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Cheffes d’orchestre : atteindre la parité avec un concours pour femmes seulement

La femme a les yeux mi-clos, les bras en l'air et tient une baguette dans sa main.

Claire Gibault dirige l'Orchestre philharmonique de Nice.

Photo : AFP/Getty Images / Sébastien Nogier

Justine de l'Église

Claire Gibault est une cheffe d’orchestre française de renom; elle est la première femme à avoir dirigé l’Orchestre philharmonique de Berlin ainsi que l’orchestre de la Scala. Elle constate qu’encore aujourd’hui, et malgré son succès, les femmes qui aspirent à diriger des orchestres se butent à des obstacles. C’est pourquoi elle a lancé un concours de direction d’orchestre qui ne s’adresse qu’aux femmes.

Son but : établir une certaine parité.

Peu de femmes en poste

Même si petit à petit, les femmes parviennent à se tailler une place à la tête des orchestres, elles y demeurent toujours fortement minoritaires. Claire Gibault souligne qu’en France, seulement 4 % des chefs d’orchestre programmés dans les institutions culturelles et publiques sont des femmes, une proportion qui grimpe à 6 % pour toute l’Europe.

Ma génération a rencontré beaucoup de difficultés, a beaucoup souffert. Je dois dire qu’assez récemment, j’ai été dans des concours de direction d’orchestre comme membre du jury, et très souvent, j’étais la seule femme, a-t-elle illustré en entrevue avec Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle de l’émission Le 15-18.

Elle dit également avoir « assisté à des commentaires assez dégradants sur les femmes cheffes d’orchestre, et un peu de barrages de femmes candidates ». Un de ses confrères a même déjà dit que son médecin jugeait que les femmes ne feraient pas de bonnes cheffes, car elles ont « les bras disposés pour prendre les bébés » dans leurs bras.

Ça m’a donné vraiment l’envie de faire quelque chose.

Claire Gibault

C’est pourquoi elle a lancé La Maestra, un concours international de cheffes d’orchestre, réservé aux femmes. Elle prévoit tenir un premier concours en 2020 et un deuxième en 2022.

D’après Claire Gibault, la réaction de certains hommes face au concours vient en justifier l’existence.

Quelqu’un lui a dit « qu’il n’y avait absolument aucune discrimination contre les femmes, qu’il fallait accepter que les femmes n’avaient pas certaines compétences, que nous n’étions pas faites pour faire les mêmes choses. Un autre qui me disait : "Les hommes meurent sur les champs de bataille, laissez-leur la direction d’orchestre." ».

Il y a encore des mentalités à changer, c’est évident.

Claire Gibault

Établir la parité

Le concours n’a pas pour but de rester pour toujours. Il est là pour faire remonter le pourcentage de la présence des femmes dans la direction d’orchestre, a précisé Claire Gibault.

C’est d’ailleurs pourquoi les trois meilleures candidates recevront non seulement un prix de 20 000, 10 000 ou 5000 euros, mais qu’elles auront également la chance d’être embauchées à la direction des grands orchestres partenaires du concours.

On espère que ça donnera un grand élan à la cause des femmes dans ces métiers, a mentionné Claire Gibault.

Les cheffes d’orchestre professionnelles de tout âge peuvent s’inscrire au concours jusqu’au 16 septembre 2019. La compétition aura lieu du 16 au 19 mars 2020. Le jury sera composé d'hommes et de femmes.

D'après une entrevue de Katerine Verebely, chroniqueuse culturelle de l'émission Le 15-18

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