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Une pièce de théâtre sur la tueuse en série Elizabeth Wettlaufer suscite la controverse

Elizabeth Wettlaufer escortée par deux agents de police.

Elizabeth Wettlaufer a avoué en cour avoir tué ses victimes à l'aide d'une injection d'insuline.

Photo : La Presse canadienne / Dave Chidley

Rose St-Pierre

Un membre de la famille d’une des victimes d'Elizabeth Wettlaufer s’oppose à une pièce de théâtre qui revient sur les crimes de l’infirmière tueuse en série. Le metteur en scène se dit conscient de la controverse qu’il suscite, mais espère amorcer un dialogue et des réflexions sur ce sujet sensible.

Le festival de théâtre de Blyth présentera le mois prochain un spectacle intitulé In the Wake of Wettlaufer.

Son metteur en scène et coauteur Gil Garratt explique que le spectacle met l’accent sur une famille fictive touchée par l’affaire et qu’il ne présentera pas Elizabeth Wettlaufer ou ses crimes.

C’est une fiction, l’histoire de trois sœurs et un frère qui doivent envoyer leur père dans un nursing home [centres de soin longue durée]. Ils apprennent dans les nouvelles qu’Elizabeth Wettlaufer a tué des personnes dans la même maison où leur père était. Alors ils tentent de comprendre ce qui s’est passé.

La pièce est avant tout une fiction, mais l’objectif est tout de même de revenir sur un moment difficile de l’histoire récente et d’entreprendre un dialogue sur les soins de longue durée et la protection des personnes âgées, selon le metteur en scène.

Les crimes [d’Elizabeth Wettlaufer] ont soulevé des questions sur tout le système de santé. Ça a changé notre perspective. C’est vraiment ça qui est au cœur de la pièce.

Gil Garratt, metteur en scène et coauteur de la pièce In the Wake of Wettlaufer
La distribution et l'équipe de création se rencontrent autour d'une table.

La distribution et l'équipe de création ont commencé à travailler sur la première mondiale de «In the Wake of Wettlaufer» au Festival de Blyth cette semaine. De gauche à droite : l'acteur Nathan Howe, la coautrice Kelly McIntosh, le coauteur et metteur en scène Gil Garratt, et les acteurs Robert King, Caroline Gillis, Rachel Jones et Catherine Fitch. Gil Garratt est également directeur artistique du Festival.

Photo : Radio-Canada

Gil Garratt affirme que huit parents des victimes de Wettlaufer ont été consultés pendant le développement de la production. Mais l’une des proches des victimes, Susan Horvath, s’oppose à la présentation de la pièce et compte manifester devant le théâtre le soir de la première.

Selon elle, cette création glorifie la criminelle alors que plusieurs victimes sont encore sous le choc.

Le metteur en scène dit accepter cette critique et avoir tenté de joindre Mme Horvath à plusieurs reprises. J’ai beaucoup d’admiration pour elle, déclare Gil Garratt. On essaie d’ouvrir la porte pour une conversation, mais ce n’est pas quelque chose qu’elle veut faire dans le moment.

Le centre de soins de longue durée Meadow Park où Elizabeth Wettlaufer a travaillé.

L'un des centres de soins de longue durée où Elizabeth Wettlaufer a travaillé.

Photo : Radio-Canada

Mais Gil Garratt dit aussi compter sur l’appui de nombreux amis et parents de victimes.

Sa famille et elle essaient de continuer, mais c’est [les crimes] une grande ombre sur sa vie maintenant, explique le metteur en scène, à propos d'une proche d’une victime qui a approché l’équipe de création de la pièce de théâtre. Les personnes qui sont ses amis, qui viennent près d’elle, ne viennent pas à sa maison maintenant et n’essaient pas d’avoir des conversations, parce qu’ils ne savent pas quoi dire, comment parler à quelqu’un dans cette situation.

Pour moi, c’est là où je vois une mission. On doit parler de sujets inconfortables. Et c’est l’endroit où le théâtre est si important.

Windsor

Théâtre