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10 millions de Québécois en 2066, mais de plus en plus d'aînés

En 2066, le groupe des 65 ans et plus pourrait représenter 28% de la population totale.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Stéphane Bordeleau

Bien que les Québécois prennent de l’âge, la population de la province ne connaîtra pas de déclin notable d’ici les 50 prochaines années, estime l’Institut de la statistique du Québec.

D’après les projections établies dans le document Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066, publié jeudi, si la tendance actuelle se maintient, la population du Québec devrait atteindre 9 millions d’habitants en 2030 et près de 10 millions en 2066.

En 2018, la population du Québec s’établissait à plus de 8,4 millions de personnes.

Si la population québécoise continuera de croître pendant encore plusieurs décennies, les individus qui la composent seront quant à eux de plus en plus vieux au point de modifier de façon notable les groupes d’âge qui la composent, prévoient les experts.

Globalement, l’âge moyen de la population québécoise passerait de 41,9 ans en 2016 à 46,4 ans en 2066.

Extrait : Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066

Près d'un Québécois sur trois sera un aîné en 2066

Signe d’une population vieillissante, la croissance démographique se concentrera dans le groupe des 65 ans et plus, préviennent les démographes.

De la hausse totale de 1,7 million de personnes attendue au Québec entre 2016 et 2066, le groupe des 65 ans et plus augmenterait à lui seul de 1,3 million , peut-on lire dans le document de 85 pages publié à l’occasion de la Journée mondiale de la population.

La proportion des aînés dans la population totale pourrait ainsi passer de 18 % en 2016 à 28 % en 2066, d'après les projections.

Ce qui signifie en termes plus clairs que la population âgée de 65 ans et plus passerait d'environ 1,5 million d'individus en 2016 à plus de 2,7 millions en 2066.

De ce nombre, la proportion de personnes de plus de 85 ans pourrait quadrupler au cours de la période pour atteindre environ 736 000 individus en 2066, selon les calculs de l'Institut.

Les centenaires, qui étaient environ 2000 au Québec en 2016, devraient quant à eux être environ 45 000 en 2066.

On est de plus en plus nombreux à vivre vieux et à vivre de plus en plus vieux.

Chantale Girard, démographe à l’Institut de la statistique du Québec

Des effets sur la main-d’œuvre

Un ouvrier dans une usine

De plus en plus d'entreprises peinent à recruter de nouveaux employés; elles tentent dès lors de garder leurs anciens, en leur proposant de reporter leur retraite.

Photo : Getty Images

Les Québécois de 20 à 64 ans, qui représentent le principal bassin démographique où se situe la main-d’œuvre, se feront quant à eux plus rares dans la population au moins jusqu’en 2030, prévoit l’Institut de la statistique.

« Leur nombre devrait cependant remonter un peu au-dessus de l’effectif actuel » par la suite, estiment les démographes.

Le nombre de décès devrait augmenter et surpasser le nombre de naissances au début des années 2030. La croissance de la population serait alors soutenue par l’accroissement migratoire. Le taux d’accroissement annuel de la population passerait ainsi d’environ 1 % actuellement à moins de 0,3 % à partir des années 2040.

Extrait : Perspectives démographiques du Québec et des régions, 2016-2066

D'après les projections, les 20-64 ans devraient passer de 5 millions d'individus à 4,9 millions entre 2016 et 2031 avant de remonter à 5,2 millions en 2066.

La part que représente ce groupe d'âge dans la population totale devrait par ailleurs passer de 61 % en 2016 à 53 % en 2066.

De quoi aura l'air le Québec en 2066 ?

Les moins de 20 ans perdent du terrain

Un bébé.

En 2066, les moins de 20 ans ne représenteront plus que 19 % de la population québécoise.

Photo : Radio-Canada

Pour ce qui est des jeunes et des enfants, les experts prévoient que leur nombre devrait se maintenir entre 1,7 million et 1,9 million d'individus au cours des prochaines décennies.

La proportion que représente les moins de 20 ans dans la société québécoise devrait quant à elle passer de 21 % à 19 % au cours de la période, au fur et à mesure que le groupe des 65 ans et plus progressera.

Si la tendance se maintient, la proportion de Québécois de 65 ans et plus devrait dépasser celle des moins de 20 ans, soit dès 2022, prévient l'Institut de la statistique du Québec.

Hausse de la dépendance démographique

Avec une population qui vieillit aussi rapidement et un nombre de jeunes qui demeurera relativement stable, il va sans dire que la pression financière et sociale exercée sur le groupe des 20 à 64 ans, qui constituent l'essentiel de la main-d'oeuvre québécoise, sera de plus en plus forte au cours des prochaines décennies.

Cet phénomène appelé dépendance démographique se mesure en additionnant le nombre de jeunes de moins de 19 ans et le nombre d'aînés de plus de 65 ans et en comparant ensuite le résultat au nombre de personnes de 20-64 ans qui constituent la majorité des contribuables au Québec.

Selon les calculs de l'Institut de la statistique, en 2016, on comptait au Québec 64 jeunes et aînés pour 100 personnes de 20 à 64 ans.

Or, si la tendance se maintient, en 2066, ce rapport sera de 89 jeunes et aînés pour 100 personnes de 20-64 ans.

Il ne sera alors certes pas aisé pour les 20-64 ans de financer et de maintenir le filet social québécois à l'avenir compte tenu d'une baisse aussi marquée de leur poids démographique.

Prévisions par région

Le rocher Percé vu du mont Sainte-Anne

Le rocher Percé vu du mont Sainte-Anne

Photo : Radio-Canada / Joane Bérubé

D’un point de vue régional, 11 des 17 régions administratives du Québec verront leur population croître au moins jusqu’en 2041, estiment les démographes.

C’est par ailleurs dans les régions de Laval et des Laurentides que les plus fortes augmentations de population sont attendues soit environ 22 % chacune au cours de la période.

À l’inverse, quatre régions devraient voir leur population diminuer d’ici 2041, soit la Côte-Nord (-15 %), la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (-9 %), le Bas-Saint-Laurent (-6 %) et le Saguenay–Lac-Saint-Jean (-6 %).

Les régions où la croissance est la plus importante, ce sont les régions autour de Montréal […] Les régions pour lesquelles c’est plus difficile, ce sont les régions de l’est du Québec.

Chantale Girard, démographe à l’Institut de la statistique du Québec

La Mauricie et l’Abitibi ne devraient quant à elles connaître que de faibles variations de leur population.

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