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Recensement : Trump renonce à la question sur la nationalité

Des pancartes sur lesquelles on peut lire « Count me in » (Inscrivez-moi) sont brandies par des manifestants.

Des opposants au projet de l'administration Trump d'inclure une question sur la citoyenneté dans le recensement ont manifesté devant la Cour suprême le 27 juin dernier.

Photo : Getty Images / Mark Wilson

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a reculé sur la question portant sur la nationalité dans le prochain recensement de la population aux États-Unis.

« Nous allons choisir une autre voie », a indiqué M. Trump lors d'une déclaration depuis les jardins de la Maison-Blanche.

Cette question avait suscité la controverse au pays, d’autant que M. Trump avait évoqué la possibilité de recourir à un décret présidentiel après que la Cour suprême eut bloqué l’ajout de cette question.

Le président américain avait même indiqué qu’il reporterait l’impression des formulaires du recensement, qui doit avoir lieu tous les dix ans, selon la Constitution.

Contournement?

Même si M. Trump a renoncé à la question controversée, il a annoncé qu’il signerait un décret imposant de recueillir toutes les informations disponibles dans les bases de données fédérales des ministères.

Nous ne reculons pas dans nos efforts, a insisté le président américain. Il est essentiel d'avoir une image claire du nombre de citoyens et de non-citoyens qui composent notre population, a-t-il dit.

Le projet initial de l’administration contenait la question suivante : Êtes-vous un citoyen des États-Unis? Il offrait ensuite cinq choix de réponses : né aux États-Unis, né dans un territoire américain, né à l’étranger de parents américains, citoyen naturalisé ou non-citoyen.

Le département du Commerce, responsable du recensement, a expliqué agir de la sorte à la demande du département de la Justice, qui disait vouloir faire respecter le Voting Rights Act de 1964, qui vise à garantir le droit de vote à tous les Américains.

Pour y parvenir, il est légitime de savoir combien de personnes ayant la citoyenneté américaine vivent aux États-Unis, puisqu'ils sont les seuls à avoir le droit de vote, ont fait valoir les avocats du département.

Ces informations sont actuellement collectées dans le cadre d’un sondage effectué annuellement par le Bureau du recensement, mais qui est critiqué : son formulaire n’est envoyé que dans un nombre limité de foyers, et la fiabilité des réponses n'est pas assurée.

Le plus haut tribunal du pays a cependant conclu il y a deux semaines que cette explication était « artificielle » et n’était pas cohérente avec ce que les archives révèlent du processus de décision et des priorités de l’administration.

Une démarche pour favoriser des États républicains?

L’affaire a ravi les États et les groupes de défense des droits civiques qui s’opposent à la démarche, en faisant valoir qu’elle risque de bousculer le rapport de force au sein de la fédération américaine et avoir une incidence sur les services offerts à la population.

Les résultats du recensement américain sont utilisés pour déterminer le nombre de sièges attribués à chacun des États à la Chambre des représentants ainsi que la répartition des subventions fédérales ne totalisant pas moins de 675 milliards de dollars.

Les opposants allèguent que les millions d’immigrants qui n’ont pas de statut légal aux États-Unis risquent de ne pas retourner le formulaire s'il contient une question sur la citoyenneté, de crainte que l’administration n’utilise un jour cette information pour les expulser.

Un tel dénouement fausserait alors les données et risquerait de favoriser des États républicains, plus souvent blancs et ruraux, au détriment d’États démocrates, comme la Californie et New York, qui comptent plus d’immigrants n’ayant pas de statut légal.

Avec les informations de Associated Press, Reuters, et The Guardian

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