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Le « Diefenbunker » de Rouyn-Noranda finalement retrouvé?

L'édifice qui abriterait le fameux Diefenbunker de Rouyn-Noranda sur la rue Murdoch.

Photo : Radio-Canada / Félix B. Desfossés

Félix B. Desfossés

En pleine Guerre froide, le gouvernement canadien, mené par le premier ministre John Diefenbaker, a fait construire un réseau d’abris antiatomiques à travers le pays, afin de faire face à une éventuelle attaque nucléaire russe. Rouyn-Noranda fait partie des villes où l’un de ces « bunkers » a été construit. Son emplacement exact demeure incertain… Venons-nous de le découvrir?

Un indice à Infoman

La quête dure depuis plusieurs années. Bon nombre de passionnés amateurs s’y sont penchés, de même que l’historien et archiviste de BAnQ Rouyn-Noranda, Sébastien Tessier. Toutes sortes de rumeurs circulent au sujet du lieu où cet abri pourrait être terré.

La première fois que j'ai entendu parler du bunker de Rouyn-Noranda, se souvient M. Tessier, c'est en écoutant le reportage d'Infoman. J'ai aperçu Rouyn-Noranda sur le tableau des bunkers et ça a piqué ma curiosité. Mon premier réflexe a été de penser que la mine serait un endroit stratégique pour construire un bunker. J'ai visité de fond en comble la maison des visiteurs, dans laquelle on m'avait dit qu'il y avait un tunnel suspect, et la maison Roscoe, mais sans succès. Après quelques années d'inaction, je trouve ça trippant que cette quête soit relancée dans la population rouynorandienne!

Un abri à Rouyn-Noranda...

Doug Beaton, gérant de la collection du bunker principal de ce réseau (surnommé « Diefenbunker » en l’honneur du premier ministre de l’époque), situé près d’Ottawa, confirme qu’un abri a été construit à Rouyn-Noranda. Par courriel, il affirme qu’il y a bel et bien eu un Zonal Emergency Government Headquarter (ZEGHQ) à Rouyn-Noranda à une certaine époque.

Pour servir les communautés plus isolées, explique M. Beaton, il y avait plusieurs ZEGHQ dans chaque province, habituellement situés dans des édifices gouvernementaux déjà existants, tels que des sous-sols de bureaux de poste ou encore de banques.

Cependant, M. Beaton n’a pas d’information sur le lieu exact de cet abri.

Trois hommes observent une pièce sous terre.

Cette pièce serait-elle le Diefenbunker de Rouyn-Noranda? Sébastien Tessier, Félix B. Desfossés et Félix Thériault enquêtent.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

… Mais où?

Après de nombreux recherches et appels à tous sur le web, plusieurs pistes ont été fouillées et certaines informations crédibles, concordant avec les propos du gérant de la collection du Diefenbunker, ont été envoyées à l’équipe d’ICI Abitibi-Témiscamingue.

Selon trois sources, le bunker en question se trouverait au sous-sol de l’ancien bureau de poste de Noranda, édifice qui est aujourd’hui la propriété du syndicat des employés de la Fonderie Horne.

Nous nous y sommes rendus.

Derrière cette porte de métal à l’épreuve du feu se trouve une salle faisant entre 15’x15’ et 20’x20’ qui, selon toutes vraisemblances, a déjà été le “diefenbunker” de Rouyn-Noranda.

Derrière cette porte de métal à l’épreuve du feu se trouve une salle faisant entre 15’x15’ et 20’x20’ qui, selon toutes vraisemblances, a déjà été le “Diefenbunker” de Rouyn-Noranda.

Photo : Radio-Canada / Félix B. Desfossés

Bunker ou pas bunker?

À la lumière de cette visite, il est impossible de dire avec certitude si cette salle a bel et bien déjà été un abri nucléaire secret. Cependant, certaines caractéristiques font pencher la balance en ce sens :

  • La salle est située au sous-sol d’un ancien bureau de poste.
  • Il s’agit de la seule salle située au sous-sol de ce bâtiment qui ne possède pas de fenêtre.
  • La salle est fermée par une lourde porte métallique à l’épreuve du feu, sertie de solides pentures de métal.
  • La salle est plus basse que le reste du sous-sol de l’édifice et est située presque entièrement sous la terre, et non sous le reste du bâtiment.
Une épaisse porte pare-feu dans un mur en briques.

Ce mur est-il suffisamment épais pour répondre aux critères des «Diefenbunker?»

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Mais d’autres caractéristiques jouent en défaveur de ce lieu et nous font douter :

  • Le mur où se situe la porte ne possède pas l’épaisseur de 20 pouces, assurée par trois rangées de briques, qui est caractéristique de la conception d’autres bunkers observés (notamment à Témiscaming ainsi que dans les archives de la Société d’histoire d’Amos).
  • La salle n’est pas suffisamment grande pour abriter 70 personnes, tel que les ZEGHQ du réseau du Diefenbunker sont supposés avoir été conçus.

Une quête à finir

Les recherches pour trouver des preuves irréfutables que ce lieu a bel et bien été un bunker gouvernemental doivent donc continuer. Aucune autre piste ne peut être écartée.

On peut cependant affirmer hors de tout doute qu’un bunker se situe au sous-sol du Musée de la gare de Témiscaming et qu’un second a été construit à Amos. On peut également se fier sur les dires de Doug Beaton pour savoir qu’un abri antinucléaire a été construit à Rouyn-Noranda… mais où?

Abitibi–Témiscamingue

Histoire