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The Rooms modifiera son exposition sur les « Indiens » de Terre-Neuve

Un gros plan d'un des panneau.

Plusieurs panneaux exposés au musée provincial The Rooms emploient le mot « indien » pour décrire les Béothuks et les Paléoesquimaux.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Patrick Butler

Le musée provincial de Terre-Neuve-et-Labrador, The Rooms, modifiera d’ici l’automne une exposition qui appelle les premiers habitants de la province des « Indiens ».

Plusieurs affiches de l’exposition sur les peuples Paléoesquimau et Béothuk décrivent la vie de ces populations indiennes avant leur disparition. Les panneaux d'information, conçus au début des années 2000, font partie de la collection permanente du musée depuis son ouverture.

Le chef de la Première Nation de Miawpukek, Mi’sel Joe, soutient qu’il est temps de mettre à jour l’exposition, surtout parce que, selon lui, l’éducation est au coeur du processus de réconciliation avec les Autochtones entamé depuis quelques années au Canada.

Imaginez toutes les personnes qui visitent le musée chaque jour et qui voient ces panneaux. Nous sommes en train de dire aux gens qu'il est normal d’utiliser ces mots.

Mi'sel Joe, chef, Première Nation de Miawpukek

Nous essayons de montrer aux gens comment nous décrire correctement. Le langage, le racisme et les préjugés qui existent depuis des années sont contenus dans le terme “Indien”, lance-t-il.

Des panneaux et des vitrines de l'exposition.

Les panneaux d'information de l'exposition permanente sur l'histoire des premiers habitants de Terre-Neuve-et-Labrador n'ont pas été modifiés depuis 2005.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Une terminologie largement utilisée

La présidente-directrice générale du musée, Anne Chafe, indique dans une déclaration que les panneaux d’information ont été développés en consultation avec un comité consultatif qui comprenait des représentants autochtones.

À l’époque, les termes utilisés pour parler des cultures autochtones avant l’arrivée des autres populations ont été examinés par ce comité consultatif et acceptés comme étant une terminologie culturelle largement utilisée, déclare-t-elle.

Daniel Pottle, le directeur général de First Light, le centre d’amitié autochtone de Terre-Neuve-et-Labrador, fait aussi remarquer que l’information exposée semble datée parce qu’elle reprend les mots utilisés à une certaine époque pour décrire les Autochtones.

Un gros plan d'un des panneaux.

Des panneaux comme celui-ci emploient le mot « Indien » à plusieurs reprises pour décrire les Autochtones.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Anne Chafe explique qu’un examen du contenu des expositions permanentes du musée est en cours pour déterminer comment présenter les cultures autochtones d’une manière plus contemporaine. Ce processus devrait être terminé d’ici 12 à 18 mois.

Dans l’intervalle, une nouvelle étiquette apparaîtra sur les panneaux d’information. Elle décrira l’évolution de la terminologie utilisée pour décrire les Autochtones à Terre-Neuve-et-Labrador. La nouvelle étiquette sera affichée d’ici l’automne.

L'atrium du musée.

Le musée The Rooms, à Saint-Jean de Terre-Neuve

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Mme Chafe indique que les expositions sur les Autochtones du musée provincial Mary March, situé à Grand Falls-Windsor, ont été mises à jour en 2018. Elle ajoute que le musée The Rooms, à Saint-Jean, expose actuellement les œuvres de plusieurs artistes autochtones, dont Nelson White, Logan MacDonald et Billy Gauthier.

The Rooms prend vraiment au sérieux ses responsabilités envers les communautés autochtones de notre province

Anne Chafe, directrice générale, The Rooms

Selon le chef Mi’sel Joe, l'utilisation du mot Indien dans l’exposition au musée The Rooms n’est qu’un exemple parmi d'autres de termes et de désignations datant de l'époque coloniale.

Portrait de Mi'sel Joe

Le chef de la Première Nation Miawpukek, Mi'sel Joe

Photo : Radio-Canada / CBC / Fred Hutton

Le chef Joe cite les exemples du musée Mary March, qui porte le nom anglais d’une des dernières Béothuks, Demasduit, et du mont Peyton, qui doit son nom au colon responsable de la mort de Demasduit et de son mari Nonosabatsut.

Nous avons vu la statue [de l'ancien gouverneur Edward] Cornwallis qui a été démolie à cause de sa proclamation de tuer tous les peuples autochtones au Canada Atlantique, observe-t-il. Il faut penser à la manière dont nous pouvons créer un changement [ici à Terre-Neuve].

Je sais que ça va susciter des réactions, des propos racistes et péjoratifs, mais ça me va. J’ai fait face à ça toute ma vie.

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