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Un film américain sur l'avortement soulève de vives réactions

On voit une scène tirée du film américain Unplanned.

Une des scènes du film américain «Unplanned» mettant en vedette Ashley Bratcher au centre.

Photo : Bande-annonce « Unplanned » (Productions Soli Deo Gloria)

Radio-Canada

Le diocèse catholique de Hamilton, en Ontario, soutient qu'il n'a rien à voir avec la promotion du film Unplanned sur l'avortement. Son compte Twitter montre pourtant qu'il invite ses paroissiens à aller voir le film à partir de vendredi sur l'ensemble de son territoire. Cineplex défend pour sa part sa décision de projeter cette production américaine malgré la controverse qu'il suscite.

Le film autobiographique Unplanned raconte l'histoire de la militante pro-choix Abby Johnson qui finit par s'opposer à l'avortement après une profonde remise en question dans une clinique de planification familiale, où elle travaille au Texas au début des années 2000.

Unplanned, des réalisateurs Cary Solomon et Chuck Konzelman, met en vedette Ashley Bratcher dans le rôle-titre; l'actrice est elle-même une militante contre l'avortement dans la vraie vie.

On voit l'actrice Ashley Bratcher.

L’actrice Ashley Bratcher joue rôle principal dans le film «Unplanned».

Photo : Bande-annonce « Unplanned » (Productions Soli Deo Gloria)

Les acteurs sont méconnus, mais la sortie prochaine de cette production fait tellement polémique au Canada que des militants pro-choix ont déjà fait connaître leur intention de manifester devant les cinémas qui le présenteront plus tard cette semaine.

Dans un courriel, le porte-parole du diocèse de Hamilton, Mgr Murray Kroetsch, affirme que le diocèse n'est en aucun cas associé à la production de ce film et qu'il n'en fait pas la promotion. La directrice du ministère de la famille au sein du diocèse, Teresa Hartnett, a invité [sur Twitter] les paroissiens à aller voir le film pour qu'ils réfléchissent sur la dignité et le droit à la vie de la conception à la mort, conformément aux enseignements du catholicisme, peut-on y lire.

On voit la militante pro-vie Faytene Grasseschi.

La présentatrice à la chaîne de télévision chrétienne EMCi, Faytene Grasseschi

Photo : Radio-Canada

La militante pro-vie Faytene Grasseschi, qui est présentatrice à la chaîne de télévision chrétienne EMCi, a même déjà préparé une pétition dans l'éventualité où le film serait retiré des écrans. Cette production aura le mérite de bien faire comprendre aux pro-choix la position qu'ils soutiennent, dit-elle.

Radio-Canada n'a vu que la bande-annonce du film, qui reste très mesurée. La trame sonore y est néanmoins choquante, puisqu'on y entend des manifestants en train de vociférer des insultes contre Abby Johnson, la directrice des planifications familiales dans sa clinique.

On y comprend néanmoins que l'actrice principale vit une véritable transformation personnelle, lorsqu'elle assiste à l'avortement guidé par ultrason d'un fœtus à la 13e semaine.

On voit Lyba Spring en entrevue à Radio-Canada.

L'éducatrice en sexualité à la retraite, Lyba Spring, affirme qu'elle n'a pas besoin d'aller voir le film.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

L'éducatrice en sexualité Lyba Spring ne se dirait pas surprise que ce film ait eu recours à des images ou des propos crus, mais elle soutient que ce film n'a aucune valeur éducationnelle, parce qu'il n'est pas basé sur des faits scientifiques.

Joyce Arthur de la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada parle pour sa part de propagande. Ce film véhicule de fausses informations sur les interruptions volontaires de grossesse et il a le potentiel d'éveiller à nouveau le harcèlement et de provoquer la violence contre les cliniques d'avortement au pays, explique-t-elle.

Mme Spring pense que la stratégie entourant la sortie du film est de toute façon vouée à l'échec, parce qu'il est sorti en salle aux États-Unis en mars. Ils auraient pu déjà le faire diffuser dans les cinémas, mais ils ont attendu et ils ont créé une controverse pour une plus grande diffusion, parce que la grande majorité de la population au Canada est pro-choix.

On voit la militante pro-choix Joyce Arthur.

La militante pro-choix Joyce Arthur représente la Coalition pour le droit à l'avortement au Canada.

Photo : Radio-Canada

Dans un communiqué, la chaîne Cineplex dit comprendre les inquiétudes que soulève le film, mais elle ajoute que sa politique consiste à ne jamais censurer des productions controversées. Son président directeur général, Ellis Jacob, avait déjà expliqué dans une lettre datée du 8 juillet que la décision de diffuser le film avait été difficile et qu'elle n'avait pas été prise à la légère.

Deux cinémas indépendants en Colombie-Britannique ont décidé de revenir sur leur décision de diffuser le film après que leurs propriétaires eurent reçu des menaces de mort, selon le distributeur du film au Canada Cinedicom.

On voit le président de la maison de distribution de films Cinedicom, B. J. McKelvie

Le révérend B. J. McKelvie est le président de la maison de distribution de films Cinedicom.

Photo : Radio-Canada

Dans une entrevue à CBC réalisée à Fredericton, le président de Cinedicom, le révérend B.J. McKelvie, explique qu'il a décidé de distribuer le film avec l'appui financier des producteurs américains, parce que le message est conforme à sa foi et ses valeurs.

Le film Unplanned sera présenté en salle à partir de vendredi dans 60 cinémas Cineplex présélectionnés au Canada pour une durée d'une semaine.

Avec les informations de CBC

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