•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des messages Facebook « inappropriés » entre un policier et une adolescente auraient été supprimés

La Couronne a lu des messages que l'ex-chef de police aurait envoyés par Facebook à une adolescente.

John Collyer en uniforme de policier, coiffé de son képi.

La Ville de Bridgewater, au sud d'Halifax, a cessé de payer le salaire de son ancien chef de police, John Collyer, visé par des accusations de crimes sexuels.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

La suppression de messages Facebook décrits comme « très sexuels » qui auraient été envoyés à une adolescente par un chef de police est débattue à la Cour suprême de la Nouvelle-Écosse.

Le procès de John Collyer, l’ancien chef de la police de Bridgewater, une communauté de la région de Lunenburg, est en cours. M. Collyer est accusé d’agression sexuelle et d’exploitation sexuelle.

La mère de la plaignante, qui était âgée de 17 ans au moment des faits présumés, dit avoir découvert à l’été 2016 des messages Facebook entre sa fille et le policier. 

L’Équipe d'intervention en cas d'incident grave de la Nouvelle-Écosse, une escouade indépendante qui enquête sur les incidents « graves ou de nature délicate » mettant en cause la police, a ouvert une enquête. Elle a aussi demandé à un enquêteur de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) spécialisé en matière d’agression sexuelle de rencontrer à deux reprises la victime présumée.

Un « processus long et ardu » auprès de la compagnie Facebook

Au procès de John Collyer mercredi, l’enquêteur principal dans ce dossier, Gordon Vail, du SIRT, a expliqué avoir reçu de la mère de la plaignante 34 pages de captures d’écran des messages qui auraient été échangés entre l’accusé et l’adolescente.

Le sergent Vail a obtenu un mandat de perquisition pour fouiller la résidence et le bureau de l’accusé, ainsi que le domicile de l’adolescente. Ils ont saisi des ordinateurs, des tablettes électroniques, des clés USB et un téléphone cellulaire, mais rien de notable n’y a été trouvé, et tous les objets ont été rendus à leurs propriétaires.

De concert avec les procureurs, les enquêteurs ont alors envoyé aux quartiers de Facebook, en Californie, une ordonnance de production, sommant la compagnie de leur remettre tous les messages échangés entre John Collyer et l’adolescente.

Gordon Vail a qualifié de processus long et ardu la démarche entreprise en 2016 auprès de Facebook. Il a obtenu une réponse à la fin avril 2017.

Les dossiers remis aux enquêteurs par Facebook font état de 596 messages entre John Collyer et l’adolescente entre le 14 avril 2015 et le 7 août 2016. L’existence, dans le compte de l’accusé, de 596 messages envoyés à l’adolescente a été ainsi révélée, mais 536 de ces messages avaient disparu.

L’enquêteur a expliqué que les messages apparaissant sur les captures d’écran soumises par la mère de l’adolescente concordent avec les communications révélées par Facebook.

John Collyer.

John Collyer (à droite) se présente à son procès le 9 juillet 2019.

Photo : Radio-Canada / CBC

Les 60 messages qui n’ont pas été supprimés étaient anodins, selon le sergent Vail, et ceux que la poursuite qualifie d’inappropriés étaient les messages manquants dans les dossiers remis par Facebook. 

La Couronne a lu devant la cour certains de ces messages allégués. Certains font référence à des « poèmes coquins », des « massages de pieds » ou encore au jeu « vérité ou conséquence », alors qu’un autre dit : « Passer du temps dans ta chambre, si j’étais seul je me retrouverais dans le trouble ».

La différence entre les captures d’écran et les archives de Facebook seront débattues par la Couronne et la défense lors d'une audience appelée « voir-dire ». La juge Mona Lynch devra décider si le fait d’avoir supprimé les messages Facebook constitue une « preuve de comportement après le fait » et est admissible comme élément de preuve.

Messages « très, très sexuels »

Le procureur de la Couronne, Roland Levesque, prévoit appeler une dizaine de témoins, dont la victime présumée, à ce procès. 

Mardi, lors de son témoignage, la mère de la plaignante avait raconté qu’elle était entrée dans le compte Facebook de sa fille. Elle a expliqué à la Cour avoir été « surprise », « choquée » et « furieuse » de sa découverte, qu’elle avait partagée avec l’épouse du chef de police.

Elle dit avoir reçu, quelques jours plus tard, un message texte de John Collyer qui lui présentait des excuses et disait qu’il n’avait pas l’intention de causer du tort à sa famille.

Une amie de la mère, qui a également témoigné mardi, a qualifié de « très, très sexuels » les messages qu’elle a lus.

Le procès se poursuit jeudi. 

Avec les informations de CBC

Nouvelle-Écosse

Procès et poursuites