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Agrandissement du Château Laurier : des opposants demandent l’intervention du fédéral

Une vue du Château Laurier avec l'agrandissement proposé et du parlement, depuis la rive québécoise de la rivière des Outaouais.

Une proposition architecturale pour l'agrandissement du Château Laurier, à gauche, et la colline du Parlement, à droite.

Photo : Larco Investments LTD

Radio-Canada

Alors que les recours commencent à manquer pour les élus municipaux opposés au controversé projet d’agrandissement du Château Laurier, d'autres critiques voudraient que le gouvernement fédéral se mêle du dossier.

Le sénateur Serge Joyal est l'un de ceux qui mènent la charge sur ce front. Ce dernier croit que l’allure du Château Laurier dépasse largement le paysage de la Ville d’Ottawa.

Ce dont on parle ici, ce n’est pas un centre commercial ou un développement de tours à condos. C’est essentiellement de modifier de façon brutale le paysage urbain de la colline du Parlement à Ottawa, a-t-il souligné en entrevue à l’émission Les matins d’ici.

Le sénateur Serge Joyal

Le sénateur Serge Joyal

Photo : Radio-Canada

Le sénateur Joyal a également cosigné — avec la présidente et fondatrice du Centre canadien d’architecture, Phyllis Lambert — une lettre ouverte appelant le ministre du Patrimoine canadien, Pablo Rodriguez, à intervenir.

Ce qui nous préoccupe profondément, c’est que l’on est en train de saccager l’intégrité de l’architecture originale du Château Laurier, et que vous-même et la CCN avez déclaré forfait et vous en lavez les mains, comme s’il s’agissait d’une banale histoire d’arrière-cour.

Extrait de la lettre ouverte de Serge Joyal et de Phyllis Lambert

La province a aussi un rôle à jouer, selon Mathieu Fleury

Le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, croit lui aussi que le gouvernement fédéral pourrait jouer un rôle dissuasif afin que le projet change de cap. Mais il avance du même souffle qu’une intervention de la province pourrait faire la différence.

Le ministre ontarien des Affaires municipales peut, à la signature d’un document, renverser toute décision d’un conseil municipal. Puisqu’on est la capitale, il n’a pas le droit d’approbation, mais il y a un niveau de leadership, un élément dissuasif des partenaires fédéraux, a-t-il fait valoir en entrevue à RDI matin.

M. Fleury répond aux questions du journaliste dans le hall de l'hôtel de ville d'Ottawa.

Le conseiller du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury

Photo : Radio-Canada

Une intervention de l'Ontario, par exemple par l’entremise de la députée progressiste-conservatrice Lisa MacLeod, serait cependant inhabituelle, longue et complexe, en plus de nécessiter l’appui du bureau du premier ministre Ford.

Le conseiller Fleury a présenté, mercredi, une motion visant à retirer au promoteur Larco le permis patrimonial qui l’autorise à effectuer les travaux du Château Laurier. La proposition, qui devait recevoir 16 voix — soit l'appui des deux tiers du conseil municipal — pour être adoptée, a été battue à 14 voix contre 9.

Jim Watson en entrevue dans la salle du conseil municipal.

Le maire Jim Watson a fait valoir que les règles ne pouvaient pas être changées simplement parce que certains conseillers n'étaient pas d'accord avec les plans.

Photo : Radio-Canada

Toutefois, 15 conseillers ont appuyé la proposition du maire Jim Watson de poursuivre le débat jeudi à 14 h. La rencontre portera davantage sur les questions procédurales. M. Watson a affirmé, mercredi, avoir voulu rencontrer Larco pour convaincre l’entreprise de présenter une sixième mouture, mais il a ensuite changé d’idée.

[Le promoteur] sentait qu’il avait respecté les requêtes du conseil. Nous avons convenu que ce serait une perte de temps de s’asseoir pour en parler, considérant qu’il n’allait pas bouger à ce sujet , a-t-il expliqué à CBC.

Bon nombre de conseillers ont voté contre la motion de Mathieu Fleury, même s'ils n'aiment pas l'allure de l'agrandissement proposé par Larco. Ils plaident, entre autres, que révoquer le permis patrimonial placerait la Ville dans une position juridique floue et qu'ultimement, cela ne ferait que retarder l'inévitable.

Tout s’est fait dans les règles de l’art, plaide l’architecte

Dans une lettre ouverte publiée mercredi, l’architecte de l’annexe du Château Laurier, Peter Clewes, souligne qu’il faut respecter le processus, car tout a été fait en bonne et due forme.

Bien que le débat public ait été passionné, il est important de comprendre qu’il y a un processus d’engagement et d’examen qui a été respecté, a-t-il indiqué. M. Clewes est d’avis que la proposition prend en considération les commentaires émis depuis le lancement du projet, même si l’opposition demeure vive.

Le Château Laurier vu depuis les écluses du canal Rideau.

Le nouveau rendu architectural pour l'agrandissement du Château Laurier rendu public le 23 mai 2019 (archives).

Photo : Larco Investments LTD

En dépit du vaste engagement et du débat collectif qui ont entouré le projet, nous croyons avoir conçu une annexe plus petite et dont le style sera différent de celui du Château Laurier actuel [...] en tenant compte du caractère particulier du bâtiment, a-t-il écrit.

Le sénateur Joyal est resté de glace devant la position de l’architecte, faisant valoir que ce dernier est basé à Toronto et qu’il n’a pas la meilleure perspective pour juger de ce qui cadre le mieux dans le paysage d’Ottawa.

Il faut tenir compte de l’homme de la rue, de ceux qui vont vivre avec cet agrandissement-là. […] C’est eux qui doivent avoir la meilleure réaction à l’égard du projet, a souligné M. Joyal.

Avec les informations de CBC

Ottawa-Gatineau

Politique fédérale