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Washington veut une « coalition » internationale pour protéger les pétroliers dans le détroit d’Ormuz

Un navire de guerre américain au large du détroit d'Ormuz.

Le destroyer américain USS The Sullivans dans le détroit d'Ormuz, le 8 août dernier

Photo : Reuters / Handout

Agence France-Presse

Les Américains appellent à la formation d'une « coalition » internationale pour assurer le passage des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique du brut produit au Moyen-Orient.

Cette nouvelle initiative américaine dans sa confrontation avec l’Iran semble vouloir prévenir un risque de blocage par Téhéran du détroit d’Ormuz, susceptible de causer un préjudice au marché mondial du pétrole.

En 2018, environ 21 millions de barils de brut ont passé par le détroit d’Ormuz, ce qui représentait 21 % de la consommation mondiale de pétrole, selon l’Agence américaine de l’énergie.

« Je pense que, probablement au cours des deux ou trois prochaines semaines, nous déterminerons quels sont les pays qui ont la volonté politique de soutenir cette initiative, et ensuite nous travaillerons directement avec les militaires pour déterminer les capacités spécifiques qui soutiendront cette initiative », a expliqué mardi le général Joseph Dunford, le chef d'état-major interarmes américain.

Par l’entremise de la Ve Flotte, stationnée au Bahreïn, les Américains fourniraient la connaissance et la surveillance du domaine maritime, a indiqué le général Joseph Dunford.

En juin, le président souhaitait que les pétroliers soient escortés par les nations sous le drapeau desquelles ils naviguent.

Pour sa part, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo a dit espérer que plus de 20 pays, dont les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite, accepteraient de collaborer à cette coalition. M. Pompeo avait précisé qu’une coalition permettrait aux États-Unis de ne pas en assumer seuls le coût.

L'Inde a déjà envoyé deux navires de guerre dans le Golfe pour y mener « des opérations de sécurité maritime » pour les navires sous pavillon indien.

La tension autour du détroit d'Ormuz a connu une hausse ces dernières semaines par des attaques d'origine inconnue contre des pétroliers et la destruction d'un drone américain par l'Iran.

L’idée de la coalition ne semble toutefois pas convaincre un grand nombre des alliés des Américains. Le chef du Pentagone, Mark Esper, a indiqué récemment que « certains » alliés avaient exprimé en privé leur intérêt à participer à cette coalition.

Plusieurs dirigeants européens s'interrogent sur le bien-fondé de la politique de M. Trump à l'égard de l'Iran, depuis son retrait de l’accord sur le nucléaire iranien en 2018.

L'Espagne avait retiré en mai une frégate accompagnant un porte-avions américain, expliquant vouloir éviter d'être prise dans une « action guerrière ».

Les États-Unis ont déjà participé à la protection des pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Pendant la guerre Iran-Irak, des navires koweïtiens circulaient sous pavillon américain.

En juillet 1988, le croiseur USS Vincennes avait abattu un avion de la compagnie nationale Iran Air, tuant les 290 personnes à bord. L'armée américaine avait affirmé avoir pris l'appareil pour un chasseur iranien.

Effort diplomatique français

Dans le but de préserver l’accord sur le nucléaire iranien et d’apaiser les tensions entre Américains et Iraniens, Emmanuel Bonne, le conseiller diplomatique d'Emmanuel Macron, a rencontré mercredi le président iranien Hassan Rohani.

Au moment où M. Bonne discutait avec les autorités iraniennes, le président américain Donald Trump a promis sur Twitter que les sanctions américaines allaient « bientôt être durcies, considérablement ».

Aucune négociation n'est possible sous la pression, a déclaré de son côté le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif avant sa rencontre avec M. Bonne, exhortant « les Européens » à « résoudre [le] problème » causé par la sortie des États-Unis de l'accord.

Téhéran exige des États signataires de l’accord (l'Allemagne, la Chine, la France, le Royaume-Uni et la Russie) qu'ils prennent les mesures qu'il réclame pour que l’accord soit respecté.

L’accord signé à Vienne en 2015 imposait à l’Iran une réduction draconienne de ses activités d’enrichissement de l’uranium en échange de la levée des sanctions internationales contre l’Iran.

Téhéran exclut catégoriquement de renégocier l'accord, comme le souhaite M. Trump, et refuse tout contact avec les États-Unis tant que ceux-ci n'ont pas annulé les sanctions imposées depuis août 2018.

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