtenu une copie de l'entente selon laquelle il revient au peuple mohawk de donner l'approbation finale. À ce jour, aucune consultation n'a été tenue à cette fin.

Ni le conseil de bande de Kanesatake ni le maire d'Oka, Pascal Quevillon, n'ont répondu aux demandes d'entrevue formulées par CBC.

M. Quevillon convoque les résidents d'Oka à une rencontre le 17 juillet prochain afin de discuter de cette entente. Sur sa page Facebook, la Ville a publié un message, le 5 juillet dernier, dans lequel elle appelle Ottawa à la consulter avant tout éventuel transfert de terrain.

Grégoire Gollin est promoteur. En 2017, son projet de développement immobilier Domaine des collines d'Oka avait suscité l'ire des Mohawks, en raison de sa proximité avec la pinède.

Une rue de banlieue avec des maisons et des pelouses gazonnées.

Le Domaine des collines d'Oka est un projet résidentiel situé sur des terres revendiquées par les Mohawks de Kanesatake, tout près de la pinède qui s’est retrouvée au cœur de la crise d’Oka, en 1990.

Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Villeneuve

Ellen Gabriel réclame depuis longtemps un moratoire sur tout développement dans la région jusqu'à ce que les revendications territoriales en cours avec le gouvernement canadien soient résolues. Mme Gabriel soutient que les terres qui ont fait l'objet de développement dans la région, ces dernières années, excèdent en superficie ce à quoi les Mohawks s'opposaient en 1990.

Dans ce contexte, Grégoire Gollin souhaite poser un geste significatif en redonnant aux résidents de Kanesatake cette parcelle de forêt dont il est le propriétaire. Ils [les résidents de Kanesatake] la chérissent parce qu'elle a été plantée par leurs ancêtres.

Ce n'était pas l'argent qui était au coeur de la crise d'Oka, c'était la terre.

Grégoire Gollin, propriétaire foncier

En 1990, le projet de la Municipalité d'Oka d'agrandir un terrain de golf dans la pinède avait déclenché un affrontement entre des membres de la communauté de Kanesatake et la Sûreté du Québec, par la suite épaulée par les Forces canadiennes. La crise, qui avait duré 78 jours, a eu des répercussions à long terme sur les relations entre Autochtones et non-Autochtones dans l'ensemble du pays.

Des négociations entamées en 2008 sont toujours en cours entre le gouvernement du Canada et le conseil de bande de Kanesatake au sujet des revendications territoriales des Mohawks.

Adaptation et traduction d'un texte de Jessica Deer, de CBC

Avec les informations de CBC

Grand Montréal

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